ACCÈS DR GOUTTE AIGUË. 2 M
la soit' et la fièvre sont fortes , et l'on doit en éviter l'excès , de peur de fatiguer l'estomac. »
Peut-être serait-il utile de faire dissoudre dans l'eau du nitrate de potasse , et de profiter ainsi de l'effet tempérant qni est propre à cette substance.
Ainsi , dans l'accès de goutte , les purgatifs, et au besoin les narcotiques et les boissons tempérantes, forment la base du
Quand les douleurs aiguës ont cessé, et que l'accès touche à son déclin , des méthodes différentes sont indiquées. Ce sont surtout celles qui relèvent les forces digestives, comme les amers, par exemple , ou qui excitent les fonctions de la peau : tels sont, en particulier, les bains de vapeur et les traitements hydrothérapiques. Mais il suffit, pour le moment, d'indiquer cette partie de la thérapeutique. Nous y reviendrons en parlant de la goutte chronique.
§ 2. Traitement local.
L'accès de goutte aiguë n'étant qu'une inflammation plus ou moins intense, de cause spëcificjue il est vrai, exige, en tant qu'inflammation aiguë , les mêmes traitements que l'arthrite de cause interne. Je pense donc que l'on peut appliquer à l'inflammation goutteuse des articulations les mêmes méthodes de redressement et d'immobilisation qu'aux rhumatismes localisés. Toutefois, les conseils qui résultent de ces considérations n'étant appuyés que sur une analogie plus ou moins contestable, et n'ayant pas reçu d'application, je dois me borner à les indiquer.
Les applications locales que l'on a conseillées, sont les mêmes que pour l'arthrite aiguë. Les longs développements que nous avons donnés à ce point de thérapeutique me dispensent d'y revenir ici d'une manière générale. Je me bornerai à signaler ce qui est propre à l'accès de goutte arguë , et ce qui en différencie le traitement local de celui de l'arthrite ordinaire.
Les applications de sangsues conseillées déjà par Baillou ,-
fréquemment employées par Paulmier, ont été la base du traitement lorsque 1 école de Broussais était dans toute sa puissance. L'expérience ne parait démontrer ni les avantages que leur assignait cette école, ni les dangers qu'ont vus dans leur emploi beaucoup d auteurs , et entre autres Scudamore. Tout fait penser qu on doit les réserver pour les cas exceptionnels ou les symptômes inflammatoires ont une très grande intensité.
Les cataplasmes chauds ne paraissent point utiles, soit quils contiennent seulement des substances émollientes et narcotiques, telles que la graine de lin, la tête de pavot, le lait mélangé avec la mie de pain, soit qu'ils renferment des substances excitâmes, comme ceux de Pradier, ou ceux que délaie l'alcoul camphré. Leur poids est incommode et, comme l'observe Scudamore, ils entretiennent autour des parties malades, une chaleur fatigante et favorisent le gonflement œdémateux.
Des obiections analogues, et plus fondées encore, peuvent être faites à la chaleur sèche , telle , par exemple, qu elle est produite par une lampe à l'alcool.
Les applications locales qui semblent le mieux convenir, sont celles dont la température est douce, uniforme, et qui ne fatiguent ni par leur poids ni par leur composition. Telle est la lotion évaporante conseillée par Scudamore.
Cette lotion est composée d une partie d'alcool et de trois parties d une mixture camphrée (l'auteur ne dit pas quelle est cette mixture; ; il applique la lotion sur 1 endroit affecté , au moven de compresses, rendues d abord agréablement tièdes par l'addition dune quantité suffisante deau chaude. Il a observé que lorsqu on appliquait ce lemède à une trop haute température , son action était plus nuisible qu'utile; la lotion doit avoir une tiédeur agréable; une compresse de linpe, composée de six ou buit doubles, doit en être constamment humectée, et l'on doit recouvrir ces compresses d'une enveloppe aussi légère et aussi fraîche qu'il sera possible ; jamais Scudamore n'a vu la rétropulsion etie la conséquence de l'emploi de ce remède.