FRACTURES ET LUXATIONS
trent comment les mouvements forcés peuvent produire des entorses, des fractures, des luxations, sans que l'existence de lune ou l'autre de ces altérations tienne à d'autres causes qu'à des différences d'âge et de constitution.
Chacun sait que les fractures des malléoles du pied, celles de l'extrémité inférieure du radius, les luxations ou les fractures du coude, du genou, de l'épaule, dépendent uniquement de flexions trop prononcées des membres dans un sens ou dans l'autre. Cette simultanéité de causes ne doit pas être perdue de vue dans la réduction et dans le choix des moyens contentifs. En effet , pour réduire des fractures ou des luxations voisines des jointures , il ne suffit pas d'exercer des pressions pendant que l'on fait tirer les os en sens inverse ; en d'autres termes, il ne suffit pas d'opérer l'extension, la contre-extension, et la coaptation; il faut imprimer aux os des mouvements en rapport avec ceux dans lesquels la fracture ou la luxation s'est produite
La règle générale, sous ce rapport, est de replacer les os dans la direction où ils étaient au moment de l'accident, et de les ramener ensuite à une position complètement inverse. Le bras se luxe dans Vaisselle, pendant que le coude est élevé en arrière et en supination. Pour le réduire, il faut l'élever de nouveau, puis l'abaisser en avant et le tourner dansla pronation.
La fracture de l'extrémité inférieure du radius s'est-elle produite dans un renversement forcé de la main en arrière, on doit , après l'avoir ramenée à cette position, la fléchir fortement en avant.
Ces deux exemples suffisent pour faire comprendre la loi générale. Les applications qu'on en peut faire sont nombreuses ; elles ont été bien saisies , en général , pour les luxalions du bras et de la cuisse, mais on a négligé de les appliquer aux fractures, et, en particulier, à celles du poignet. Par suite de cette négligence, cette fracture si bien étudiée dans ces derniers temps, au point de vue symptomatologique, n'a été traitée que dune manière très imparfaite, comme je le démontrerai plus tard dans un article spécial. (Voy. Poignet.)
La réduction opérée, les moyens contentifs convenables à la suite des entorses trouvent encore ici leur place. Mais s'ils
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n'ont pas besoin d'une nouvelle description, quelques remarques supplémentaires sont cependant indispensables.
Pour que la réduction de la fracture ou de la luxation soit assurée, il faut maintenir les os dans une direction inverse à celle où l'accident s'est produit. Ainsi , pour suivre les exemples cités plus haut , après la réduction des luxations de l'épaule, le coude doit être maintenu au-devant de la poitrine; et dans la rotation en dedans; ainsi la flexion doit être conservée, après qu'on a réduit les fractures de l'extrémité inférieure du radius qui ont été la suite d'une extension forcée.
Les appareils qui maintiennent la réduction peuvent être les gouttières ou les bandages amidonnés qui assurent le repos des articulations (voyez page 12 et suivantes). Cependant, si un chevauchement est à craindre, comme dans les fractures du col du fémur, ou s'il y a tendance à l'écartement, comme dans les fractures de la rotule et de l'olécrânc, quelques dispositions accessoires sont nécessaires pour écarter ou pour rapprocher les fragments.
H va sans dire qu'à la suite des fracturés et des luxations, l'immobilité doit être maintenue pendant le temps nécessaire pour que les parties divisées aient pu se réunir; ce temps doit être aussi court que possible, afin de prévenir l'ankylose.
Lors même que les fractures et les luxations sont anciennes, qu'elles datent de deux ou trois mois, et, à plus forte raison, d'un temps plus court, on peut en tenter la réduction. Les procédés à suivre sous le rapport des tractions, des pressions et des mouvements, sont les mêmes que ceux que réclament des lésions plus récentes; mais, comme les difficultés sont beaucoup plus grandes, des précautions spéciales sont nécessaires. Deux méthodes sont ici en présence : 1° celle des tractions douces, graduées et longtemps prolongées; 2° celle de la rupture violente du cal ou des adhérences qui maintiennent les os dans des rapports vicieux.
Après bien des essais, je n'hésite point à me prononcer pour cette dernière méthode : c'est la seule cpii réussisse et la seule qui soit en rapport avec la nature des obstacles que l'on doit vaincre. Elle est d'une parfaite innocuité, pourvu que les os soient assujettis dans le repos, sans compression douloureuse,
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aussitôt après qu'elle a clé mise eu usage, En parlant des ai> ciennes luxations du coude et de l'épaule, et des fractures de l'extrémité inférieure du radius, je citerai des exemples à l'appui de ces principes.
La réduction opérée et le repos maintenu pendant un temps convenable, il faut s'occuper de rendre à l'articulation ses mouvements perdus. Le rétablissement des fonctions est rendu difficile par l'ulcération des surfaces articulaires dans tous les points où celles-ci se sont longtemps comprimées. Dans ces cas, les mouvements artificiels sont indispensables pour prévenir l'ankylose et rendre aux surfaces articulaires leur forme et leur poli. Les appareils imaginés pour les rendre plus faciles rendent alors les plus grands services : c'est surtout apivs avoir réduit d'anciennes luxations du coude, que j'en ai constaté les remarquables avantages.