‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 52 sur 151 · ACCÈS DE GOUTTE AIGLE · texte numérisé non relu

ACCÈS DE GOUTTE AIGLE

Le Uniment acide recommandé par Pou, et qui est composé de :

Huile essentielle de térébenthine. . 3o grammes Acide hydrochlorique i5 grammes

n'est probablement pas ù rejeter.

On petit aussi recourir à l'emploi de [eau froide. Soit que le siège habituel de la goutte clans des parties où les bains locaux sont d'un emploi commode, en ait facilité l'usage; soit qu'elle ait dans la goutte aiguë des avantages quelle n'a pas dans le rhumatisme, elle a élé recommandée par un très grand nombre d'auteurs.

« Hippocrate (1) dit que l'eau Iroide, versée abondamment sur les parties goutteuses des articulations , soulage la douleur qu'elle résout, en produisant un engourdissement modéré ; Galien a confirmé la même chose.

« Sanctorius, tout en avançant que l'eau Iroide, versée abondamment sur les tumeurs goutteuses, offense les articulations et empêche la résolution qui doit dissiper la goutte ajoute, qu'elle est moins nuisible par ces effets, qu'utile en détruisant la douleur; ce qui fait cesser aussitôt la fluxion et rétablit le sommeil.

« Prosper Martianus dit que les topiques froids, en fortifiant la partie affectée , aident l'expulsion de l'humeur Goutteuse et préviennent la génération des duretés et des tufs, m Bardiez insiste pour que l'allusion d'eau froide ne fasse pas tomber la chaleur des parties souffrantes, et il approuve le conseil donné par Houillier, de ranimer les parties par des réchauffants , après y avoir jeté de l'eau froide.

« Dans une attaque de goutte, ajoute-t-d, Loubet, ayant ses pieds affectés d'érysipèie avec d'extrêmes souffrances , se détermina à mettre les pieds et les jambes dans l'eau froide où il les laissa jusqu'à ce que l'eau fût dégourdie. Après s'être fait essuyer, il se remit au lit et s'endormit profondément. S'étant réveillé avec une transpiration abondante, qui dura quinze heures, il se trouva libre et marcha le lendemain sans ressentir de douleur.

(i) BartheZj Traité des maladies goutteuses, t. I, p. 96.

2hh GOUTTE.

« Pechlin rapporte qu'un goutteux se délivra de sesdouleurs de podagre , en frottant ses pieds avec de la neige et marchant ensuite sur la neige.

« Musgrave a vu aussi que 1 immersion des pieds dans l'eau froide, quoique très souvent pernicieuse dans l'attaque de podagre, a eu chez plusieurs personnes l'effet de la dissiper très promptement. «

A ces citations que j'emprunte à Barthez, j'en joins quelques autres encore que j'extrais du Compendium de médecine pratique de MM. Monneret et Fleury.

« L'illustre Harvey ne manquait jamais , à chaque accès , de plonger sa jambe dans un seau d'eau bien fraîche et de dissiper les douleurs. Heberden, qui tenait ce fait des parents du célèbre physiologiste, ajoute qu'il n'en vécut pas moins jusqu'à un âge fort avancé. Floyer, Homberg , Retsche , Marcard, ont beaucoup préconisé l'emploi du froid sur les jointures. Giannini en a fait, avec le quinquina, la base du traitement qu'il considère comme spécifique ; il veut que les immersions soient passagères et momentanées : « A peine le malade est-il assis dans le bain, que j'exige qu'il en sorte, préférant plutôt avoir recours à une seconde immersion , également momentanée, que de prolonger trop la première.... Les immersions froides, dont le but est d'enlever le gonflement et l'inflammation des articulations, devront non seulement être courtes, mais même pas très froides ou à la gîace, comme je l'ai vu pratiquer dans un cas de goutte Giannini craint avec raison, ou une réaction trop vive, ou une dépression dont le malade ne pourrait se relever (1). »

Tant de travaux faits par des auteurs si compétents, et dont plusieurs étaient aflectés de la goutte, conduisent à penser que si l'eau froide dans le traitement de l'accès de goutte aiguë, a eu des résultats nuisibles, ainsi que l'ont avancé quelques auteurs , et entre autres Scudamore, il faut l'attribuer à ce qu'elle a été mise en pratique suivant de mauvais procédés.

Toujours le contact de l'eau froide doit être momentané si

(i) De la goutte et du rhumatisme, Paiis; 1810, p. 101.

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