GENOUX EN DEDANS
rapprocher de langle droit, les béquilles n'étaient plus nécessaires, et la marche avait lieu avec une facilité, sinon complète, au moins très satisfaisante.
Depuis cette publication, des Faits nombreux ont achevé dedémontrer Futilité de la méthode. Je citerai surtout ceux qui ont été recueillis dans les services de MM. Bander, Valette et Desgrange, chirurgiens de THôtel-Dieu de Lyon. Depuis plusieurs années, tous ces chirurgiens ont adopté les appareils de mouvement pour les roideurs qui succèdent au traitement des fractures, et les faits les plus multipliés leur ont démontré Futilité de la méthode. Cette adhésion de mes confrères a plus de valeur et est plus propre à entraîner la conviction que les observations particulières que je pourrais citer.
Aftt. YI. — Geroui bk dedans.
Tous les auteurs qui ont écrit sur le rachitisme signalent comme conséquence ordinaire de cette maladie générale une déformation des genoux , telle que ceux-ci font saillie en dedans, et que la jambe portée dans Tabduction fait un angle obtus en dehors avec la cuisse.
Tous les mécaniciens orthopédistes construisent des appareils portatifs pour remédier à cette déviation des genoux.
Cependant on cherche en vain, dans les ouvrages classiques de chirurgie, une description de celte difformité et une apprc* ciation des moyens de la combattre.
C esc seulement dans des écrits spéciaux et dans les ouvrages d orthopédie que Ton trouve des études sérieuses sur ce sujet.
M. Mellet lui a consacré un article étendu dans lequel la difformité est décrite avec soin , et qui renferme une appréciation raisonnée des appareils orthopédiques et des manipulations à mettre en usage. Il fait connaître les essais des auteurs qui lont précédé, et entre autres de Venel, de Jacquart et dYvernois.
Mais, de tous les auteurs à ma connaissance , celui qui a le mieuxétudié la question est M. Jules Guérin. Il n a pas publié, il est vrai, de dissertation générale sur la matière; mais le rapport fiiit sur ses travaux contient cinq observations qui
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pcrincitcnt d^ipprccicr parfaitement ses opinions sur les causes, les sympiômes et le traitement des genoux en dedans. . Le traitement de cette diflormitc doit être général et local. On ne peut se dispenser du traitement génémi que dans les cas assez rares , et (|ui s'observent surtout chez les adultes, où la diFFormitc est toute locale, et ceux où la maladie constitutionnelle étant guérie, ses effets seuls continuent à subsister. Dans Timmense majorité des cas, on doit Faire subir le traitement général du racbitisme, dont les genoux en dedans sont une conséquence. (Voyez Dîffot'nniés rachiiiques^ p. 108.)
Traitement JocaL — Dans ce traitement, on doit : 1» chercher à assurer le redressement; 2** s'appliquera le maintenir quand il a été obtenu.
. Les moyens qui permettent de redresser les genoux en dedans sont : 1^ les manipulations ; 2* Temploi des appareils; 3* les sections tendineuses.
M. Mellet signale les mampnia lions comme pouvant être utiles dans le traitement des genoux en dedans, il indique deux espèces de manipulations : les premières consistent dans des mouvements alternatifs de flexion et d'extension ; les autres, dans des mouvements d adduction de la jambe pendant que le genou est repoussé en dehors. Ces manipulations, suivant lui, doivent être faites trois fois par jour, pendant un quart d'heure chaque fois.
Les conseils donnés par cet auteur me semblent très judi* cieux. Pour éviter, du moins chez les grandes personnes, U nécessité d'un aide et permettre an malade de faire lui-même les mouvements, on pourrait se servir, pour la flexion et Tcxtension, de mon appareil de mouvement du genon, et pour ladduction, d'un appareil spécial construit h cet eflèt.
Dans un cas dont on trouve plus loin lobservation succincte, je fis usage de Tappareil suivant : Une gouttière de cuir solide embrassait la partie inférieure de la cuisse. De la face interne partait une tige recourbée dont Texti^émité , dirigée transversalement en dedans et en bas, était munie d^une poulie. Sur cette poulie passait une corde fixée à la partie inforicuix de la jambe. Les tractions saccadées exercées par le malade sur cette coide imprimaient à la jambe un niouve-
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ment cl adduction, tandis que la pression de la gouttière sur la face interne de la partie inférieure de la cuisse tendait à porterie genou en dehors.
