‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 92 sur 101 · MAL VEHTÉBRAL DE POTT · texte numérisé non relu

MAL VEHTÉBRAL DE POTT

civile parmi les malades dont j'ai suivi le traitetnent ; je dois y ajouter toutefois robservaiion d'un eniant de deux ans, fils de Tun de mes confrères, dont la gibbosilë était au bas de la région lombaire. Le jeune âge deTenfant, ses douleurs, et plus encore la faiblesse des parents, sous les yeux desquels il tut traité, empêchèrent de se servir du système d appareil qne j'avais fiiit construire pour lui ; il a fini par guérir, mais il est resté horriblement déformé.

III. j^bcès par congestion, — Lorsque des abcès par congestion viennent compliquer Fulcération des vertèbres, qu'il y ait ou non gibbosité, ils constituent une grave complication, et le danger devient très difficile à conjurer.

On peut appliquer à leur traitement tout ce que nous avons dit, page 286 et suivantes, des abcès qui proviennent des articulations. Ici, toutefois, plus que partout ailleurs, on doit proscrire les incisions qui permettent l'entrée de l'air dans le foyer purulent; on n'a à choisir qu'entre les méthodes suivantes : 1* ouverture spontanée; 2* |)onction; 3* injection iodée.

1° Ouverture spontanée. — Lorsque les malades sont en proie a la fièvre hectique et à une diathèse tuberculeuse qui doit nécessairement entraîner leur mort, il vaut mieux sans doute abandonner l'abcès à sa marche naturelle que de tenter une opération quelconque ; mais si l'état de la constitution permet de concevoir quelque espérance de réussite, on peut recourir, soit aux ponctions sous-cutanées, soit aux injections

iodées.

2o Pondions. — Nous avons déjà expofé les procédés A suivre dans les ponctions sous-cutanées, et les résultats généraux qu'on en peut attendre; je me bornerai è faire connaître leurs effets dans le cas spécial que nous avons en vue.

Les ponctions à la manière de Boyer (voyez pag. 288) ont été très bien appréciées, dans le Compendium de chirurgie praiique.par MM. Denonvilliers et Gosselin : « Cette méthode, disent ces auteurs, ne conduit à la guérison que dans des cas fort rares , particulièrement lorsqu'il y a gibbosité et qu'il s'agit d'un enfant. Quelquefois elle provoque encore, malgré toutes les précautions mises en usage, une inflammation ac-

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compagDée de symptômes graves. Le plus souvent, il ne survient d^abord aucun accident, mais la constitution continuée safFaiblir malgré Févacuation du foyer. Après la troisième, la quatrième ou la cinquième ponction , l'ouverture ne se cicatrise pas, bien qu'on ait toujours eu soin de faire glisser la peau pour éviter le parallélisme entre la plaie de cette membrane et celle des parties profondes ; ou bien elle se cicatrise, mais Tune des incisions qui avaient été fuites antérieurement se rouvre d elle-même. La fistule une fois établie, le malade s'épuise davantage et finit pur être pris de la fièvre hectique, à laquelle il succombe. »

Les ponctions sous-cutanées laites avec toutes les précautions qu'indique M. Jules Guérin (voyez pag. 289), sont préférables sans doute aux ponctions simples; elles sont loin toutefois de résoudre les graves difficultés que présente le traitement des abcès par congestion. On jugera du reste de leur valeur par les faits que contient le Rapport de la Commission des bôpitaux.

Dans les six observations que contient ce rapport, l'abcès s'est constamment reproduit une première fois, et une seconde ponction a été nécessaire. Deux fois (cinquième et sixième abcès) la guérison a suivi ces deux ponctions, aidées du traitement général et local.

Dans les quatre autres cas, le pus a fini par se faire jour à travers le trajet parcouru par le trocart, et il s'est établi ainsi des fistules sous-cutanées.

De ces quatre malades, une jeune fille de huit ans a fini par se t^établir. Les trois autres sont morts .'l'un, entre les mains d'un empiri([ue dont le traitement n'a pas été connu; les deux atitres, à la suite de la viciation du pus occasionnée, dans un cas, par l'ouverture spontanée et directe de l'abcès ; dans un autre, par l'agrandissement de la fistule sous-cutanée par des esquilles osseuses.

