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MÉDICATION SALINE

Art. VI. ■ — Médication saline.

Le type de cette médication se trouve dans l'emploi des eaux minérales salines. Ces eaux sont froides ou chaudes.

L'eau de mer est la plus importante parmi les premières; c'est celle dont l'usage est le plus répandu. On l'administre presque uniquement en bains généraux; son action se rapproche beaucoup de celle des bains froids de source et de rivière. Comme ces dernières, les bains de mer déterminent, lorsqu'on les prend par immersion, une vive réaction à la peau; ils diminuent limpressionnabilité au froid; ils activent les forces digestives, et donnent un sentiment général de force. La présence du sel ajoute à ces effets et les modifie profondément. Ainsi, leur effet tonique et excitant est plus grand que celui des eaux pures, quand on n'y reste que quelques instants, et si le bain est prolongé, l'absorption du sel laisse à la suite une excitation générale et une tendance à Ja résolution qui peuvent, dans des cas donnés, produire d'excellents résultats.

Dans l'Océan, l'impulsion de la vague produit uue percussion sur toute la peau, remplace les douches de nos établissements les mieux ordonnés, et ajoute puissamment à l'action des bains de mer.

Les mêmes avantages ne se retrouvent point dans la Méditerranée, et les douches factices, par lesquelles on a cherché à les remplacer, à Cette, par exemple, sont tellement imparfaites, que là comme ailleurs le traitement est réduit simplement à des bains.

Il serait, sans doute, à désirer que l'on transportât dans l'administration des bains de mer les procédés que Priessnitz a introduits dans l'emploi de l'eau froide. Déjà sur les plages où l'on trouve du sable en abondance, et à Cette, en particulier, on fait prendre des bains dans le sable sec et chaud après le bain de mer. Il y a là une alternative du chaud et du froid, analogue à celle que l'on observe dans le passage de la couverture de laine au bain froid. Mais ce n'est qu'un essai insuffisant; et la comparaison la plus superficielle entre les procédés hydrothérapiques et ceux dont je parle, montre

combien il resterait encore à faire, pour que les unes fussent aussi perfectionnées que les autres.

Les eaux salines thermales sont nombreuses et actives. Les plus importantes en France sont, clans l'ordre de leur mine'ralisation, Balaruc (Hérault), Bourbonne-les-Bains (Haute- Marne), Lamotte (Isère), Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), Bourbon-Lancy(Saône-et-Loire), Néris (Allier), Luxeuil (Vosges), Chaudes-Aiguës (Cantal), Plombières (Vosges), Aix (Bouches-du-Bhône). Toutes contiennent, comme éléments communs, des chlorures, des carbonates et des sulfates de soude et de chaux. Quelques unes renferment de la silice, de la magnésie et de la barégine. Leur température est variable : mais à part celles d'Aix en Provence, cette température est au moins de 36 degrés centigrades.

Les eaux salines sont administrées sur les lieux, en bains, en boisson et en douches générales ou partielles. En boisson, on les donne ordinairement à doses assez faibles pour qu'elles ne purgent pas, afin qu'étant absorbées, leur effet excitant et diurétique soit plus marqué. Comme les bains sulfureux, les bains salés excitent vivement la peau, mais ils tendent moins activement à produire une fièvre artificielle, et c'est ce qui fait que, moins utiles peut-être aux tempéraments mous et lymphatiques, ils réussissent mieux chez les personnes irritables et disposées à la fièvre. Lorsque l'état nerveux est très marqué, ce sont surtout les eaux de Néris et de Plombières qui doivent être préférées. Il est à remarquer que les eaux thermales, qui sont le rendez-vous de la haute société de l'Europe, sont en général des eaux salines, comme celles de Lucques en Italie, de Wiesbaden, d'Ems en Allemagne, etc., etc.

Traitement à domicile. — Les sels , dont l'usage à l'intérieur semble le mieux indiqué, sont ceux que l'on trouve naturellement dans les eaux thermales, celles de Néris, de Luxeuil et de Plombières, par exemple, qui sont particulièrement usitées en boissons. Or, ces eaux contiennent toutes des chlorures, des carbonates et des sulfates de soude qui paraissent en former la partie la plus active, et la somme de toutes ces matières minérales ne s'élève à 1/500 pour aucune d'entre elles,

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