‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 72 sur 101 · ANKYLOSE DKS ARTICULATIONS DU PIED · texte numérisé non relu

ANKYLOSE DKS ARTICULATIONS DU PIED

An. VI. — Ahktlosb dks aiticulatioms du pibo.

On peut avoir à rompre Tanlcylose de rarliculalion libio* tarsienne dans les pieds équins, maintenus par des adhérences solides entre le tibia et Tastragale. Ces ruptures sont surtout indiquées à la suite d'une longue immobilité ou d'inflammations aiguës et de tumeurs blanches guéries pendant que le pied était fixé dans une exteusion permanente.

L'ankylose peut s*étendre à toutes les articulations de l'astragale, par conséquent à celles qui Tunissent avec le libia, le f^alcanéum et le scaphoïde. On observe ces adhérences multipliées dans les pieds bots varus équins des adultes. On sait en effet que, lorsque ces déformations sont très anciennes^ les surfaces articulaires qui pressent les unes contre les autres s'absorbent, deviennent inégales, offrent des saillies et des enfoncements reçus les uns dans les autres, et peuvent être unis par des tissus fibreux.

Même observation pour les pieds valgus datant d'un grand nombre d*années, surtout lorsque leur formation a été accompagnée d'une inflammation adhési ve des articulations du tarse.

Dans tous ces cas, il ne suffit pas, pour remédier à la difformité, de faire des sections sous-cutanées et d'employer des appareils convenables ; la rupture de Tankylose est indispen* sable pour que Ton puisse rétablir les rapports naturels des surfaces articulaires.

Les ;;roc^(/^sà suivi*e dans ces ruptures 8ont,comme ailleurs, des mouvements imprimés avec force à toutes les jointures ankylosées, pendant que le malade est plongé dans le sommeil produit par Télber. Ces mouvements doivent être faits alternativement en divers sens; mais on doit débuter par l'exagéi*ation de la difformité qu'on veut détruire. On transporte ainsi au pied la racihode de M. Dieffenbach (1) pour le genou , et de même que cet auteur exagère la flexion de la jambe avant de l'étendre sur la cuisse, de même on augmente l'extension du pied avant de le fléchir. On exagère également l'adduction de Tavant-pied dans le vûrus, et ou le porte ensuite énergi-

fi) Voyei Ch Pliillipfi, De ia i^fiolomte sous-^iflnn/r, Parîn, i84i« p* 177.

526 THAITEMENT GKNÉHAL*

quemenl en deliors. T^es craqueiiieiUs que Ton entend clans les jointures, et la possitiilitéd'oI)tenirun redressement partiel, prouvent que le but que l'on se propose a été atteint.

Si les tendons sont rétractés, ou Fait précéder la rupture des sections sous-cutanées convenables.

L'inflammation aiguë qui est la suite nécessaire de ces violences nécessite pendant une semaine ou deux le re[)o$ du pied dans une gouttière ou dans un bandage anûdonné. Lorsque les douleurs, suite de l'opération, sont dissipées, oa ^occupe de compléter le redressement et de rendre au pied sa mobilité, à laide des appareils de redressement, du massage et des mouvements imprimés, soit avec les mains, soit à Taide de mécanismes particuliers.

J'ai cité page 315 et page 321 les deux cas les plus remarquables dans lesquels cette combinaison de moyens a été mise en usage.

CH APIT H E SE PTlèmE.

TRAITEMENT GÉ^ÉnAL DES MALADIES DU COUDE.

Les questions que soulève le traitement général des mala* diês du coude sont les mêmes que pour le genou, lu hanche et le pied. Nous les examinerons dans le même ordre.

Ait. I*'. — MoTBKs db bambnei le coude a une bonne dibection.

La direction la plus favorable à Texercice des fonctions Ju coude est celle où lavant-bras fait avec Thumérus un angir un peu plus ouvert que Tanglc droit, et ne s'incliùe ni en dedans ni en dehors.

Le coude s'éloigne de cette direction, lorsqu*il est ti'op étendu, trop fléchi, ou lorsque Tavant-hras est porté dans Tabduction.

Pour remédier à une flexion ou a une extension exagéi-ées, on peut recourir aux manipulations, aux appareils à pression continue, aux sections des tendons, et enfin aux appareils Je mouvement et à la rupture des adhérences. Je traiterai plus loiid de ces deux dernières métbodos.

