‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 22 sur 151 · M INDICATION SULFUREUSE · texte numérisé non relu

M INDICATION SULFUREUSE

riences qui prouvent ce transport du soufre dans la circulation et qu'il a consignées dans un travail remarquable sur les eaux dont il était le médecin inspecteur.

Traitement sulfureux à domicile. — En présence de pareils faits, auxquels nous ajouterons plus tard l'histoire des résultats thérapeutiques que produisent les eaux sulfureuses dans le rhumatisme chronique et dan s les arthropathies scrofuleuses, on sent combien il serait nécessaire de pouvoir employer à domicile une semblable méthode de traitement et d'éviter des voyages que ne peuvent exécuter le plus grand nombre des malades. Malheureusement il est impossible de reproduire clans les hôpitaux ou dans la pratique civile un traitement dont l'efficacité soit comparable à celui des eaux sulfureuses à la source. Cette opinion était celle de Bordeu , qui avait puisé ses convictions dans des observations cliniques; c'est aussi celle des médecins chimistes.

Cette impossibilité de reproduire à domicile le traitement par les eaux sulfureuses ne me laisse pas moins cette conviction que si l'on veut faire un traitement par le soufre , il faut, autant que possible, se rapprocher de celui qu'on emploie aux sources minérales, c'est-à-dire qu'il faut combiner l'usage des préparations internes avec celui des bains, et employer ces moyens à doses assez élevées pour produire d'abondantes transpirations et une fièvre artificielle; faire suer les malades dans leurs lits au sortir des bains , et continuer le traitement pendant plusieurs semaines, pour le suspendre ensuite et en attendre les effets. Sans doute, c'est au défaut de ces précautions qu'il faut attribuer l'insignifiance des résultats qu'on obtient en général des traitements sulfureux.

Essayons toutefois d'indiquer à quelles conditions ces traitements à domicile pourront être suivis de quelque succès.

1° Boisson. — De toutes les solutions soufrées, celles qui doivent être préférées sont les eaux naturelles elles-mêmes prises à la source, et conservées avec les précautions les plus attentives pour que l'air ne soit jamais en contact avec elles. Les Eaux-Bonnes, qui ne sont employées qu'en boisson, sont plus usitées que toute autre. On les prend à la dose d'un demiverre, à deux ou trois verres par jour, pures ou mélangées à

«ne autre boisson , en général avec du lait chaud. On peut employer de la même manière les eaux d'Enghien,d'Allevard, etc.

Il existe à Naples, dans le centre de la ville, une source d'eau sulfureuse, celle de Sainte-Lucie, à laquelle viennent boire, dans la belle saison et à toutes les heures du jour, un nombre immense de personnes, malades ou bien portantes: Cette eau sulfureuse est fraîche et agréable. Une grande quantité d'acide carbonique s'y trouve dissous, et sans doute la présence de ce gaz, en masquant le goût de l'acide sufhydrique, donne à cette eau la saveur aigrelette qui la fait rechercher. Ne pourrait-on pas imiter cette composition en prenant des eaux sulfureuses naturelles mélangées avec de l'eau gazeuse?

L'expérience n'a pas encore prononcé à ce sujet; mais il est à présumer que ce mélange ne pourrait réussir que pour les eaux dans lesquelles l'acide sulfhydrique est libre; cardans celles qui contiennent des sulfhydrates alcalins, l'addition de l'acide carbonique met en liberté l'acide sulfhydrique et rend, par conséquent, l'odeur et le goût plus désagréables qu'ils ne l'étaient avant le mélange.

Cependant, comme les eaux sulfureuses naturelles sont d'un prix élevé et qu'elles s'altèrent rapidement, il faut rechercher comment on peut les remplacer par des boissons sulfureuses. Les solutions artificielles d'acide sulfhydrique ou de sulfhydrate de soude paraissent être de véritables poisons, et, soit réalité, soit prévention résultant des expériences de Thenaid et de Dupuytren, elles ne sont jamais employées. Reste le soufre en nature. Celui que l'on trouve ordinairement dans le commerce, c'est-à-dire le soufre sublimé, peut être donné en opiats, en pastilles ou délayé dans du lait; mais tous ces modes d'administration s'éloignent tellement de celui que nous avons pris pour type, que Ion ne peut s'y arrêter définitivement. Son assimilation a même été contestée, et plusieurs chimistes ont été conduits à considérer comme préférable le soufre pris dans un état moléculaire et doué de peu de cohésion et voisin de celui que les chimistes appellent état naissant. Ces conditions sont extrêmement favorables aux combinaisons nouvelles, et, par conséquent, à la dissolution dans les liquides

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