MÉDICATION SULFUREUSE
Pourrait-on faire disparaître ces inconvénients en évitant tonte altération de l'air, et en n'élevant jamais la température au-dessus de 38 à UO degrés centigrades? Il est permis d'en douter. L'air chaud et sec ne peut être respiré ; et il y a tant d'analogie entre les fonctions de la muqueuse pulmonaire et celles delà peau, qu'une méthode antipathique à la première ne peut convenir à la seconde.
Les effets des bains locaux dans l'air chaud et sec ne mont pas semblé plus encourageants que ceux dont il vient d'être question. Dans les cas, peu nombreux, il est vrai, où j'en ai fait usage, les douleurs n'ont pas été calmées, et les malades ont éprouvé une fatigue semblable à celle que produisait Tétuve, dans laquelle la plus grande partie du corps est plongée.
Toutes ces observations nous conduisent à proscrire les bains d'air chaud et sec, et, si j'en ai parlé, c'est surtout pour repousser leur emploi.
Il n'en est pas de même de Y insolation, qui est une espèce de bain d'air chaud.
Quoique des observations précises ne permettent pas d'apprécier la valeur de cette médication puissante, il est certain que le soleil exerce sur les animaux, comme sur les plantes, une action vivifiante que la chaleur artificielle ne peut jamais remplacer. Sa bienfaisante influence augmente la transpiration et lui donne des qualités normales. Ce n'est pas seulement l'eau qui est alors plus abondamment sécrétée, mais les matières sébacées et odorantes de la peau. La coloration très intense qu'ont les peuples du Midi et tous ceux qui s'exposent aux rayons du soleil, prouvent que chez eux le pigmentum est sécrété en plus grande quantité, ce qui fait présumer que les principes constituants de la sueur y sont également produits avec plus d'activité.
Art. V. — Médication sulfureuse.
Le mode le plus efficace suivant lequel on puisse employer les préparations sulfureuses, est celui qui est mis en usage dans les établissements d'eaux minérales, et particulièrement dans ceux où l'eau est tout à la fois chaude et abondante. Ces
56 TRAITEMENT GÉNÉllAL.
conditions indispensables à l'administration des eaux sulfureuses, non seulement en boissons et en bains ordinaires , mais en bains de piscine, en douches et en vapeur, se trouvent réunies dans Jes établissements d'Aix en Savoie, de Cauterets ; mais surtout dans le premier de ces établissements, où le mode d'administration des eaux, bien plus que leur composition, contribue aux résultats que Ton obtient chaque année.
Comme l'expérience ne laisse aucun doute sur l'immense supériorité des traitements sulfureux tels qu'on les pratique aux eaux minérales, sur tous les traitements du même genre qu'on emploie à domicile, nous devons d'abord les étudier avec soin; nous chercherons ensuite à l'aide de quelle méthode on peut les imiter sans trop affaiblir leur puissance.
Eaux minérales sulfureuses. — Toutes les eaux minérales sulfureuses ont pour caractère commun, la solution dans l'eau d'une certaine quantité d'acide sulfhydrique.
Les plus simples sont celles où cet acide dissous n'est pas combiné avec des bases. Telles sont les eaux d'Enghien et d'Allevard. Ces eaux sont froides , et l'on a besoin de les chauffer pour les donner en bains et en vapeur.
Dans la plupart des eaux sulfureuses', l'acide sulfhydrique est combiné en plus ou moins grande proportion avec des bases, et spécialement avec la chaux ou avec la soude. M. Fontan , dans ses belles recherches sur les eaux des Pyrénées, a établi une grande différence entre les eaux à base de soude et celles à base de chaux. Suivant lui, ces dernières (Aix, Louesche) résultent de la transformation du sulfate de chaux, sous l'influence de leur contact avec des matières organiques. Elles sont artificielles , pour ainsi dire, et se rencontrent dans les terrains secondaires ou tertiaires. Les premières, c'est-àdire celles qui contiennent du sulfhydrate de soude, sortent des profondeurs du sol dans l'état où elles s'offrent à notre observation, et elles ont leur source dans les terrains granitiques. C'est à cette espèce qu'appartiennent toutes les eaux des Pyrénées. Les plus célèbres sont celles de Baréges, de Cauterets et de Bagnères de Luchon.
Toutes les eaux sulfureuses sont limpides à la source et chaînées de leurs principes minéralisateurs ; mais elles se dé-