2<> Les appai-eils que Ton emploie dans les genoux eu de* (laDssont ceux que nous avons décrits page 329 et suivantes, en traitant d'une manière générale des moyens de redresser les genoux lorsque la jambe est maintenue dans la flexion et Tabduction. Comme nous Tavons vu, ils sont de deux ordres : l*" les uns droits et inflexibles , sur lesquels on cherche à mouler les membres déviés; 2® les autres, articulés, se moulent sur les courbures du membre et peuvent être ramenés graduellement à la rectitude; les uns et les autres peuvent cire applicables au malade couché ou au malade debout.
Les appareils inflexibles au niveau du genou sont de beaucoup préférables à ceux qui sont articulés, sons le rapport de la puissance avec laquelle ils opèrent le redressement. Comme fobserve M. Mellet, la déviation des genoux est très apparente dans l'extension, elle diminue à mesure que la flexion s'accomplit, et sitôt que celle-ci est portée à angle droit, toute trace de difForraité disparait. Les appareils cessent donc d'agir lorsque la jambe se fléchit; ils ne sont nécessaires que dans une position plus ou moins étendue, et c'est dans cette position seule qu'un effort puissant peut être exercé. La brisure de l'appareil soustrait en quelque sorte la difformité à sou action.
L'expérience, d'accord avec le raisonnement, prouve que le redressement s'effectue infiniment mieux avec les appareils droits et inflexibles ; leur usage prolongé a seulement l'inconvénient d'enroidir le genou, et, lorsqu'on les place des deux eûtes, de rendre la marche très pénible.
Quel que soit le modèle que l'on adopte, il faut toujours que les parties solides régnent tout à la fois sur les côtés interne et externe du membre. Ceux qui se composent seulement de branches extérieures et de tissus flexibles sont insuffisants et vicieusement conçus. Il est utile que la branche externe s'étende depuis le bassin jusqu'à la chaussure, et, dans tous les cas, ils doivent embrasser au moins toute la longueur du membre malade. Ils ne sont d'aucune utilité si,
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roinine j'en ai vu souvent faire par des mécaniciens ignorants, ils s'arrêtent en haut, au milieu de la cuisse, et s'ils permettent la flexion au niveau du genou. (Voy. fig. 21, p. S45.)
Quelques modifications sont nécessaires lorsque la déviation existe des deux côtés. Les appareils pesants qui servent aux malades couchés ne doivent pas être formes de deux partics indépendantes Tune de l'autre; et ceux qui sont portatifs doivent s'étendre jusqu'au bassin et être assujettis au moyen d'une ceinture qui réunit les deux appareils au niveau du bassin.
Pour que les moyens mécaniques opèrent le redressement, plusieurs années sont souvent nécessaires, surtout si les malades ne sont plus en bas âge. Dans la première observation, citée dans le rapport sur les travaux de M. Guérin, on voit qu'un enfant de trois ans et demi chez lequel le peu de gravité de la déformation avait conduit à n'employer que les appareils, obtint une simple amélioration après trois mois de traitement.
3° Sections sous- cutanées. — M. Jules Guérin, qui a inti-oduit les sections sous-cutanées dans le traitement des genoux en dedans , a pratiqué suivant les cas :
1° La section sous-cutanée du ligament latéral externe;
2** La section de ce ligament et celle de l'aponévrose fitscia lato;
S*" La section simultanée du ligament latéral externe, da fascia lata et du biceps. Dans les quatre observations àt genoux en dedans traités par des sections, et cités dans le rapport de la commission chargée d*examiner les travaux Ae M. Guéi*in, le ligament latéral externe a été coupé quatre fois, et le faisceau externe du fascia lata deux fois. La section de ces deux faisceaux tendineux n a été jointe qu'une seule fois à celle du biceps.
M. Guérin n'a pas décrit ses procédés pour la section simultanée du biceps et du faisceau externe de l'aponévrose fémorale. On voit seulement^ dans sa cinquième observation, qu il fit une piqûre pour le ligament latéral externe et le biceps, e( une autre piqûre pour l'aponévrose fémorale.
Il est évidemment plus simple de diviser ces deux parties à