‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 114 sur 151 · KYSTES DU POIGNET. G · texte numérisé non relu

KYSTES DU POIGNET. G

M. Velpeau, peuvent sans doute être dissous par l'induré de potassium et être résorbés après cette dissolution. Sans doute aussi ou peut se contenter, s'il ne soit qu'une petite quantité de liquide, d'injecter de la teinture diode pure , connue je l'ai lait dans des hydarthroses.

Les opérations dans lesquelles on ouvre assez largement le kyste pour que l'air puisse y pénétrer sont 1" : le selon passé dune extrémité à l'autre de la tumeur; 2° la cautérisation assez profonde pour pénétrer dans sa cavité; 3° enfin 1 incision étendue à toute la face antérieure du kyste , ou bornée à la division des parties molles au-dessus et au-dessous de celui-ci.

(Quelle que soit celle de ces méthodes que l'on adopte, elle peut entraîner les plus graves accidents; ce sont non seulement des inflammations et des abcès qui envahissent la main et lavant-bras, mais des résorptions purulentes qui peuvent être suivies de mort. Les observations de Boycr, de Kicherand,de Dupuytren et de Lisfranc démontrent trop bien la gravité de ces opérations pour que Ton puisse s'y décider, surtout aujourd'hui que l'on a, dans l'absorption de l'iode par la méthode endermique, dans les incisions sous la peau et dans les injections iodées, des ressources ignorées de ces auteurs.

§ 2. K.ygtei placé* sur le do» du poignet.

Dans ces kystes, les résolutifs, quoique d'un emploi toujours incertain, offrent plus de chances de succès que dans ceux de la paume de la main ; ils ne peuvent suffire toutefois que lorsqu il n'y a point de concrétions granuleuses mélangées au liquide.

\S écrasement de la tumeur avec les pouces est une méthode généralement employée; elle exige une pression forte et instantanée. J'ai remarqué que, si l'on échouait souvent dans ces tentatives d'écrasement, c'est que l'on ne donnait pas à la main une position telle que la tumeur ne pût échappera la pression : la main ne doit pas être étendue et placée sur une table; elle doit être fléchie et appuyée sur un corps arrondi. Dans cette position, les os du carpe fournissent un point d'appui solide, ce qui facilite beaucoup la rupture de la tumeur.

On a imaginé divers moyens pour faciliter cet écrasement,

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tels que l'interposition d'un morceau de carton en forme de pelle, l'usage d'un étau réglé par un dynamomètre? et, au lieu d'une pression forte, ou a emplové la percussion avec un maillet. Ces moyens violents ou compliqués sont inutiles; la pression avec les doigts doit leur être préférée. Maïs si Ton veut agir avec toute l'énergie nécessaire, il ne faut point presser avec la pulpe des pouces, comme le conseillent la plupart des ailleurs, mais avec le dos du doigt indicateur fléchi. En se servant de ce corps beaucoup plus résistant, et en plaçant la main dans la position dont j'ai démontré plus haut les avantages, on réussit dans la grande majorité des cas.

Mais l'écrasement ne donne le plus souvent que; des résultats momentanés; car le liquide se reproduit et le kyste reparait. On peut toutefois obtenir des succès définitifs, en renouvelant les écrasements par des pressions assez fortes et assez prolongées pour déterminer de la douleurct une inflammation adhésive. Des vésicatoires pansés avec la pommade iodée et la compression circulaire sont souvent des adjuvants utiles pour assurer et maintenir la gnérison.

C'est pour les kystes du poignet qu'ont été surtout pratiquées les opérations sons-cutanées ; on y a fait des ponctions simples, des ponctions suivies de la lacération de l'intérieur du kyste suivant le procédé de M. Cumin. On a fendu le kyste en amande, ainsi que l'a conseillé M. Harthélemv, ou longitudinalement, à l'exemple de M. Marchai.

Quel que soit celui de ces procédés qu'on mette en usage, on est exposé aux récidives , ainsi que M. Velpeau l'a constaté dans plusieurs essais; et, de plus, lorsqu'on fait de grandes incisions sous-cutanées, on divise des filets nerveux et l'on produit dans les doigts des douleurs et des perles de sensibilité pénibles et plus ou moins durables.

V injection iodée n'expose point à tous ces accidents ; elle réussit au poignet aussi bien tpie dans les hydroçèles, ainsi que le démontrent les observations de M. Velpeau. Sur dix opérations qu'il avait faites en 18^1 (1), il avait obtenu dix succès, et l'une de ces réussites avait eu lieu même chez un malade

fi) Annales de la chirurgie française, t. YIIï, ji. i.Ti ;t snîv.

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