KYSTES OU POIGNET. GO
puis quelques mois seulement, en a été guéri par (rois ponctions, au moyen de l'aiguille en 1er de lance, de quatre vé.-icatoires volants, de linges imbibés tle solution de sel ammoniac, et de frictions avec l'onguent napolitain. Lue jeune remine affectée de tumeur crépitante du poignet, et qui redoutait à l'extrême toute espèce d'opération chirurgicale, en fut guérie dans l'espace de cinq mois, au moyen de vésieatoires volants répétés, de frictions résolutives et de la compression. Enfin, les vésicatoires volants, les compresses imbibées de solutions salines, puis la compression longtemps continuée, m'ont suffi cliez une femme âgée de trente ans, qui portait une de ces tumeurs depuis plusieurs années. »
Les cautères et les moxas placés sur les kystes en bissac peuvent-ils être plus efficaces que des vésicatoires et des applications résolutives? J'ai lieu de le croire, d'après des observations assez nombreuses dans lesquelles j'en ai fait usage. Le changement obtenu s'est toutefois borné, dans quatre cas dont j'ai conservé l'observation, à une diminution du volume de la tumeur et de la gène des mouvements; jamais je n'ai obtenu la dissolution des granules que le toucher faisait reconnaître et la disparition complète des accidents. J'ai été plus heureux par l'emploi de l'iode administré suivant la méthode endermique, ainsi que le démontre un fait publié par M. Philipeaux (1).
Opérations. — Les opérations sous-cutanées, celles qui ne nécessitent point une large ouverture de la peau, et qui peuvent dès lors ne point entraîner de suppuration, sont l'écrasement, les ponctions, les incisions et les injections.
Lïécrasement, qui peut rendre des services dans les kvstes situés sur le dos du poignet, est inapplicable à ceux qui nous occupent.
La ponction simple, et même la ponction suivie de l'aspiration avec la seringue de M. Guérin, ne permettent pas de vider le kyste. Les grumeaux que celui-ci contient s'engagent dans le tube du trocart , l'obstruent et empêchent l'évacuation du liquide. J'ai observé cet inconvénient, du reste prévu, dans le seul cas où j'ai mis ce procédé en usage.
(i) Mémoire sur l'absorption de l'iode, dans lf Bulletin <ic thérapeutique,
iR.r)^.
Les suites Je cette ponction parurent complètement innocentes; mais la malade, étant sortie huit jours après qu'elle eut été faite, s'exposa à un refroidissement. Il survint immédiatement après une inflammation au bras qui se termina par suppuration. La suppuration fut longue, et cependant, quand elle fut terminée, la malade, qui était jeune, recouvra l'usage de sa main, lequel était presque complètement perdu.
La ponction avec l'aiguille à cataracte, suivant le procédé de M. Cumin, n'a pas été j à ma connaissance, appliquée aux kystes en bissac de la face antérieure du poignet ; sans aucun doute, elle serait complètement insuffisante.
La même absence d'observations ne permet pas de juger la valeur des larges incisions sous -cutanées, suivant la méthode de MM. Barthélémy et Marchai (1). Si on les pratiquait, on pourrait agir sur la face antérieure du kvstedans la région du poignet, la seule où l'on trouve un tissu cellulaire assez lâche pour que la sérosité et les grumeaux fibrineux puissent s'y répandre, ou sur le ligament annulaire antérieur du carpe. Comme ce ligament a pu être incisé avec Ja peau par Warner et par Gooch, sans que les mouvements des doigts aient été perdus, et que sur le cadavre cette opération n'est pas suivie du déplacement des tendons fléchisseurs, quels que soient les mouvements qu'on imprime à la main, une section souscutanée n'est pas inadmissible.
Quoi qu'il en soit, l'expérience ne permet pas de se prouoncer sur la valeur de cette opération; mais à en juger par les résultats obtenus sur le dos du poignet, on ne peut en espérer que des succès très incomplets.
L'injection iodée n'a pas été appliquée aux kystes de la partie antérieure du poignet ; la difficulté d'en extraire le liquide par une ponction, et la présence des corps fibrineux semblables à des pépins de poire, qui nagent dans le liquide, ont sans doute éloigné de cette opération. Il y a lieu cependant de la tenter. Les corps nageant dans le liquide et que l'on ne peut plus considérer, avec Dupuvtren, comme des hvdatides, mais qui sont formés par la lymphe plastique, ainsi que l'a démontré
(i) Annales de chirurgie, t. IV, p. 44(,> *• VIII. \i. 3".