‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 23 sur 151 · MÉDICATION SULFUREUSE (H · texte numérisé non relu

MÉDICATION SULFUREUSE (H

alcalins du tube digestif. Il convient enfin d'insister sur le

mode d'administration par doses réfractées, afin d'obtenir de l'intestin, sans fatigue et sans perte, les sucs nécessaires à l'absorption.

Deux préparations de soufre semblent devoir remplir les conditions voulues, l'une, anciennement connue : le magister de soufre; l'autre, plus récemment signalée : le soufre brun et visqueux. Ce dernier peut être le produit de la précipitation du sulfure de cuivre par l'eau régale, ou de la fusion du soufre maintenu à 160 degrés (1).

2° Bains sulfureux. — Pour imiter les bains sulfureux, l'usage est de faire dissoudre dans l'eau une certaine quantité de sulfure de potasse.

Il suffit d'avoir comparé l'aspect bourbeux et repoussant de ces bains avec la transparence et la limpidité des eaux sulfureuses naturelles, pour comprendre à quel point l'imitation est grossière et éloignée du type que l'on doit tâcher d'atteindre.

M. Anglada, dont le nom est attaché à des travaux importants sur les eaux des Pyrénées, a proposé une composition artificielle des bains sulfureux, dans laquelle il a cherché à imiter, autant que possible, les eaux des Pyrénées sous le rapport de la composition et de la proportion des principes minéralisateurs. Voici la formule qu'il propose ;

Sulfure de sodium cristallisé. . , . 0,216

Carbonate de soude cristallisé. . . 0,216

Chlorure de sodium 0,216

Eau privée d'air 1 litre.

En multipliant tous ces chiffres par 300, on voit que la somme des sels qui seraient versés dans un bain de 30 0 litres, serait de 19^,40, sur lesquels le sulfure de sodium serait de 6^,80.

Comme l'observe M. Fontan, cette formule néglige l'acide sulfhydrique dissous dans l'eau et non combiné avec la soude.

(1) Voyez le travail de M, Hannon, Presse médicale et Bulletin thérapeutique, 1 85 1 .

Suivant lui, il faudrait ajouter 3 centilitres d'eau hydro-sulfurée par litre, soit 9 litres par bain.

Pour éviter les complications et les dépenses qui résulteraient de cette addition, M. Ferrand, pharmacien à Lyon, propose d'augmenter la dose du sulfhydrate prescrit par M. Anglada, et d'ajouter au bain de l'acide chlorhydrique, qui formerait un chlorure de sodium et produirait de lhydrogène sulfuré.

Quoi qu'il en soit, le bain de M. Anglada paraît doué d'une activité bien inférieure à celle des bains naturels, et les additions que l'on propose d'y faire, le rendent d'un emploi difficile et d'une odeur repoussante.

Il suit de là que, dans la préparation des bains sulfureux, il faut probablement se borner aux formules généralement usitées, c'est-à-dire employer la dissolution du persulfure de potassium.

La dose que l'on adopte généralement est, pour les adultes, celle de Ci grammes, et on l'augmente successivement jusqu'à 100 et 120 grammes, quantité qui ne doit pas être dépassée.

Rien ne prouve que l'addition de l'acide sulfurique, proposée par Uupuytren , ajoute à l'efficacité du sulfure de potasse.

La baignoire doit être de bois ou de marbre, et la durée du bain de trois quarts d'heure à une heure.

3° Douches et vapeurs sulfureuses. — On voit combien il est difficile, sous le rapport des boissons et des bains, d'imiter à domicile le traitement par les eaux sulfureuses naturelles. La difficulté est bien plus grande encore, si l'on veut reproduire les douches. On peut cependant le faire en suivant les procédés que nous avons décrits page 3 4 et suivantes. Il suffit d'ajouter une certaine quantité de sulfure à l'eau dont lebullition produit la douche de vapeur, ou à celle qui forme la douche d'eau. Dans l'un et l'autre cas, on doit être prévenu que le soufre noircit et altère tous les métaux avec lesquels on le met en rapport.

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