Injections iodées, — Au milieu des extensions successives qu'a reçues la méthode des injections iodées, Tune des plus remarquables est celle qui en a été faite par MM. Abeille et Boinet aux abcès par congestion qui proviennent de la co* lonne. Voici les précautions que recommande le second de

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ces auteurs, à c|ui loudoit une série de publications remarquables sur ce sujet: « La quantité de teinture d'iode à injecter, va*» rie, dit-il (l),suivantl étendue du foyer ; mais elle doit étresuf* fisante pour pouvoir pénétrer dans toutes les anfractuosités du fuyer« les toucher, les imprégner pendant quatre ou cinq minutes au moins; après quoi on en laisse s*écouler la plus grande partie ; écoulement qui quelquefois se fait diGBeile' ment, car la teinture d'iode produit sur le pus et sur le sang une espèce de coaguluin qui souvent bouche la canule du trocart et empêche le liquide injecté de sortir; mais quand celte sortie ne peut avoir lieu facilement, on peut sans incon* vénient laisser dans le foyer le quart ou le tiers de rinjection,

» r^a composition de Tinjection peut varier aussi •' on peut dire d'une manière générale qu'on doit donner la préférence à la teinture d'iode mélangée de parties égales d'eau, et qu'on doit y ajouter un peu d'iodure de potassium pour rendre plus complète la dissolution de l'iode ; ainsi, nous avons rimbitude d'ajouter k grammes d'iodure de potassium pour 100 grammes de teinture alcoolique d'iode. Nous faisons toujours nos deux ou trois premières injections en ajoutant à la teinture d'iode parties égales d eau; mais dans les injections suivantes, nous employons souvent la teinture d iode pure. Jamais nous n'avons vu survenir le plus petit accident, même dans de vastes foyers. »

Les injections iodées se sont beaucoup répandues dans la pratique, et des observations, dues h divers chirurgiens, sont venues s'ajouter a celles des promoteurs de la méthode. Leur valeur a été très diversement appréciée dans la presse médicale et dans les Sociétés savantes, et il est difficile de préciser encore le jugement que l'on en doit porter.

Les conclusions suivantes me paraissent toutefois résulter de l'ensemble des faits publiés : 1° La méthode a toujours été innocente, et, dans quelques cas, exceptionnels il est vrai, elle a même été suivie de la guérison. Ce succès n'a pas toujours été borné aux abcès provenant des upophyses transverses et épineuses, comme dans la première opération de M« Abeille;

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mais il a été observé dans des collections purulentes ouvertes au pli de laine ot provenant du corps des vertèbres. 2^ I^c plus souvent il est resté des fistules, et les malades ont continué il languir dans Tétat chronique dont on a tant de peine à les faire sortir. S** Quand il y a eu mort, comme dans les cas observés par M. Fleury (de Clermont), les accidents ont suivi louverture spontanée qui s'est faite plusieurs semaines après lopération.

On le voit, les injections iodées n'ont pas eu jusqu*à présent des résultats qui leur ossignent une véritable supériorité sur les ponctions. Ce'.les-ci auraient même fuvantage, si Ton devait juger de leur valeur parles faits cités dans le rapport sur les travaux de M. Guérin. Je suis disposé cependant à ne pas reconnaître cet avantage. 1® Les faits recueillis à la Clinique de M. Guérin l'ont été sur des enfants, et personne n^ignore que, toutes choses égales d'ailleurs, les chances de succès sont bien plus grandes dans ces conditions que chez les adultes qui comptent en assez grand nombre parmi ceux que Ton a opérés parla teinture d'iode. 2^ M. J. Guérin a toujours fait une corn* binaison savante et raisonnée de moyens généraux et mécaniques qui ont puissamment contribué à la guérison. Il serait illogique, dès lors, d'attribuer les succès tout entiers aux ponctions sous-cutanées. 3^ Enfin les méthodes de traitement doivent être appréciées, moins dans des maladies très graves, dont révolution naturelle influe plus sur le résultat que les traitements qu'on leur op])Ose, mais bien dans des cas plus simples et plus faciles à guérir. Or, qu'à ce point de vue Ton compare les ponctions sous-cutanées et les injections iodées dans les collections séreuses et dans les abcès simples, et Ton trouvera en faveur des injections iodées une supériorité si in* contestable, si bien prouvée par des faits nombreux, que Ton n*hésitera pas, en ce qui regarde les abcès par congestion, à conclure en leur faveur, au moins par analogie. Cette question méritait toutefois de nouvelles recherches ; voici celles que j'ai eu l'occasion de faire.

Rechercfies de [auteur, — Kt d'abord le procédé opératoire demandait à être perfectionné. En évacuant le pus par hi ponction simple avec un trocart, on s'expose h la pénétmiiou

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