‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 115 sur 151 · TUMEUR BLANCHE DU POIGNET · texte numérisé non relu

TUMEUR BLANCHE DU POIGNET

où des granulations flottaient clans la sérosité. Lorsque l'écrasement ne peut réussir, ou qu'il est suivi de récidive, la méthode des injections iodées est sans aucun doute celle que l'on doit préférer.

1 À incision, Y extirpa lion des kystes, le passage d'un Séton h travers leur épaisseur, et, en général, toutes les opérations qui entraînent la suppuration exposent à trop d'accidents et sont trop inférieures aux méthodes sous-cutanées pour qu'on puisse les adopter et qu'il soit nécessaire d'en traiter avec détail.

Art. IV. — Tumeur blanche du poignet.

Dans ces tumeurs blanches, il faut redresser le poignet, s'il est incliné vicieusement dans un sens ou dans l'autre; l'immobiliser momentanément s'il est le siège d'une inflammation aiguë, et lui donner un tuteur si la tête du cubitus tend à se luxer en arrière. Les moyens qui permettent de remplir ces indications ont été décrits pages 589 et 594 , je me contente de les indiquer.

Les mouvements artificiels ont ici, comme dans les autres tumeurs blanches, une grande importance, et doivent être mis en pratique d'après les règles générales que nous avons tracées à ce sujet.

Voici l'observation d'un malade chez lequel ils ont été com binés avec diverses médications, et, en particulier, avec l'emploi d'un tuteur.

XI.C Observation. — Maladie du poignet droit datant de six ans; tumeiti fongueuse de l'articulation radio-carpienne ; gonflement ; douleurs vives; pronation de la main; absence de mobilité'. Traitement par divers moyens, et en particulier par les mouvements artificiels. Amélioration.

J.-Phil. Farces, âgé de quarante-quatie ans, est entré dans la salle île clinique le 8 octobre 1 848. A cette époque, il souffrait du poignet droit depuis six ans, et depuis une année il avait été force' d'interrompre le travail de sa profession de cultivateur. Après avoir suivi chez lui divers traitements infructueux, il vint une première fois à l'tlôtel-Dieu de Lyon, au commencement de L'année 1848. Le chirurgien dans le service duquel il fut placé combattit l'inflammation et la douleur dont le poignet était le siège par des applications de sangsues, par des cataplasmes émollients, et par l'immobilité. Plus laid, il

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eut recours au cautère actuel et 1 1 1 sur le poignet cinq raies de feu. Ce* moyens, ainsi que les douches de vapeur cl les divers Siniments nus en usage, ne produisirent aucune amélioration.

Lorsque îe malade fut soumis à mon examen, il existait, au niveau de l'articulation radio-earpienne, une tumeur molle et sans fluctuation (|ui, plus saillante en arrière, s'étendait aussi en avant et sur h s cotés. La circonférence du poignet était de 0,20 centimètres du enté droit, à gauche, elle n'était que de 0,168 millimètres. La peau était légèrement rouge et tendue sur la tumeur; celle-ci était le siège d'un sentiment de chaleur et d'une douleur vive, surtout pendant la nuit.

La main était dans la prouation et en même temps légèrement flécliie et inclinée sur son bord radiai. Il y avait luxation incomplète de l'extrémité inférieure du cubitus en arrière; les doigts étaient drrns l'extension et rapprochés les uns des autres.

Les mouvements spontanés étaient tout à fait impossibles. Si l'on essayait de faire mouvoir les jointures, on provoquait des douleurs très vives et l'un constatait que toutes les articulations étaient enroidies. Il n'y avait pas de craquements, mais, au dire du malade, ils avaient existé à une époque antérieure. L'cnroidissement du poignet était entretenu par le développement des fonfôsités et par l'ulcération des cartilages. L'absence des mouvements normaux coïncidait avec le ramollissement des ligamentsjon en trouvait la preuve dans la luxation incomplète du cubitus et dans la facilité avec laquelle on imprimait à la main des mouvements de glissement sur l'extrémité inférieure du radius.

De l'ensemble de ces symptômes, il résultait que nous avions affaire à une a illicite avec production de fongosités; en d'autres termes, aune tumeur blanche du poignet.

Les traitements antérieurs n'ayant produit aucun résultat utile, il me parut qu'il y avait lieu île recourir à une autre méthode de traitement, et spécialement de substituer à l'immobilité un exercice méthodique des mouvements. Tous ceux de la main et des doigts étaient perdus. Pour les exercer tous, on mit en usage successivement et alternativement tous les appareils destinés au poignet. Le traitement fut commencé le 18 octolire. Pour faire cesser la sensation de chaleur, je prescrivis des applications fréquemment renouvelées de compresses trempées dans l'eau froide. (Je préférerais aujourd'hui les frictions avec la pommade au nitrate d'argent.)

Les premiers résultats du traitement fuient la diminution de la douleur et du gonflement et la cessation du sentiment de chaleur. Après un mois, les mouvements, d'abord très limités, étaient devenus plus faciles et moins douloureux; cependant l'amélioration était sous ce rapport lente ci imparfaite.

Le if) janvier 18^9, le malade fut soumis à l'action du chloroforme, et pendant son sommeil j'imprimai au poignet et aux doigts des mouvements modérés dans tous les sens. Je m'appliquai surtout à faire cesser l'état de prona* lion dans lequel la main était fixée. Je la ramenai sans beaucoup d'efforts dans une position moyenne entre la pronation et la supination; dans cette attitude, la saillie en arrière île l'extrémité inférieure du cubitus disparaissait. Je lis exercer aux doigts des mouvements de flexion dans toutes leurs articulations.

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