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CHAPITRE CIMOUIEmE

TRAITEMENT GÉNÉRAL DES MALADIES DtJ PIED.

Ce traitement embrassa les moyens :

io De rendre au pied sa direction normale. 2° De Timmobiliser quand le malade est au lit. ^^ De faciliter la marche, lors même que le pied ne peut remplir toutes ses fonctions.

4* De lui rendre ses mouvements diminués ou perdus.

ÂftT. I''. — Moyens db rsnokk au riBD sa directior norvalb.

La direction la plus convenable du pied est celle où il fait avec la jambe le même angle que dans la station d( bout, et où il ne se renverse ni en dedans ni en dehors.

h%U TRAITEMENT GÉNÉRAL.

Les movens de le ramener à cette direction varient suivant la nature des difformités et suivant les lésions qui maintiennent entre les os des rapports vicieux ; je pourrais les ex|)Oser ici, mais Tusage a lié d'une manière si intime cette question orthopédique a celle du pied bot , que je préfère renvoyer au chapitre consacré à cette difformité ce que je pourrais dire ici du redressement en général.

Ait. II. — Db8 moyens d'ihxoiilibbr lb »ibd qoano le maudb est ad lit.

Ces moyens sont tous ceux qu'on emploie dans les fractures de lextrémité inférieure de la jambe, et spécialement les attelles latérales avec des coussins intermédiaires au membre et aux attelles. Déjà, dans le chapitre général consacré à Texamen du traitement mécanique des maladies aiticnlaires/nous avons montré tous les inconvénients de ce genre de bandage; nous croyons inutile d'y revenir.

La planchette de M. Mayor, à Taide de la semelle qui la termine, prévient la chute de la pointe du pied, et par suite, l'extension forcée de cet organe; mais la jambe qui y est placée peut éprouver un mouvement de rotation en dehors qui amène le pied à reposer sur le bord externe du taloo, et elle n*est pas soutenue avec la même solidité que dans les gouttières ou dans les bandages amidonnés.

On pourrait recourir à la gouttière que Bavatou employait dans les fractures de jambe, ou adopter celle que M. Thivet attribue ù M. Mayor; mais toutes, étant arrondies sur leur face postérieure, peuvent tourner en dedans ou en dehors. Le pied n'y est pas convenablement soutenu sur les côtés, et lensemble de l'appareil ne se moule pas assez bien sur les formes du membre. J'ai fait disparaître ces inconvénients en plaçant sur les côtés de la gouttière des prolongements en fil de fer qui l'empêchent de se renverser en aucun sens, et en lui donnant une forme complètement adaptée à celle du membre qu'elle embrasse. La figure UU donne une idée de cette gouttière.

UOÏtNi UIMMOBIMlitU LE l'IbD.

FiG- 44.

Quand elle est matelassée, il suffit d'y déposer le pied pour qu'il y soit par&iteroent immobile et qu'il n'éprouve aucune espèce de compression ; il repose sur le talon, sa plante est soutenue, et il ne peut s'établir aucune de ces positions vicieuses <1uris lesquelles la distension des paities molles vient s'ajouter ^ la gravité des lésions articulaires. On ne saurait croire quel sentiment de sécurité donne au malade l'emploi d'un semblable appareil; il n'y est pas plutôt placé, qu'il comprend que sans aucun efFort son pied doit rester immobile dans une bonne position.

Ces avantages ne sont plus obtenus, si le pied a de ta tendance à se renverser en debors. La pression de son bord externe contre la semelle de la gouttière produit le mouvement de rotation auquel il est disposé, dès que le malade glisse dans son lit. Pour prévenircette déformation qui est a-sez grave par la distension qu'elle entraine en dedans de l'aitit^ulation libiotarsienne. il faut ou suspendre la gouttière (voyez fig. 20, p. iUli) afin qu'elle suive tous les mouvements du membre, ou en enlever la semelle et n'en conserverau niveau du pied que les pallies latérales.

Les handnges amidonnés avec les précautions que j'ai décrites page 3ùl peuventaussi rendre degrands services, quand il faut maintenir des rapports fixes entre les diverses parties du pied. L'immobilité qu'ils assurent est complète, la compression qu'ils exercent facile à supporter; quoique .nrrondis en arrière, ils préviennent, grâce à leiu' solidité, toute pression 1^cbeuse sur le talon, et l'avantage qu'ils ont de (aire corps avec le membre, et d'en suivre les mouvements éloigne dans leur

A86 THAlTKUtHT t;É^ËllAl..

ctn|iloi le fliin{;ei' quo les gouttières présentent dans (jti(')<|U(:f cas.

Nous reviendrons, du leste, sur les (jneslious relatives ^ l'immobilisation en truîiunt dfîs fractures du pied.

