‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 90 sur 101 · MAL VBRTÉBBAL DE POTT · texte numérisé non relu

MAL VBRTÉBBAL DE POTT

dit mal de Pott et sur les résultais quon peut attendre d'une médication constitutionnelle.

La mortalité qu^entrainc le mal de Pott est si difFéi*cnte dans les maisons aisées et dans les hôpitaux, que Ion ne saurait trop insister sur l'importance des précautions hygiéniques. L'immense majorité des enfants qui en sont atteints dans les hôpitaux y meurent après un séjour plus ou moins prolongé, tandis qu'en ville, et surtout à la campagne, ils se guérissent en assez grande proportion. Les traitements locaux et généraux sont cependant à peu près les mêmes dans Vïu\ et l'autre cas.

Les Hiits les plus concluants qn'on puisse citer en faveur du traitement général, sont ceux que renferme l'ouvrage de M. Pravaz (1).

Cet auteur rapporte l'observation de cinq malades, en bas âge ou adolescents, qui ont suivi pendant plusieurs mois, dans son établissement, le traitement par les bains d air comprimé : aucune médication locale, aucun appareil mécanique n*a été réuni à l'emploi de ces bains et à celui des conditions hygiéniques favorables que présente l'établissement de M. Pravaz, situé à la campagne dans un lieu sec et élevé. Chez tous, les forces se sont rétablies peu à peu ; la marche est devenue plus sûre; le mal a cessé de faire des progrès, et les malades ont fini par guérir au bout d'un ou deux ans, conservant, il est vrai, leurs gibbosités, mais pouvant rentrer dans les conditions ordinaires de lu vie. Un seul est mort, quelque temps apros sa sortie de 1 établissement, d'une afteciion tuberculeuse des poimions.

S ins doute on ne peut point compter sur des résultats toujours aussi avantageux, et l'on doit craindre que les lésions, enrayées pendant un certain temps, n'aient fini par reprendre leur cours, ainsi que je Tai vu chez un enfant qui, reste guéri en apparence pendant trois ans, à lu suite d'un traitement par rhuile de foie de morue, les bains froids et les bains de mer, a eu son existence gravement menacée par un abcès par congestion, survenu longtemps après que Ton croyait pouvoir compter sur une guérison durable. Cependant, il n'eu reste

(i) Essai médical sur F emploi de Vair comprimé^ Lyon, iS5o.

652 ntOION DOnsO-LOMBAlHE DE LA COtJO^^R VKItTÉBnAl.»:,

pas moins démontré qne le bain d'air comprimé est très utile, et qu'il peut avantageusement suppléer à lexercice que rendent si difficile les gibl)Osités vertébrales.

A défaut des bains d air, ou concurremment avec eux, on peut recourir à d auti*es médications générales. Je signalerai snrioui Thuile de foie de morue, page 263, les liains de mer, rhydroihénipie, la mcilinde de M. Jules Guérin (voyes page 285) , et enfin les liains térébentbinés.

J\ii fait un fréquent usage de cette espèce nouvelle de I ains, depuis répo<pie où a été imprimée la page 169, dans laquelle j'en ai dit quelques mots, l/expérionce m*n démontré que la do.^c de 50 grammes était beaucoup trop élevée; bien peu de malados peuvent supporter celle de 25 grammes, et Ton ne doit guère commencer cpie par la dose de 15 à 20 grammes. Même ovec cette diminution dans la quantité employée, ces bains produisent une excitation des plus vives :^ la peau ; ils la font rougir et déterminent un notable sentiment de chaleur; des plaques rouges et persistantes pendant un jour ou deux eu sont la suite immédiate; et labsorption s'y fait a\ec tant d'activité que, pendant deux ou trois jours, les urines ré|>andent une odeur de violette. Ainsi poissants par Texcitation extérieure qu'ils produisent, par les phénomènes d'absorption et d'élimination qui en sont la suite, enfin, par la comtnodité de leur emploi , ces bains me paraissent appelés* à prendre une grande place, non seidement dans le traitement du rhumatisme chronique, mais dans celui des scrofules et de la diathèse tuberculeuse.

S 2. Traîlemealloeal.

Ce traitement doit être en rapport : 1^ avec la lésion du corps des vertèbres, qui existe toujours; 2<>avec la gîbbosité, qui n'est pas constante; 3* avec les abcès par congestion, pro* duits également vat*iables, ccexistant tantôt avec les gibb;isites, et tantôt apparaissant sans elles. Lorsque ces éléments morbides sont associés, toutes les médications (|ue nous allons décrire doivent être associées entre elles; quehpies unes seulement sont indiquées, si les lésions qu^elles sf)nt destinées à combatti^e n'existent pas elles-mêmes.

