KYSTES DU POIGNET
ragraphe suivant; les seconds existent dans des cryptes synoviaux articulaires dont on doit la découverte à M. Gosselin (1 ).
§ 1. Kystes placéf au devant du poignet.
Ces kystes sont situés dans nue synoviale dont l'étude doit précéder celle de leur traitement. Il importe, en effet, de bien connaître ses rapports pour régler les opérations qu'on peut faire sur elle.
On connaît très bien, depuis les recherches des anatomistes modernes et surtout depuis celles de M. Gosselin , les séreuses qui entourent les tendons fléchisseurs des doigts. Mais indépendamment de ces synoviales, qui sont en rapport avec les os du carpe, il en existe une autre, admise comme constante par M. Velpeau, comme exceptionnelle par M. Gosselin, et que, pour ma part, j'ai toujours trouvée dans mes dissections, entre le ligament annulaire du carpe et le faisceau des tendons.
De ces cavités synoviales quelle est celle dans laquelle se développent les collections séreuses contenant des granulations fibrineuseset que Ion désigne sous le nom de kystes en bissa c?
Cette question n'a pas été résolue par des dissections, seule méthode qui puisse dissiper tous 1rs doutes; mais "je crois pouvoir répondre (pie les collections séreuses se forment entre les fléchisseurs et le ligament annulaire antérieur du carpe. En effet : 1° Les kysles en bissac sont très superficiels, et paraissent presque sous-cutanés au-dessus et au-dessous du poignet. 2° La tumeur fait une saillie considérable et elle est étranglée parle ligament annulaire antérieur du carpe. Cette saillie et cet étranglement ne seraient pas aussi distincts, si la tumeur occupait la gaîne profonde, et si elle était recouverte par le faisceau des muscles fléchisseurs profonds et superficiels. 3° Du côté de la main , la tumeur ne s'étend pas à plus de 2 ou 3 centimètres au-dessus du ligament annulaire. Ces dispositions sont exactement celles de la gaîne synoviale superficielle, k" Enfin, aucune des opérations dans lesquelles on a ouvert cette gaîne n'a été suivie de la lésion du nerf médian. Ce nerf est donc en arrière du kyste, et celui-ci est donc dans
(i) Recherches sur les kystes synoviaux de la main et des doigts (Memoires de l'Académie de médecine, Paris, 1802, t. XVI, p. 367 et suiv.).
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la gaine antérieure. Si ces faits sont bien observés, voici quels sont les rapports des kystes en bissac.
A la partie inférieure de l'avant-bras, ils sont recouverts par l'aponévrose antibrachiale, par le muscle petit palmaire, et souvent ils s'étendent de charpie côté, au-dessous du grand palmaire et du cubital antérieur. En arrière ils recouvrent le nerf médian et les tendons des fléchisseurs superficiels. Les artères radiale et cubitale les côtoient en dehors et en dedans. J'insiste surtout sur la position du nerf médian, qui, d'après mon opinion, est placé en arrière et n'est exposé à aucune lésion dans les opérations qu'on peut tenter sur les kystes.
Au niveau de la main, la tumeur est plus profondément située. Indépendamment de l'aponévrose et de la peau, beaucoup plus épaisse dans cette région qu'au niveau du poignet, on trouve un tissu cellulaire graisseux dans lequel entrent les divisions de l'arcade palmaire superficielle.
Quoi qu'il en soit de cette question de siège qui demande de nouvelles recherches, les traitements qu'on peut mettre en pratique dans les kystes de la partie antérieure du poignet sont les mêmes que ceux des hydarthroses; ils peuvent donc borner leur action aux parties extérieures, ou consister en des opérations sur la poche même du liquide.
Médications extérieures. — Pour ce qui regarde ces médications, je me contenterai de renvoyer à l'article Hydarthrosc, et de dire quelques mots sur les résultats qu'elles ont produits dans le cas spécial que nous examinons.
« En associant les pommades résolutives, les topiques alcalins et les vésicatoires volants, j'ai guéri, dit M. Velpeau (1), quatre malades affectés de tumeurs en bissac et crépitantes de la région palmaire du poignet. Un jeune homme de la clientèle de M. Rayer portait depuis plusieurs mois une de ces tumeurs. Nous la fîmes couvrir d'un large vésicatoire volant tous les dix jours; des frictions furent faites, matin et soir, sur la place de Pépispastique, tantôt avec la pommade d'iodure de plomb, tantôt avec la pommade mercuricUe. La guérison eut lieu dans l'espace de trois mois. Un homme âgé de cinquante ans, et qui portait une de ces tumeurs apercevable défi) Dictionnaire de médecine, t. XXV, p. 3i3.