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MOYENS DE FACILITER LA STATION ET LA MARCHE

y chercher un modèle de sou lien et d'immobilisation du membre inférieur. On peut aussi, de préférence à la suspension, recourir aux bandages amidonnés, que le malade peut toujours soulever sans peine pendant qu'il est au lit.

Art. III. — Tuteurs ou moyens de faciliter la station et la marche.

Les tuteurs du genou peuvent remplir diverses indications : 1° empêcher les mouvements de latéralité, tout en permettant ceux de flexion et d'extension; 2° rendre l'articulation complètement immobile; 3° prévenir les pressions qu'entraîne le poids du corps; /i° combiner ces diverses actions entre elles.

§ I . Tuteurs articulés dans le sens de la flexion.

Ces tuteurs, qui permettent les mouvements de flexion et d'extension, et empêchent tous ceux de latéralité, sont très généralement employés dans les genoux en dedans; ils appartiennent au domaine public.

Mais, parmi le grand nombre de bandagistes qui en construisent, bien peu connaissent les dispositions qui permettent seules d'en assurer le résultat. Les uns se contentent de montants externes articulés au niveau du genou ; les autres bornent leurs appareils aux parties voisines de^ cette articulation; presque tons ignorent les dispositions découvertes par M. F. Martin , et que doit présenter l'articulation de l'appareil vis-à-vis les condyles du fémur.

Il faut que les branches d'acier régnent tout à la fois sur les côtés interne et externe du membre

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inférieur, et que celle qui est en dehors s'élende jusque près du grand trochantèr, si elle ne s'articule, ce qui est préférable avec une ceinture placée autour du bassin (fig. 21).

Ces deux branches doivent être unies entre elles par des demi-colliers solides au niveau de la cuisse et de la jambe, et au moyen d'un étrier qui traverse la chaussure en avant du talon, et qui est uni eu ginglyme à la branche tibiaie.

L'articulation au niveau du genou doit être construite d'après les principes que j ai développés pages 318 et o 19, en m 'appuyant sur les observations de M. F. Martin.

§ 2. Tuteurs inflexibles.

Les bandages amidonnés ou dextrinés, étendus depuis le liant de la Cuisse jusqu'au bas de la jambe, et rendus suffisamment épais, donnent de la solidité au genou, préviennent des défornrations, et peuvent faciliter ia marche ; mais ils sont pesants, leur usure est prompte, et ils ne peuvent être portés commodément avec les chaussures ordinaires.

J'ai l'ait disparaître ces inconvénients en faisant construire des gouttières en cuir solide, moulés sur le membre, fendus et lacés en avant. Ces gouttières sont inflexibles et exercent la compression comme le bandage amidonné ; mais leur pression ne produit aucune douleur. Elles ne s'altèrent pas en quelques semaines, et leur poids ne les rend pas incommodes; elles ont seulement l'inconvénient de ne pou\oir être construites par le chirurgien lui-même, comme le bandage amidonné; elles exigent un moule de bois de même forme et de même dimension que le membre malade, et sur lequel on fait sécher le cuir de vache qui sert à les construire.

Si l'on préfère des tuteurs dont la partie solide soit formée de branches d'acier latérales, semblables à celles des appareils articulés, il suffit de supprimer le mécanisme qui permet, au niveau du genou, les mouvements de flexion et d'extension. Comme ces tuteurs exercent une compression au-dessus du <<enou, ils ne peuvent être utiles qu'autant qu'on associe à leur emploi celui d'une genouillère de peau de chien,

MOYENS [JE FACILITE» LA S.TATION ET LA MARCHE. 3 Z| 7 <^ :i. Tuteurs qui préviennent la pression du poids du corps.

Les béquilles remplissent parfaitement cette indication; mais leur usage prolongé est tout à la fois si pénible et si disgracieux que l'on se demande si l'on ne pourrait pas soutenir le poids du corps par un moyen aussi sûr et cependant moins incommode. Ce problème peut être résolu par des appareils qui, embrassant tout le membre inférieur, prennent leur point d'appui sur l'ischion, comme le font les membres artificiels de MM. Mille (d'Aix) et F. Martin (1). J'ignore qui a eu le premier l'idée de faire cette application aux genoux assez malades pour ne supporter que difficilement des pressions ; mais je dois dire que j'en ai vu qui sont construits depuis plusieurs années et qui ont été faits sur les indications de MM. Palasciano (de Naples) et Pravaz (de Lyon). Dans ces appareils, une gouttière de cuir embrasse la cuisse et la jambe, et elle est fixée à deux montants d'acier qui s'articulent avec un é trier fixé à la chaussure.

K 4. Tuteurs qui remplissent plusieurs indications.

Pour assurer l'immobilité du genou et le décharger du poids du corps, M. Seutin associe l'usage des béquilles avec le bandage amidonné rendu, suivant son expression, amovo inamovible. J'ai souvent fait une combinaison analogue et préférable, à mon sens, en prescrivant tout à la fois les béquilles et les gouttières de cuir, solides, en arrière et en avant.

Le tuteur, qui prend son point d'appui sur l'ischion , et que nous avons attribué plus haut à MM. Palasciano et Pravaz, remplit bien la double indication à laquelle nous supposons qu'on doit simultanément satisfaire. L'expérience m'a cependant démontré qu'il est insuffisant. La gouttière de cuir qui embrasse le membre, étant fixée aux montants latéraux que des colliers tiennent à distance, ne comprime pas le genou, qui est alors disposé à s'engorger et à éprouver des ébranlements douloureux. Pour éviter ces inconvénients, il faut, dune part, exercer la compression au moyen d'une genouillère lacée

(i) Voyez Arnal et Martin, Mémoire sur l'amputation sus-nitilléolaire. cliins Mémoires de V 'Académie de médecine, Paris, 1843, t. X, p. 69 et suiv.

TiiAin:.\it;vr général.

et de peau de chien; de l'autre, employer le tuteur qui prend son point d'appui sur l'ischion.

La figure„22 représente les dispositions que j ai adoptées pour réaliser cette combinaison. La genouillère, placée en dehors , ne se distingue pas aussi complètement qu'on pourrait le désirer, et Ton ne voit pas non plus la branche d'acier qui règne le long de la lace interne du membre. On comprend toutefois

qu'à laide du cuissard et des moulants latéraux qui sont articulés en ginglyme avec rétrier de la chaussure, le poids du corps se transmet au sol sans l'intermédiaire du genou, et que celui-ci , protégé par la genouillère et par des courroies, ne peut ni s'engorger, ni se dévier, ni éprouver d'ébranlement douloureux (fig. 22).

Depuis l'invention de ces appareils, j'ai pu faire marcher sans béquilles, et avec les apparences de la guérison, des malades qui, sans ces moyens protecteurs, auraient à peine pu sortir de leur lit. Je citerai plus loin l'histoire de trois malades affectés d'ankyloscs angulaires du genou. Quatre à six semaines après la rupture de ces ankyloses, qui étaient osseuses, le membre étant redressé, ces malades ont pu marcher en s'aidant seulement d'une canne; quelques semaines plus tard, celle-ci n'a plus été nécessaire. Des observations analogues ont été faites sur des tumeurs blanches qui exigeaient impérieusement l'emploi des

béquilles.

Tous les tuteurs dont il vient d'être question sont destinés à des membres assez allongés pour (pie le pied repose sur

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