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i. Lésion osseuse. — Les médications que Ton peut opposer à la lésion osseuse sont toutes plus ou inoins indirectes et im> puissantes. Celle qui est le plus vantée est lappliauion des cxutoires de chaque côte de la gihbosité. Dabord conseillée par Polt, cette cautérisation a continué à faire la base du liaitenient des gibbosités outre les mains de tous les chirurgiens modernes.

L'usage est d appliquer une série de cautères sur chacun des côtés de la saillie i'ormée par les apophyses épineuses, et vis-a^vis des muscles sacro-lombaires. Un les panse avec du diachylon» et lorsque la suppnration commence à se faire, on en applique de nouveaux ^ quelques praticiens ne s'arrétrnt qu après en avoir mis ime série de dix à dou7.e.

Dupuyircn s'est appliqué ù démontrer la supérioiité de ces cautères volants snr«ceux qui sont entretenus par des |kûs et qu'on ne renouvelle point. Quoi qu'il en soit, Texpérience des montre qu'à la suite de ces cautérisations énergiques, les paralysies qui accompagnent lu mal de Pott peuvent diminuer sensiblement : il est à présumer, ainsi que la fait observer Nichet, que les caustiques ne modifient point I altération tuberculeuse des vertèbres, mais qu'ils agis ient surtout en facilitant la résorption de la sérosité qui s'infiltre dans le tissu cellulaire du canal vertébral, et eu combattant les inflammations concomitantes delà moelle et de ses enveloppes.

I^our produire les cautérisations sur les côtés de la giblxH site, on peut se servir du caustique de Vienne, de la potasse, ou des moxas. Je suis porté à croire, avec Lari*ey, que ces derniers sont préféi*ables ; mais si Teffroi (|u'ils inspirent empêchait d'en faire usage, il faudi*ait sûrement préférer la |k>tasseau Gausii(|uede Vieime, qui agit beaucoup plus super- (icielUment.

M. J. Guérin, qui adapte l'application de la potasse au début du traitement, fait placer ensuite, tous les deux joui's, tm petit moxa, avec de l'amadou, de 3 à & millimètres de dianiètre.

II. Gibbosité. — Lorsqu'une gibbosilé vient compliquer la lésion des corps vertébraux; cpi'd existe, par conséquent, un ccrasciueut de ces corps à la partie antérieure de la colonne.

65& IlÉGtOM DOnSO-LOMBAIRB DE LA COLONNE VERTÉBHALE.

ei en arrière une distension des liens fibreux qui unissent les lames vcrlébrales et les apophyses épineuses, fauHl se contenter du traitement général et des cautérisations extérieures? Un traitement mécanique est-il, au contraire, nécessité par la déformation?

Évidemment on ne doit faire aucmie tentative de rodressement brusque, et imiter la prudente rései*v'e que conseillent, sous ce rapport, Pott, Brodie, et tous les auteurs qui ont écrit surin question. Des efforts de ce genre tendraient à détruire les tissus iardacés et les productions osseuses qui font souvent adhérer Tune à Fautre les veitèbres malades et dont Torgani* sation complète est nécessaire à la guérison ; elles pourraient amener une inflammation funeste, et il resterait entre les corps des vertèbres ramenées à la rectitude un vide qui empêcherait toute fermeté dans la station. •

Cependant, s'il ne faut pas redresser, au moins brusque* ment, ne peut-il pas être utile de diminuer la pression des parties supérieures du corps, et d'immobiliser autant que possible les fragments séparés par la cai*ie?

Tous les auteurs classiques répondent à cette question par la négative. Dans les hôpitaux et dans la pratique civile, on ne feit usnge d'aucun ti*aitement mécanique, et des hommes compétents repoussent même celui-ci comme nuisible. Ainsi, dans 1 une des observations que j'analysais plus haut, j'ai remarqué que M. Pravaz avait (ait supprimer dans une gibbosité vei*tobrale un corset-tuteur, que portait Tun de ses malades, d'après le conseil que j'en avais donné.

Pour diminuer lu pi^ession des parties supériein*es du corps, prévenir une plus grande flexion et maintenir l'immobUitc locale, deux ordres d'appareils sont nécessaires : les uns applicables aux malades couchés; les autres applicables aux malades qui se lèvent.

/^ppamts applicables dans le décubitus, — Delpech (4) conseillait, dans les gibbosités vertébrales, de maintenir le malade immobile et couché sur le dos ; il le soumettait même à des extensions et à des contre-extensions; moins, toutefois, pour opérer le redressement, que pour assurer l'immobilité.

(i) Traité ttortttomorphie^ t. H, p. 379.

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