‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 91 sur 101 · MAL VKRTÉBHAL OC POTI · texte numérisé non relu

MAL VKRTÉBHAL OC POTI

Afin de prévenir les mouvements de la colonne pendant le pansement des cautères, il se servait d*un lit à sangles, qui pouvait élrc soulevé à volonté. Il a vu, sous l'influence de ce décubitus prolon^jé pendant plusieurs mois, une diminution notoble de la gibbosiié ; mais il ne se dissimule point les graves inconvénients du repos général, et je m'étonne quil n ait pas eu recours aux corsets portatifs, qui permettent aux malades de se lever sans inconvénient pour la lésion locale.

En i8A5, j'ai proposé d'appliquer ma gouttière vertébrale au traitement des gibbosités : depuis cette époque, le rapport sur les travaux de M. J. Guérin a fait connaître la méthode de cet auteur. Il fait coucher les malades sur le ventre, et il les y maintient sans interruption pendant un temps qui, pour Tun d'eux, est allé jusqu'à six mois ; il ne leur permet de se lever c|ue lorsqu'une amélioration notable a été obtenue. On se demande comment les malades ont pu supporter pendant longtemps la position incommode qui leur était prescrite; et il semble probable que les graves dangers pour l'ensemble de lu constitution quentraine le repos absolu, devaient être aggravés par la gène qu'entraîne dans plusieurs fonctions im- ]x>rtontes ce coucher sur la partie antérieure du tronc.

En conséquence, je persiste toujours dans le conseil que j'ai donné d'appliquer aux gibbosités vertébrales la gouttière que représente la figure 89, page 6&6. On doit y placer de chaque côté de la ligne moyenne deux coussins épais, afin c|ue la partie saillante de la gibbosité n'éprouve aucune pression douloureuse; et l'on y fait coucher le malade pendant tout son séjour au lit. Sans éprouver aucune compression énergique, le tronc cesse de se fléchir en avant ou sur les côtes et il reprend en partie sa rectitude; s'il existe quelques symptômes d'inflammation aiguë, le repos (|ue produit la gouttière les calme rapidement.

appareils poriaitfs. — Les corsets, ou appareils portatifs, ont été employés déjà par quel(|ues médecins, comme le prouve le passage suivant extrait de l'ouvrage de Brodie :

« Du homme, dont le corps des vertèbres avait été le siège d'une destruction très étendue, mais qui n'éprouvait plus de symptômes depuis plusieurs années» se débarrassa d'une ma*

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chine ijn'il avait l'Iiabilude de porter; duos peu de nioi'^, il resseutil des douleurs duiis les ineinbies, et une liiniciir, cvî- (leiunient Ibniiév par tiii viistc uljcès, se uianiFcsta dans l'inue, ce qui lit peusiT uutiirell«nieut que rim|)ruilL<ncc d'uvuir <|uiilé cet uppareil fut suivie du leloiir de U piemière maludiu sous une Forme plus fàclieuse. >

Du 18&5, j'ai proposé un corset dans lct{ucl deux ressoits ri-unis uu devaut du biissiii à l'uidc d'une ceinture sont teriniuL-s en Imut par «les béquilles qui iippuieni en «vaut des purlies externes et supérieures de la poîti iiie.

Dans ses observations sur le tiuilem<;iit des iiii:urvaiion5 luburculeuses, M. Gucrin parle d'un corset cuiiassc qu'il f^it purier aux malades i|ui se lèvent.

Après avoir vérifié, par de nombreux essais, les avanLifjos et les défauts de dîvei)) modes de construction, j'ai adopta un corset- tu :e»r, c|ui n'est qu'une simplification du corset de M. Moulin pour les dcviuiioiis delà luille, qui u été coni>iruit et i|ui m'a été proposé par M. Chavanon , mecanicien-oriliopédisie (1). Il se compose d'une ceinture eu acier fiiisnnt le

Tic- yi

tour du bassin, de laipielle s'élève, le lonf> de la colonne vertébrale, une pla- (jue élastique qui supporte J deux, lic<|uilles passant audessous des bras.

I.a ceinture en acier, qui fait le tour du biissin, est superposée à une ceinture eu coutil matelassée et »(>pliquée directement sur la peau. Un coud à tu surface externe de cette derniùre, delOcentimèireseuIOccntiniétres, une paire de rii- Ikius de fd, avec lesifuels on fixe s:'lidcmi-nt 'u pu

qui s'élève le Ioiij; de In colonne e-t Louqios^*, <i) M. Ch3»a»o.i .K-..ieur, h I-yoïi, io« ilc l.i ll.irrc, n' 8.

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la l'ëgioii lombaire, de deux parties qtit permettent un certain allonf;enient, et une fente qui répond à* la gibbosité et que Ton garnit d'un coussin ouaté prévient toute pression dou* loureuse; enfin, les béquilles sont fixées à coutisse sur la plaque du dos et sont assujetties par des bretelles qui font le tour des épaules.

