‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 69 sur 101 · PIEDS BOTS. /|9S · texte numérisé non relu

PIEDS BOTS. /|9S

précautions qui permettent d en tirer un résultat avantageux ont été surtout apprécies par Vénel et par les élèves sortis de son école. Sans elles , les appareils , même associés aux ^sections tendineuses, ne produiraient que des résultats insuffisants.

Les appareils offrent de nombreuses variétés. Nous verrons qu'on peut les ramener à deux espèces principales : 1^ ceux qui ont la forme d*un pied bien conformé et dans lesquels on fait entrer lepieddiflbrme; 2^ ceux qui se moulent sur la déformation et que Ton redresse graduellement; il fiautyajouter ceux qui agissent à la manière des mains, c'est-à-dire par le mouvement et non par des pressions continues.

La préférence à donneraux uns et aux autres sera discutée en traitant de chaque cas en particulier. Bornons*nous à dire qu on doit constamment faire alterner leur emploi avec les manipulations, de telle sorte que le membre soit soumis à des pressions continues et à des mouvements pendant lesquels il est en liberté.

Les sections des tendons, des muscles, et même des liga* ments, doivent précéder, au point où en est la science, Tem^ ploi des manipulations et des appareils : leur innocuité est complète quand elles sont pratiquées suivant toutes les règles que M. J. Guérin a si bien exposées; et sans elles, les traite* ments mécaniques sont impuissants, ou tout au moins longs et douloureux.

A Taide des combinaisons dont je viens de parler, on peut remédier à la plupart des déformations du pied des enfants, jusque vers Tâge de six à huit ans; mais passé cette époque, ils sont insuffisants^ surtout si la déformation est de celles que Ton désigne sous le nom de varus équin. • Dans ces cas difficiles on peut réussir, même chez les adolescents, en y joignant la rupture des adhérences immédiatement après la section des tendons, Temploi des appareils de mouvement dans le traitement consécutif; enfin celui des mécanismes qui forcent le pied, pendant la marche, à se tour^ ner en dedans ou en dehors.

On comprendra sans peine Futilité de la rupture des adhérences dans les cas où il s'est formé une véritable an-

U9U TRAITEMENT SPI^ICIAL.

kylose, et celle des mouvements imprimés à chacune des articulations, si Ton sait que dans les pieds bots anciens, les articulations privées de cartilages deviennent rugueuses, et que les frottements répétés peuvent seuls leur rendre le poil qu'elles ont perdu.

La facilité avec laquelle les déformations en dedans et en dehors se reproduisent sous Tinfluencedela marche, conduit a donner au pied, pendant la progression, une direction telle que les pressions sur le sol tendent à le redresser.

Les diverses médications qui viennent d'être indiquées me paraissent devoir être employées dans Tordre suivant.

On commence pur la section des tendons; celle-ci opérée, on imprime au pied des secousses vigoureuses, par lesquelles on rompt les adhérences, et Ton ramène le pied immédiatement à une rectitude aussi complète que possible. L opération terminée^ on recouvre chaque piqûre de bandelettes de collodium ; on laisse le pied revenir à sa direction première, et on Tentourc de bandes médiocrement serrées. Au bout de trois ou quatre jours, on le place dans un appareil sans exercer de forte compression, et lorsquil n'est plus douloureux, on l'en fait sortir deux ou trois fois par jour pour lui imprimer des mouvements artificiels pendant un cpiart d'heure à une demiheure, avec les mains si c'est un enftmt, avec les appareils spéciaux si c'est un adolescent ou un adulte. Ces manœuvres sont continuées pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que le pied ait repris sa rectitude. Dès que la face plantaire ])eut appuyer sur le sol, on permet la progression , et l'on soutient le pied au moyen des tuteurs, qui l'empêchent de se tordre de nouveau.

$ i. Piedf bots produits par la rétraction des miisoles auxquels se distribue

le nerf popUté interne.

Ce genre de pieds bots comprend les variétés suivantes, qui ne sont que des degrés divers d'une même difformité :

1" Pied bot équin simple. Le pied, ayant conservé sa forme normale, est maintenu dans l'extension sur la jambe.

2^ Pied équin avec flexion de l'avant-pied sur rarrièrc-pied.

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L'exteosion des orteils, qui s'observe souvent dans ces deux cas, n'est qu'un élément accessoire propre aux malades qui ont marché.

3^ Pied varus équin , c'est-à-dire pied bot dans lequel, à Textension et au renversement en dedans de la totalité du pied, se joi(;nent la flexion et laddnction de ravont-pied sur 1 amère pied.

W" Dans des cas plus [graves, indépendamment de tous les éléments précités, la convexité transversale du pied est extrêmement augmentée. Les os du métatarse se touchentpar leurs bords latéraux.

1** Pied équm simple. — Le pied é(|uiu simple est le réstdtat de rextension permanente de la totalité du |)ied (fig. 69),

Or, comme l'extension se passe niiiquementdans Tarticulation libiotar.sienne, c'est dans cette articulation seule que les rapports des os sont modifiés; la poulie astragalienne se porte en avant de la mortaise formée par le tibia et le péroné.

Les muscles dont la rétraction niaintient rextension du pied, et par suite l'élévation du talon, sont ceux qui se rendent au tendon d'Achille : la section de ce tendon est donc Formellement indiquée.

Ou la Fait, chez les adultes, à 3 ou h centimètres au-dessus du talon, et en gcnéi*al dans le lieu où le tendon a le plus de relieF au-dessous de la peau. Pet) importe que Ton agisse de la Face superficielle à la fece profonde, ou de la Face profonde à la face superficielle; que Vi\i\ pique la peau en dedans ou qu on la pique en dehors : Tessentiel est que Touvertuie de celle-ci soit étroite et éloignée de 1 ou 2 centimètres de la plaie du tendon. Cette opération nécessite deux ténotomes : l'un pointu, de 3 millimètres de large à peu près pour traverser la peau; l'autre

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V'iQ. 5o. mousse, semblable à celui que représente la figure 50 et avec lequel on coupe le tendon.

Les manipulations par lesquelles on relève la plante du pied, et qui servent à faire exécuter des mouvements alternatifs de flexion et d'extension, n'ont pas besoin d être décrites.

Les appareils offrent les deux variétés que j'indiquais plus haut.

1** Parmi ceux qui ont la forme normale du membre et dans lesquels on fait entrer le pied^ le plus important est le sabot de Venel (fig. 51).

M. Mellei, après avoir décrit ce sabot, explique de la manière suivante son mode d application (1).

« On commence d'abord par envelopper le pied d'un bandage roulé fait avec une bande de flanelle. On chausse ensuite le pied d'un bas de laine ordinaire qui porte ù son extrémité antérieure une j)eiile courroie; on le place sur la

Fi(j. 5i.

(i) Manuel d'orthopédie.

semelle de bois de l'appareil, de façon (|ue la plante y repose dans la plus {Jrande étendue possible; on engage le talon dans l'échancrure postérieure de la talonnicVe; on lace celle-ci sur la partie inférieure de la jambe. On fixe ensuite Tavant-pied sur la semelle de bois à l'aide de la petite courroie fixée à l'extréipité du bas et des courroies transversales; on engage le levier dans la douille de l'équerrc après lavoir convenablement courbé, on le rapproche doucement

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