‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 66 sur 101 · ANKYLOSK DE LA HANCHE. A · texte numérisé non relu

ANKYLOSK DE LA HANCHE. A

continua à associer les mouvements gradues avec les eaux minérales. Au commencement doctobre, le raccourcissement n*étaii plus que de 6 à 7 centimètres ; trois fois, dans le cours de ce mois, j*étliérisai Tenfunt et j'imprimai à sa hanche des mouvements étendus ; je joignis aussi à ces manœuvres et aux mouvements gradués que je faisais dans 1 mtervalle Femploi du tuteur décrit page 433.

Le 10 octobre, le raccourcissement n'était plus que de 5 centimètres; on avait donc gagné 15 centimètres dallonge* ment. La mobilité était rétablie dans la moitié à peu près de retendue normale, et Tenfant pouvait marcher avec une claudication médiocre; le résultat, quoique incomplet, était des plus satisfaisants.

Ânkylose coïncidant avec des tumeurs blanches» — - Je n'ut opéré dans ce cas que deux malades. L'un d'eux, nommé Cour« tet, âgé de dix-huit ans, avait une anky lose fibreuse, consécutive à une tumeur blanche, avec suppuration et fistules guéries de* puis quelques années. Je lui fis la section des fléchisseurs et des adducteurs; je rompis Tankylose, et j'obtins un redressement immédiat presque complet. Celte opération fut pratiquée ù une époque où depuis deux ou trois mois le malade éprouvait dans la hanche des douleurs profondes, présage d'un non* vel abcès. Quelques semaines après l'opération, celui-ci devint plus évident chaque jour. Les douleurs obligèrent d'inten*om« pre l'usage des appareils ; et quand l'abcès fut guéri, le malade était revenu au même état qu'avant l'opération.

Je n'ai pas mieux réussi sur un second malade. Chez ce dernier, jeune enfant de huit ans, il y avait allongement du côté malade; l'ankylose n'était pas complète, mais les mouvements étaient très limités. Les suites de l'opération ont eu toute la simplicité qui est propre aux plaies sous - <;utanées , même les plus étendues. Après les sections musculaires et la rupture des adhérences par des mouvements imprimés à la jointure pendant le sommeil provoqué par le chloroforme* le redressement s'est opéré d'une manière progressive; l'épine iliaque a repris son niveau, et l'allongement, qui était de 4 à 5 centimètres depuis plus de sept mois, a disparu \cr^ la troisième semaine, sans que l'on ait en besoin de recourir à aucun

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appareil. Satisfait du rcsultat obtenu, je permis <^ l'enfant de retourner dons sa famille cinq semaines après Topération. 11 ne fut point surveillé, et deux mois après, on me le ramena dans une position exactement inverse à celle qui avait précéfJc Topération. Le membre, au lieu d'être plus long de 4 centimètres, était plus court d'une quantité égale; au lieu d'être dans l'abduction, il était dans Tadduciion. En un mot, il s'était Fait là ce qui arrive dans Topération du strabisme lorsque Fœil, d'abord entraîné en dedans, se porte définitivement en dehors. Cet accident n'aurait pas eu lieu, si l'enfant était resté .sous mes yeux, et s'il avait été placé dans mon grand appareil d'immobilisation après que l'inégalité de longueur avait été obtenue.

Depuis celte opération, deux abcès se sont Fdit jour au de* hors; les eauxd'Aixcn Savoie ont été employées pendant deux années de suite, et l'enfant a fini par guérir. Aujourd'hui il serait parfaitement rétabli, si le membre eût été conservédans la rectitude où je Tavais momentanément ramené.

A nkylose avec luxation. — Lorsqu'il existe une luxation en même temps qu'une ankylose, les difficultés déjà si grandc^s sont prodigieusement augmentées. Dans un cas de ce genre oit le raccourcissement réel était de 5 a /t centimètres, j*ai reconnu à l'autopsie que le fémur, placé entre l'épine iliaque antérieure et inférieure et la tubérosité de l'ischion, privé de sa tête et dirigé en dedans, ne pouvait être fléchi, lors même que toutes les adhérences auraient été rompues.

Résumé» — Ou le voit, la rupture ilel'ankylose est loin de réussir à la hanche comme au genou, et toutes les objections qui s élèvent contre cette méthode, en général, peuvent être justifiées par Texpcrience. On peut craindre de ne pas rompre les adhérences, et, si l'on agit avec trop de violence, surtout dans les mouvements de rotation en dedans, de fracturer Tos de la cuisse. Chez les scrofuleux le danger d'une inflammation aiguë et d'une marche plus rapide vers la suppuration se joint aux autres motifs d'hésitation; enfin, on reste toujours dans l'incertitude d obtenir un redressement complet, et surtout d*avoir un membre assez solide pour supporter la marche.

MOYENS DE RENDRE AU PIED SA DIRECTION NORMALE. ItSZ

De nouvelles études permettront, sans doute, de diminuer ces dangers et ces imperfections ; mais, quelles qu'elles puissent être, les difficultés seront toujours plus grondes, et les résultats plus imparfaits qu au genou.

Résection (Tune partie aie fémur, — Dans les cas où la cuisse est ankylosée dans une flexion très prononcée, et qu'il est impossible de Tétendre, Barton , de Philadelphie, a proposé deux opérations d'une grande hardiesse. L'une consiste à enlever au fémur, au-dessous du trochanter, un prisme triangnlai;*e dont la base est tournée en arrière. Cette partie du fémur enlevée, on casse l'os, on le ramène dans la direction de l'axe du tronc et on l'immobilise pour le faire consolider. Dans d'autres, on coupe également le fémur à sa partie supérieure; mais on s'applique à faire adhérer les deux fragments sciés 'seulement par des tissus fibreux, et à établir une articulation supplémentaire. Quels que soient les succès que Tauteur de ces opérations parait en avoir retirés dans les deux cas qui ont été publiés f nous pensons qu'elles doivent être rejetées à cause des dangers qu'elles entraînent et de l'imperfection des résultats qu'elles procurent.

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