TRAITEMENT PHYSIOLOGIQUE
ceux-ci à une bonne direction. A l'aide d'un moufle, le malade qui y est placé peut se soulever et satisfaire à toutes les exigences de la propreté, sans qu'aucun mouvement se passe dans l'articulation malade.
Ce système d'appareils était presque aussi complet à l'époque où j'ai publié mon Traité des maladies des articulations, qu'il l'est aujourd'hui : le temps n'a fait que confirmer ses avantages , en y apportant toutefois les modifications auxquelles conduit toujours une longue pratique. Cet ouvrage n'apportera donc point de nouveauté importante sous ce rapport; mais il fera connaître l'application des gouttières que j'ai imaginées aux fractures du col du fémur, de la colonne vertébrale, et du col de l'humérus, dont je n'avais point traité dans mon premier travail.
Des dessins nouveaux, et exécutés par un crayon habile, en donneront une idée plus satisfaisante et plus complète que je ne l'avais fait précédemment.
Quoi qu'il en soit, ces gouttières n'ont pas , comme les appareils de M. Seutin, l'avantage de n'exiger le concours d'aucun artiste. Mais une fois construites, elles demandent beaucoup moins de temps pour être appliquées. Il suffit d'y déposer les membres; ceux-ci peuvent y être maintenus, sans aucune compression, ce qui est très utile dans les inflammations aiguës, et, comme on vient de le voir, elles s'appliquent aussi bien au tronc et aux articulations qui en sont voisines qu'aux extrémités mêmes. Pour toutes ces raisons, elles méritent de se répandre dans la pratique, malgré le degré de perfection auquel M. Seutin a porté le bandage amidonne.
§ 2. Exercice élémentaire des fonctions des jointures.
A. Mouvements simples et communiqués. — Les mouvements dans lesquels les surfaces articulaires frottent les unes contre les autres, ainsi qu'on le voit, lorsque le genou est alternativement fléchi et étendu, constituent l'exercice de l'un des éléments fonctionnels des jointures. Quand, le malade étant assis, ils sont produits artificiellement, c'est-à-dire imprimés par la main ou une machine appropriée, ils s'accomplissent sans
qu'il y ait station verticale, sans déplacement de la totalité du membre, sans pression réciproque des surfaces articulaires , et sans contraction des muscles.
On fait exécuter ses mouvements à une jointure enroidie, en fixant la partie du membre qui est supérieure à la jointure pendant qu'on fait mouvoir celle qui est au-dessous. Le procédé le plus simple qu'on puisse suivre alors consiste dans l'emploi des mains; mais ce procédé, recommandable parce qu'il n'exige l'emploi d'aucun moyen spécial, a de nombreux inconvénients.
1° Le défaut d'accord entre les efforts musculaires du malade et ceux de la personne qui fait jouer l'articulation s'opposent à l'accomplissement du but qu'on veut atteindre.
2° On manque de moyen régulateur pour diriger ces mouvements dans des limites convenables d'intensité et d'étendue. Souvent trop timides ou trop violents, ils restent sans résultat, ou produisent de vives douleurs.
3° La nécessité de l'intervention d'un aide, qu'il est parfois difficile de trouver, et la fatigue qui gagne promptement l'opérateur, font que les mouvements artificiels ne sont exécutés ni assez fréquemment, ni pendant un temps suffisamment prolongé.
Pour réaliser l'harmonie nécessaire entre les forces extérieures et celles que dirige la volonté du malade, pour éviter toute secousse violente , et pour (pie les exercices soient faits pendant un temps suffisant, c'est-à-dire pendant un quart d'heure à une demi-heure, trois ou quatre fois par jour, il faut que le malade puisse imprimer1 lui-même les mouvements artificiels.
J'ai réussi à réunir toutes ces conditions favorables par l'invention des appareils de mouvement. Ceux-ci offrent tous les moyens nécessaires pour fixer les parties qui doivent rester immobiles , mettre en jeu celles qu'on doit mouvoir , et permettre au malade de faire agir lui-même ses articulations enroidies, sans le secours d'aucun aide.
Je conçus la première idée de ces appareils en 1846 , pendant que je traitais une roideur du coude. Le résultat me conduisit à en étendre l'idée à toutes les articulations. Les prin-