Ait. 111. — HoTENS de faciuth l* iTjkiioM et l* HAicnE

Tout ce que nous avons dit sur les divers tuteurs du genou peut s'appliquer uu pied , [lourvu que l'on tienne compte des différences onatoiniqiies des parties à soutenir.

Parmi les bandajjes itifleifibles, ceux qui sont amidonnés et dextrinés suffisent dans les midadies aiguës, où l'on n';i besoin d'immobiliser le pied que pendant un temps assez court ; mais lorsque l'on veut donner de la fermeté au pied pendant uo temps plus ou moins long, et que les malades ont besoin de se livrer à lu marche, des chaussures dont la tige est sohde et qui se lacent en avant sont de beaucoup préférables; elles ne s'usent pas aussi promptement, et l'on peut les enlever et les lemplacerà volume.

Cependant les tuteurs que l'on doit en géuéral préférer sont ceux qui empêchent les déviations latérales du pied, tout en permettant les mouvements de flexion et d'extension, suds lesquels In inurclie est dif&cile. On les construit en ajoutant Fig. 4s. ^ une bottine, dont la semelle

est traversée par un étrier de fer, deux montants latéraux qui rê{jnent tout le long de la jambe et sont articulés au niveau des malléoles avec l'étrier qui est uni a lu chaussure.

Quand les malléoles font suîllie en dedans ou en deliors, on doit les coni|>rimer avec des coussins et des courroies qui . tendent it lumeuer le membre û la rectitude- Lu figure 45 représente la disj<usitiou qufî l'on donne à ces pièces accessoires

MOYfCKS DE UÉTABUa LA MOBILITÉ DU l'iËD. 687

lors(|ue la malléole interne fait saillie en dedans et que le pied se renverse en dehors : le milieu de la courroie presse sur la malléole saillante, et les deux extrémiics viennent s'attacher à un bouton placé sur la branche externe de Tappareil. Dans plusieurs cas, j'ai rendu la marche facile à Taide de cette combinaison.

Lorsque la pression sur le sol retentit douloureusement dans le pied, il peut être utile de prolonger Tappureil jusqu'à Tischion et de lui donner la même disposition qu'au tuteur du {jenou représenté page 3^8.

£n6n, on verra, dans l'article consacré au pied bot, qu'il peut être nécessaire de forcer le pied, durant la marche, à tourner sa pointe en dedans ou en dehors : j'indiquerai alors les mécanismes qui permettent d'obtenir cette direction.

ART. IV. — Des moyens de rétablir la mobilité du pied.

La marche et les efforts spontanés des malades sont insuffisants pour rétablir la mobilité des articulations du pied ; On peut chercher h suppléer à cette insufBsance par des mouvements imprimés avec les mains. Dans ce but, après avoir tixé Id jambe, on fléchit et Ton étend la totalité du pied afin de rétablir le jeu de l'articulation tibio-tarsienne; puis, fixant le talon et saisissant les os du métatarse, on porte l'avaut-pied alternativement dans l'adduction et l'abduction, dans la rotation en dedans et en dehors. Cependant l'expérience démontre que les mouvements imprimés de la sorte ne sont jamais exécutés avec la constance, la suite et la régularité convenables. 11 faut que le malade se place dans une position très incommode. s'il veut tes communiquer lui-même, ei l'emploi d^un aide , dont l'assistance serait nécessaire plus d'une fois par jour, et pendant un certain temps cha({ue ibis, est trop assujettissant pour être longtemps conservé dans la grande majorité des cas.

Pour éviter ces inconvénients, il fallait des appareils qui permissent au malade de se suffire à lui-même. J'en ai fait construire qui produisent :

&88 TRAITEMENT GÉNËflAL.

1' La flexion et l'eutcnftion de la tolalité du pied sur la jambe, et celle de l'avant-pied sur larrière-pied ;

2* La rotation du pied suivant son axe longitudinal ;

3" L'addnciion et l'abduction de ravanl-pie<l sur l'arrièrepied.

A. ^fipareii tic flex'on et d'extension île la lo.'alrld du pied iur la jambe et de l'avant-pied sur iamére-pied (fig. 46).

La plante du pied repose sur une semelle de bois sur laquelle elle est maintenue applitiuce par des coun-oies matelassées. Deux ti^'es de fer (In disposition de la figure Ù6 ne permet d'en voir tpi'une seule) s'élèvent parallèlement sur les côtés de la jambe; dans le point correspondant à l'urlicidation tibio tarsienne, elles offrent une brisure articulée (jui permet entre les portions inférieures et supérieures des mouvements c]ui correspondent à ceux d'abaissement et d'élévation du pied. Deux leviers de 0,12 centimètres environ, fixés sur le c6ié externe de l'appareil, immédiatement au-dessous de l'articulation, sont dirigés oblic|uement en haut, l'un en avant, l'autre en arrière; c'est ii leur extrémité libre que sont attachées les cordes qui servent h imprimer tes mouvements. Les extrémités de ces leviers sont réunies par un demi-cercle métallique. Pendant les mouvetnents de la portion de l'appareil qui entoure le pied, le demi-cercle glisse sur la &ce

