‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 18 sur 151 · JUINS ET DOUCHES D EAU · texte numérisé non relu

JUINS ET DOUCHES D EAU

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La pompe dont je nie sers, et qui est représentée ici, est à jet continu; terminée par un embout d'un centimètre de diamètre, elle lance Tenu horizontalement à quinze mètres de distance, et débile trente litres d'eau par minute. La percussion quelle exerce est dès lors très puissante.

Le tabouret fenêtre que l'on aperçoit entre les rideaux, supporte les pieds du malade et les éloigne du réservoir dans lequel l'eau est puisée et où elle vient retomber.

Cette eau pouvant être chaude ou froide, ou successivement chaude et froide, on peut donner des douches à lotîtes les températures que l'on juge convenables.

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Bien plus, on peut administrer, un bain de vapeur, en faisant frapper l'eau, que Ton emploie très chaude, contre les parois de la guérite. La vapeur est obtenue alors, comme elle l'est dans l'établissement thermal d'Aix en Savoie.

Quel que soit le mode de construction de la douche, elle ne peut être utile qu'à la condition d'agir sur tout le corps. Si une partie malade doit y être soumise, ce n'est que pendant la durée d'une douche générale, et comme la percussion est essentiellement excitante, il ne faut l'appliquer localement qu'autant qu'il n'y a pas d'inflammations aiguës, et la prolonger assez peu pour qu'elle ne réveille point ce genre d'inflammation.

Au moyen de tuyaux flexibles, un aide peut diriger la douche sous des angles variés et sur chaque partie du corps ; mais les mouvements du malade placé sous une douche verticale en colonne, lui donnent la facilité d'y soumettre, les unes après les autres, toutes les parties du corps, et de les faire percuter suivant les angles les plus variés. La douche exige que l'on ne soit point disposé à la lièvre, et, comme tous les agents énergiques, elle ne doit être que momentanément employée. Sa durée ne doit jamais dépasser sept ou huit minutes, et il ne faut arriver à ce temps que dune manière graduée.

. Art. II, — Bains et douches de vapeur.

Les bains de vapeur peuvent être administrés à l'aide d'appareils spéciaux qu'on ne trouve que dans certains établissements, ou avec des matériaux qu'on a partout sous la main.

A. Dans les établissements, la vapeur est, en général, produite par l'ébullition de l'eau dans des vases fermés et munis de soupapes, d'où elle se rend ensuite par des tuyaux jusque dans la chambre occupée par le malade. Mais ce mode de production de la vapeur n'est pas le seul que l'on emploie, ainsi qu'on le croit généralement. On peut réussir en faisant tomber l'eau chaude contre un corps dur : la pierre, par exemple. C'est de cette manière qu'on obtient des bains de vapeur dans plusieurs établissements çToaux minérales, parmi

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lesquels je citerai surtout Aix-les-Bains et Bourbon-Lancy. L'eau n'a pas besoin d'être à une baute température; lors même qu'elle ne dépasse pas cinquante degrés, la vapeur qui en résulte a toute la chaleur désirable, qui doit être de trentehuit à cinquante degrés. C'est ce qu'on peut constater en visitant les établissements dont je viens de papier., ou en faisant 1 application du système de douche d'eau ebaude que j'ai imagine' avec l'appareil dont on a lu plus haut la description.

La position des malades plongés dans un bain de vapeur peut être horizontale , assise ou debout. La première de ces positions est usitée dans les bains russes; les autres ont été préférées par MM. Gales, Darcet, et Rapou , dont on connaît les travaux remarquables sur les bains de vapeur. Cette préférence est loin d'être justifiée. Quand le tronc est verticalement placé, la tête est dans un milieu plus chaud que les extrémités inférieures; elle est disposée dès lors à se congestionner, et la température plus élevée à laquelle elle est soumise ajoute à l'inconvénient qu'ont tous les bains de vapeur de causer des maux de tête.

Il est à désirer que l'on profite de ces remarques dans les établissements d'eaux minérales, et que les malades qui prennent des bains de vapeur soient couchés et non assis, ainsi qu'on le pratique suivant une habitude qui n'est pas justifiée.

Faut-il que les malades soient plongés en totalité dans la vapeur, comme on fait dans les bains russes et aux eaux minérales ? ou vaut-il mieux que la tète soit libre, ainsi qu'on le voit, lorsque le tronc est renfermé dans une caisse depuis les pieds jusqu'au cou? Ce dernier système me paraît de beaucoup inférieur au premier, quels que soient les perfectionnements que M. Rapou lui ait apportés, en facilitant la diffusion uni forme de la vapeur et son facile renouvellement. Cette infériorité dépend de la position assise, qui est ici la seule praticable, de l'inégalité de température à laquelle sont soumises les diverses parties du corps, et surtout de l'impossibilité de soumettre pendant leur durée les malades aux frictions, aux percussions, aux mouvements et aux moyens que l'on

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pratique dans la vapeur lorsque la chambre où se trouve le malade permet à un aide d'y trouver aisément place.

La température des bains de vapeur ne peut être moindre de trente-huit degrés , et ne doit pas s'élever au-dessus de cinquante-cinq. Le malade y entre lorsque l'on a obtenu la première de ces températures , et celle-ci ne doit être que graduellement élevée, en tenant compte de la susceptibilité et de l'habitude du sujet à supporter le bain de vapeur. On obtient l'élévation graduelle de la chaleur, soit par l'abord d'une plus grande quantité de vapeur dans la chambre où se trouve le malade, soit en faisant passer celui-ci dans des chambres de plus en plus chaudes, ainsi que les Arabes ont coutume de le pratiquer en Algérie.

La durée des bains de vapeur doit être au moins de dix minutes à un quart d'heure, et ne pas dépasser quarante à quarante-cinq minutes : leur usage prolongé pendant plusieurs semaines est indispensable pour obtenir des changements utiles.

La congestion sanguine et les maux de tête que produisent souvent les bains de vapeur les rendent difficiles à supporter par un grand nombre de malades; plusieurs en sont affaiblis et en deviennent sujets à des sueurs abondantes et passives. Ces inconvénients ont conduit à en diminuer l'emploi et à répandre l'usage des bains russes, qn'on leur a presque généralement substitués.

B. Les moyens commodes, et praticables partout, d'administrer des bains de vapeur sont ceux qui consistent à envelopper de linges humides des briques chaudes ou de la chaux.

Le procédé parla chaux a été indiqué, je crois, par M. Serre (d'Alais). Pour le pratiquer on prend une mauvaise serviette, on la mouille et on la plie en quatre doubles, en plaçant au centre des morceaux de chaux qu'on arrose d'un peu d'eau. La chaux en passant à l'état d'hydrate dégage immédiatement une chaleur suffisante pour produire de la vapeur d'eau. Deux pièces semblables à celles que je viens de décrire sont placées dans le lit à droite et à gauche du malade et disposées de manière à ne pas brûler celui-ci. Aussitôt qu'il est bien couvert,

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