‹ Traité de thérapeutique des maladies articulairesChapitre 93 sur 101 · MAL VBBTRDRAL DR POTT. 66S · texte numérisé non relu

MAL VBBTRDRAL DR POTT. 66S

lie Inii*. Pour réunir toutes les chances de succès, Il iàut extraire le pus avec les précautions recommandées par M. Guérin, faire la piqûre de la peau à trois ou quatre centimètres de la |K>nction de l'abcès, extraire le liquide avec la pompe munie du robinet à double effet, et faire l'injection iodée avec une seringue (|ui s'adapte exactement au trocart. Depuis longtemps, je me sers d'instruments qui réalisent cette combinaison, que je ne saurais trop recommander.

L'injection faite, doit-on laisser le liquide en totalité? Je n^hésite pas à me prononcer pour l'affirmative. Ainsi que je Tai déjà indiqué ailleurs, on n'obtient pas seulement une action locale. L'iode injecté réagit sur toute la constitution ; il est absorbé, et on le retrouve en suivant les procédés que j'ai décrits page 69, dans les urines, dans la salive et dans la sueur. Si on laissée demeure 60 grammes de teinture d'iode, il faut en moyenne sept jours pour qu'il n'en existe plus aucune trace dans les urines.

A la suite des injections iodées, on observe pendant deux ou trois jours, du moins à lëpoque où le malade n'est pas encore habitué à cette opération, une véritable fièvre inflammatoire; et lorsque celle-ci u été excitée deux ou trois fois avec le caractère passager qui lui est propre, 1 appétit se développe d'une manière remarquable, ainsi que je lai constaté non seulement dans les faits que je vais citer, d'abcès provenant de la colonne, mais de plusieurs autres collections purulentes, dont M. Philipeaux a publié l'histoire (1).

Or si ces injections iodées permettent de modifier heureusement toute l'économie et d'activer la rénovation organique, qui est un des éléments essentiels des médications générales (voyez page 32), il faut évidemment laisser le liquide à demeure, et se servir de la solution la plus énergique, c'est-àdiredcla teinture d'iode. J'euai constamment employé et laissé en place 60 grammes; mais ayant remarqué qu'après deux ou trois injections cette dose ne produit plus de fièvre inflaroma* toire, j'aurai som de l'augmenter par la suite, afin que la fièvre dure au moins vingt«quatre a trente-six heures.

(i) Butletin therapentitiue^ i85i.

66A BÉGION DOR80-LOMBA1KE DE LA COLONNE VERTÉBBALE.

Entre une injection et celle qui la^suil, il doit s'écouler quelques jours au delà de Tépoque où l'élimination de Tiode est complètement achevée. Gomme celle-ci exige en général une semaine, c'est tous les neuf à dix jours qu'on doit la répéter, si l'on veut donner au traitement toute l'activité désirable. J'ai agi d'après ces principes dans les cas dont je vais rapporter l'histoire. Les malades n'ont point été guéris; la suppuration s'est toujours reproduite; mais nous avons obtenu cette amélioration dans la santé, qui est peut-être le résultat le plus remarquable des injections iodées bien faites. L'ouverture spontanée s'est fait attendre jusqu'à la septième ponction chcK le premier malade ; je suis convaincu qu'elle aurait été beaucoup plus retardée chez le second, si j'avais pu compléter son tj'aitement.

Ll* Obsbrvatior. — Abcès par conyestîon, faisant saillie au pli Je taine ; sept ponctions sous-cutanées, et injections iodées laissées à demeure. Absorption de Viode retrouvé dans la salive et les urines; ouverture spontanée de l'abcès; résultat avafitageux.

Un jeane homme de iringt ans entré a la clinique chirur{>ieale, le i5 décembre i85i, élait atteint d*un nbctis par congestion, (|ui faisait saillie au pli de Taine gauche, et qui ëtait la conséquence d*unc affection tuberculeuse sans gibbosité de la douzième vertèbre dorsale. Ce jeune homme n'avait pas une constitution délabrée; son appétit était assez bon et ses digestions étaient faciles. Après avoir bien établi son diagnostic, M. Bonnet résolut de traiter cet abcès par congestion, en faisant la ponction sous-cuLinée et en injectant dans la cavité de l'abcès de la teinture d'iode. Leao décembre i85i, il aspira avec la seringue de M. Guérin 35 centilitres de pus jaunâtre, sans odeur et homogène, et il fit une injection de 60 grammes de teinture d'iode. L'injection ayant été laissée dans le foyer purulent, on appliqua sur Touver* ture purulente une bandelette enduite de collodion.

Celte injection ne produisit pas de phénomènes réellement inflammatoires du t'ôté de l'abcès, puisque la pression n'y provoquait pas de la douleur. On constata tous les matins, pendant les sept jours qui suivirent, la présence de l'iode dans les urines, !i Taide de l'amidon 'et de la liqueur de Labarraque. L'iodure d'amidon produit par ces réactifs était, le premier jour, d'une coloration bleu foncé, qui s'est graduellement affaiblie jusqu'à sa disparition complète; pendant même les quarante-huit à soixante-douze premières heures, ce réactif a décelé la présence de l'iode dans la salive. Lies phénomènc.< de surexcitation générale, produits par la pénétration de l'iode dans toute Téconomie, furent les suivants : pendant les trois premiers jours, le malade fut très agité; il y eut de l'insomnie, un malaise général et une fièvre assez forte.

Le 38 décembre, nouvelle ponction et aspiration de 4^ centilitres de pus roussâtre; nouvelle injection de 60 grammes de teinture d'iode ; conslatiiion

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