MOYENS Ut nKTAULlH LA HODILITÉ UU PIED. 489

externe de In tige qui estappli(|uée ie loii^; de la j^imbe.ll est maintenu cootie cette iit;e par un unneau de fer muni d'une vis do pression au moyen de laquelle il est Fiicile de fixer le pied dans les diverses attitudes qu'on veut lui Fjîre prendre. Enfin, le demi-cercle étant gradué, on peut mesurer l'étendue de lu mobilité de la jointure.

On comprend aisément, à la vue de la figure /i6, comment le malade peut se servir de cet appareil, et comment il peut lui-même, sans faligue et sans élre obligé de s'assujettir a une position incommode, imprimer à la totalité de son pied des mouvements nlternaiifs de flexion et d'extension.

l'oui- jijouler à ces mouveiiieuis {jenéiaux ceux de l'iivantpied sur l'urriêre-pied, la semelle est com[)osée de deux perlions réunies à charnières au niveau de l'articulation médio-larsienne. A son exlréinité aniérieure est attachée une corde (oubliée dans la 'gravure) qui sert à la faire mouvoir. Lorsque le malade exerce des tractions sur celle corde, il attire en haut la portion antérieure de la semelle , et produit rextf'usion de l'avnnt-pied sur l'arrière-pied.

H. jJfi/iaicil destiné à produire les mouvemenis de miation de la totnliié du pied suivant son axe longitudinal {^Q. kl).

Kg- <:■

Cet appareil agit sur les arliculntions infcrienres de l'astragale, car c'est autour de cet os solidement fixé dans la miirtaisc tibio-péronière que se meuvent le culcancum et le scaphoïde, lorsque le pied s'incline en dedans ou en dehors.

Le membre inférieur, placé horizontalement et légèrement fléchi, est reçu dans une gouttière. Le pied est enfermé dans

&9(l ti:aiti;më:<it généiul.

une sorte île soulier au talon i]tii|uel esi fixée une li{;e de fer uiTondie, <|ni &it l'office de pivot et repose pnr son cxtrcniité liliresur le suppoi'tdel'appiireil; elle est maintenue dans une direction perpendiculaire à ce support par un collier de fer, dans l'ouverture duquel elle peut tourner à fmtteroent doux.

A \d partie iiioyeiiiie de la semelle contre liU]uelle appuie le pied est adiipié un levier tran^vorsal dont tes deu'c extrémités servoat de point d'aiiiiche A des cordons duot les bouts sont à lu portée des in.iiiis du malade. Celui-ci, en exerçant des tractions alternatives sur chacun de ces cordons, imprime au |>icd place dans l'nppaicil des mouvements de latéralité dont ïc mode de production est facile à comprendre.

C jippareil destiné à produire l'adduction et Fabductioii de /'nvant-picd sur Varrière-]ned. — L'action de cet opparcil [lone spécialement sur l'articulation médio-tarsicnne, nu niveau tic laquelle se passent U-s mouvements de l'avaat-pied sur l'ai^ rière-pied.

La jambe et la partie postérieure du pied so^it maintenues immobiles au moyen d'une gouttière 6xée sur un plateau de bois (K(;. AS). Le métatarse est saisi par deux plaques de cuir solide, l'une pour le dos du pied, l'autre |)our la face plantaire.

Fig. 48.

A la partie inférieure de la plaque dorsale est adaptée une lijje arrondie, qui traverse à frottement doux un cylin<)re soutenu par deux branches rccouibées, scellées dans le sujipoii

VlUDS BOTS. &91

de l'appareil. Cette li^e a une direction à peu près parallèle à celle de Taxe de la jambe; elle est terminée |)ar nu manche transversal sur lequel s'applicpient les mnins du malade pour exercer les mouveiuents.

Il est facile de comprendre le mécanisme de cet appareil et la manière dont il fait mouvoir Tavant-pied. Les mouvements d'élévation et d'abaissement imprimés au manclie font tourner la tige lopgitudinale dont le mouvement est transmis à Vavantpied) qui se trouve ainsi porté alternativement dans Tadduc* tion ou labductian.

On remarquera que dans lappureil de flexion et d extension, ainsi que dans celui de rotation, les arcs de cercle ne servent pas seulement à mesurer l'étendue du mouvement, mais qu'ils permettent, à laide de la vis de pression dont ils sont pourvus, de &xer le pied dans la position où celui-ci a été ramené. Sous ce rapport, ils peuvent servir au redressement, et nous verrons plus loin tout le parti que Ton en peut tirer dans le traitement des pieds bots.

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