Ce tuteur me paraît réunir toutes les conditions désirables. llVexerce pas de constriction aur la poitrine, comme le font les corsets ordinaires ; à laide des béquilles latérales, il sou* tient le tronc et Fempéche de s'infléchir de côté ; enfin, par Tensemble de ses dispositions, il prévient la flexion de la colonne en avant , et assure l'immobilité autant qu on peut le faire chez un malade debout.

Résultats. — La guérison des gibbosités peut être remarquablement facilitée par la combinaison des moyens mécaniques avec les autres médications, ainsi que le prouvent les faits cités par M. Guérin, et ceux qui me sont propres.

On a vu que M. Guérin associe au traitement général par les purgatifs le quina, etc.» les cautérisations dorsales, le décubttus sur le ventre, et, quand le malade se lève« un corset^ouirasse. Les résultats qu'il a obtenus et qui sont consignés dans le Rapport sur ses travaux, sont très satisfaisants. Dans les trois cas d'incurvation tuberculeuse dont le siège était au niveau des dernières vertèbres dorsales et des premières lombaires sans abcès par congestion, la santé générale s*est améliorée, les mouvements sont devenus plus libres ; les symptômes de pai*alysie , encore incomplets , se sont dissipés , et Tincurvation vertébrale, sans jamais disparaître entièrement, a beaucoup diminué. L'âge des malades a été de six ans et demi, neuf ans, onze ans; la durée du traitement indéterminée, chez le malade de six ans et demi; d'un an , chez une jeune fille de neuf ans; de dix mois, chez un autre malade de onze ans.

Dans trois gibbosités sans abcès par congestion, j'ai obtenu également des améliorations notables par l'emploi combiné de l'huile de foie de morue, du sirop de quina, des cautères, de lu gouttière vertébrale et du corset-tuteur. Chez les enfants que j'ai ainsi traités, la santé s'est rétablie, des marches pro^

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longées sont devenues possibles, tandis qu'auparavant les membres inférieurs ne fournissaient qu^un appui insuffisant; les gibbosités ont persisté quoique affaiblies. Voici le résumé de ces faits :

XLVIli* Obsbuvatios.

En 18479 je fus consulté pour uuc jeune fille de onze ans, de la rue Saint- Marcel, qui avait une çibbosité, suite de la masturbation. La vertèbre proéminante était la deotième lombaire; la colonne était pliée en avant et à ^nche ; il n'y avait poiut d abcèa par congestion^ mais les donlenia étaient vives autour de la gibbosité ; les membres inférieurs étaient engourtUt, la roart'he ne pouvait plus être prolongée que pendant quelques minutes, et tous les ébranlements étaient suivis d*une notable eiaspération dans les souffrances. Je lui fis le traitement par Thaile de foie de monie le matin , le sirop de quina le soir, deux cautères aux reins, le décubitns dans la gouttière vertébrale (fig. 91) et la station debout avec le tuteur (fig. 9a}; ces appnreili furent construits par M. Blanc. Au bout d*un an la gibbosiié avait diminué; il ne s'était formé aucun abcès, les douleurs étaient depuis longtemps disparoes, même sous TinHuencc des ébranlements; toute trace de paralysie était dissipée, et la malade pouvait faire sans fatigue une marche de plus d'une lieue; un an plus tard, la guérison était toujours confirmée.

XLIX* OasBavATiotf.

l^a second malade que j'ai traité était des environs de Cbilon. La gibbosité également sans abcès était au milieu de la région dorsale. H suivit le même traitement général que la malade dont il vient d*éire question ; mais il ne fit usage que du tuteur portatif, lequel fut construit et reparé à diverses reprise» par M. Chavanon. J*ai revu cet enfant tous les dix ou douze mois à peu prè<, pendant l'espace de quatre ans ; il a recouvré la plénitude de ses forces et la liberté de la roarch<>, bien que la gibbosité soit toujours restée la mène. Le tuteur n'a jamaii pu être quitté pendant ce long espace de temps. Sitôt que l'enfant cessait d'en faire usage, il se sentait moins fort, mal à son aise, et il ne pouvait marcher longtemps.

L* OaSERVATlOlf.

Le troisième fait que j'ai k citer est celui d'un enfant de neuf ans, qui me fut envoyé par M. Folliard, médecin de Romanèche. Sa gibbosité existnii à l'union du dos et des lombes, i cette différence près qu'il était dans le même état que le précédent, et il fut traité de la même manière. Je i*ai rêva aix mois après le début du traitement ; l'emploi du tuteur avait fait disparaître toute douleur des lombes cl toute difficulté de la marche ; mais cet appareil ne pouvait encore être quitté sans que les douleurs ne se fissent sentir de nouveau, quoiqu'avec nioin^ d'intensité t|u*auparavant.

Les faiis que je viens de citer ne sont pas choisis entre plu* sieui^s^ce sont les seuls que j'ai recueillis dans lu pratique

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