MOYENS DE RAMENER LE COtJDÈ A UNR liONNI- DIIIECTION. 527

A. Manipulations. -^ Il est iiiniile de décrire les manipulntions par lesquelles on peui ramener le coude À un (lo{îré convenable de flexion.

Bornons-nous à faire remarquer que ce ne sont pas des efforts dans une seule direcilon qui ont le plus d'efficaciic?, mais des tractions et des pressions propres à étendre et à flëchir alternativement Tavant-bras.

B. APPAREILS. — Manget (1) décrit un instrument qui peut tout à la fois étendre et flécbir le coude. Il est composé dedeux f^outtières articulées qu on peut rapprocher et éloigner à volonté au moyen du Fi„. g,^ mécanisme représenté dans la fig. 61.

Dans cette figure, les deux gouttières de Manget sont remplacées par deux bracelets placés, l'un autour du bras, et lautre autour du coude, ce qui simplifie Tappareil. Comme on le voit, la tige fixée au bracelet supérieur porte un pas de vis qui s'engage clans la tige inférieure; un écrou mobile, qu'on ne distingue pas dans la figure, est placé à la jonction de ces deux tiges, et peut, suivant la manière dont on le fait iigir, les rapprocher ou les éloigner.

Le système du pignon mordant sur une roue dentée, sem'blableàcelui qui est représenté figure 8, page 321, serait bien préférable; on le placerait a Tunion des gouttières brachiale et anttbrachiale, ainsi que je lai vu dans un modèle exécuté par M. Blanc (de Lyon).

On trouvera plus loin la description de mon appareil de mouvement pour le coude. Son mécanisme permet d'étendre ou de fléchir cette articulation; et, à laide du cadran et de la vis de pression dont il est muni, on peut rendre permanentes les directions auxquelles ou Ta amené par le seul effort des mains. Il me parait préférable à tout autre appareil pour ramener Tavant-bras à des rappcrls convenabtts avec le bras,

{t) Tréi9r th ckirurifit.

et il doit cette supériorité à ce qu'on peut imprimer à son aide CCS secousses graduées et ces alternatives de flexion ctd'ex* tension qu il est si avantageux de faire succéder aux eflbrls longtemps continués.

C. Section des tendons. — La section des tendons peut être nécessaire pour faciliter la flexion du coude trop étendu, oa Texlension du coude trop fléchi. Dans le premier cas, c'est le triceps ; dans le second, le biceps dont la section est indiquée.

Section du biceps, —En coupant le biceps, il faut éviter de blesser Tartère et la veine brachiales, ainsi que le nerf médian. On atteindra sûrement ce résultat, en faisant placer les pouces d'un aide sur les vaisseaux et les nerfs, et en coupant ensuite le biceps d'arrière eu avant, à travers une piqûre faite au côié externe du bra.s.

Section du triceps. — En coupant le triceps immédiatement au-dessus de l'olécrâne, on ne peut avoir d'autre crainte que celle de léser le nerf cubital ; on évitera cet accident en foisaut placer les doigts d'un aide sur ce nerf, c'est-à-dire, audessus de la coulisse placée entre l'olécrâne et le cubitus. Le téuotome mousse, introduit alors à travers une piqûre faite au côté externe du bras, sera poussé seulement jusqu'au ni* veau du bord interne de l'olécrâne. Son tranchant tourné contre le muscle divisera celui-ci d'arrière en avant, pendant qu'un aide s'efforcera de plier le coude.

L'abduction de l'avant-bras échappe facilement à l'attention de l'observateur; aucun auteur n'en parle, et j avais négligé d'en tenir compte dans mon premier ouvrage, cependant elle est presque constante dans les maladies graves du coude. Une pression prolongée sur la face antérieure et externe du cubitus la produit ton jours, quand les ligaments sontramollis. Elle échappe à l'observation, parce qu'on néglige de faire placer le coude de manière à bien reconnaître la direction des os qui le composent; mais (|ue la face antérieure du bras regarde directement en avant, et l'on sera frappé de voir conimeoi le coude offre habituellement un angle saillant en dedans, rentrant en dehors, et à quel degré la main est éloignée exté* rieurement de la position normale qu^elle devrait avoir.

Page 1