‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 21 sur 151 · MÉDICATION SULFUREUSE · texte numérisé non relu

MÉDICATION SULFUREUSE

composent et s'altèrent rapidement dès qu'elles sont exposées au contact de l'air. L'acide sullhydrique libre s'évapore en partie dans l'air, et se décompose en eau et en soufre qui se précipite.

Les sulfhydrates alcalins décomposés par l'acide carbonique et l'oxygène de l'air, forment des carbonates et des hyposulfites pendant que se dégage une partie de l'hydrogène sulfuré, qui se décompose, à son tour, et laisse précipiter du soufre.

Indépendamment des substances que nous venons d'indiquer, les eaux sulfureuses contiennent en général des carbonates de soude, des eblorures de sodium, etc., etc. Dans la plupart, on voit se former, par le repos, un nuage glaireux produit par une substance végèto-animale, fournissant du charbon et de l'azote par la carbonisation, et que Ion désigne sous le nom de glairine ou de barégine. Enfin, presque toutes les eaux sulfureuses sont chaudes ; on n'en connaît qu'un petit nombre de froides , parmi lesquelles nous avons déjà cité celles d'Alievard et d'Enghien.

Dans les établissements complets , comme celui d'Aix en Savoie, les eaux sont administrées sous toutes les formes : à l'intérieur, en boisson ; à l'extérieur, en bains dans l'eau minérale , en bains dans la vapeur, en douches d'eau ou de vapeur sur tout le corps ou sur quelques parties seulement. Les bains se donnent non seulement dans des baignoires, mais encore dans des piscines où l'on peut se livrer à la natation ; les douches, tantôt avec l'eau chaude, tantôt avec l'eau froide, dans quelques cas, à la manière écossaise, c'est-à-dire en faisant passer alternativement le malade de la douche chaude à la douche froide. La quantité de boisson prise intérieurement varie beaucoup, suivant les sujets. En général ,kon en boit un à trois verres par jour; la durée du traitement est ordinairement d'un mois.

Ce traitement énergique produit, indépendamment de la cure de telle ou telie maladie, des effets extrêmement remarquables; il détermine des transpirations extrêmement abondantes, manifestes, surtout au sortir des bains d'eau ou de vapeur. La peau devient le siège d'une congestion active, et,

dans quelques cas, lorsque le traitement a été prolongé pendant deux ou trois semaines, il s'y manifeste une éruption de petites papules et même de vésicules, que l'on désigne sous le nom de poussée. Indépendamment de cette action puissante sur l'enveloppe cutanée , le traitement par les eaux minérales sulfureuses produit une excitation générale qui se traduit par l'insomnie, la fréquence plus grande du pouls, et quelquefois par une véritable fièvre qui oblige de suspendre au moins momentanément toute médication énergique.

Ces effets se prolongent bien au delà de l'époque pendant laquelle le traitement sulfureux est administré. Il est des malades qui , dans les deux ou trois mois qui suivent leur séjour à Aix, éprouvent une chaleur générale, avec transpiration abondante, à l'heure a laquelle ils avaient l'habitude de prendre leurs douches et leurs bains.

Des recherches suffisantes manquent pour décider si la transpiration produite alors renferme tous les éléments de la sueur normale, ou si elie est simplement aqueuse; mais on ne peut douter que l'impressionnabilité du malade au froid ne diminue par l'effet de ce traitement.

Les observations générales, que nous venons d'exposer, expliquent en partie les effets thérapeutiques des eaux sulfureuses. On voit qu'elles peuvent agir, d'un côté, par la congestion active qu'elles déterminent à la peau , ainsi que par les transpirations abondantes qui suivent leur emploi; d'un autre côté, par la fièvre artificielle qu'elles déterminent. C'est à cette fièvre que Bnrdeu, qui a tant contribué à faire connaître les propriétés des eaux sulfureuses, attribuait les effets avantageux, qu'elles produisent. Elles amènent, suivant lui, les maladies chroniques à cette période de crise qui les juge, comme les crises spontanées terminent heureusement les maladies aiguës.

Dans l'explication des effets avantageux des eaux sulfureuses , il ne faut pas négliger de tenir compte de l'absorption du soufre et de sa pénétration dans le sang. Cette absorption est prouvée par les analyses chimiques, qui permettent de reconnaître ce métalloïde dans la sueur et dans l'urine des malades. On doit à M. Rigolot (d'Allevard), plusieurs expé-

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