‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 75 sur 151 · TF.AITLMENT GÉNÉRAL DES MALADIES DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

TF.AITLMENT GÉNÉRAL DES MALADIES DE LA HANCHE

Les traitements communs à plusieurs espèces de maladies de la hanche sont ceux qui ont pour but de rendre à cette jointure sa forme et ses fonctions. Ils peuvent trouver leur

'i) Gazette d<> hôpitaux, i85o.

MOYENS DE RENDRE A LA HANCHE UNE BONNE DIRECTION, h 1 3

application, quoique la jointure soit le siège de lésions très variées.

J'examinerai les moyens :

1° De rendre à la hanche une bonne direction. 2° De l'immobiliser quand le malade est au lit. 3° De faciliter la marche, lors même qu'elle ne peut supporter le poids du corps.

k° De lui rendre ses mouvements diminués ou perdus.

Art. Ier. — Moyens de rendre a la hanche (ne bonne direction.

Les directions vicieuses de la cuisse sur le bassin , que l'on observe si fréquemment dans les coxalgies, n'ont pas seulement l'inconvénient d'entraîner à leur suite des difformités et des claudications; elles entretiennent les lésions dont la hanche est le siège, par la distension des parties molles du côté opposé «à celui où la cuisse s'infléchit, et par la facilité qu'elles offrent à la production des déplacements consécutifs : il importe donc d'y remédier dès qu'on est appelé à donner des soins aux malades.

Les moyens orthopédiques qui permettent de résoudre celte difficulté ne peuvent plus être décrits dans un seul paragraphe, suivant l'exemple donné jusqu'à présent par les auteurs qui ont traité ce sujet, tels que MM. Mayor, Pravaz, etc., et ainsi que je lai fait moi-même. Ils diffèrent profondément , suivant que le membre malade est al longé ou qu'il est raccourci,

^J I. K.edre»iement de la hanche lorsque le membre inférieur est raccourci.

On sait que le raccourcissement du membre inférieur peut être réel ou apparent. Le raccourcissement réel est dû à la luxation spontanée du fémur, à l'ulcération des surfaces osseuses, ou à la réunion de ces deux ordres d'altérations. Il est impossible de rendre aux os les parties détruites par la carie, et le traitement que réclame la luxation spontanée est trop spécial pour trouver sa place ici. Nous ne nous occuperons donc que du raccourcissement apparent.

Tous les auteurs modernes en reconnaissent l'existence,

l\ 1 h ruAirr.Mi.NT gknkral.

depuis Volpers et Ail, ois (de Bremén), elles par Samuel Cooper; mais tous se sont bornés à constater l'élévation du côté dn bassin correspondant au membre raccourci De cette observation, parfaitement juste quoique insuffisante, résnltait cette conséquence thérapeutique (pie, pour rétablir légalité de longueur entre les membres, il fallait exercer des tractions sur Je plus court, jusqu'à ce que 1 on eut placé au même niveau les deux épines iliaques.

M. Mayor, qui, mieux (pie personne, a saisi ces indications, les a parfaitement développées (1) dans un article consacré aux déviations latérales dn bassin. Il exerce des tractions énergiques sur le membre malade, jusque ce qu'il ait réussi à placer an même niveau les deux épines iliaques, et il les maintient dans cette position au moyen d un appareil simple, dont il donne la description suivante :

« Cette machine (2) est formée par une forte attelle, assez longue pour s'étendre depuis les fausses cotes, sous l'aisselle, jusqu'à quelques travers de doigt au dessous du pied qui paraît le plus descendu. Son extrémité supérieure est percée d'une mortaise, et l'inférieure terminée par un prolongement à angle droit et en forme d'équerre de sept à huit pouces environ de longueur. On y aura pratiqué deux trous pour le passage des rubans destinés aux tractions.

» Lorsque le membre du côté malade est le plus court, l'attelle longitudinale est assujettie. Le sous-cuisse passe sur 1 ischion et le pubis du même côté, et tandis qu'il sert à retenir cette partie du tronc, la jambe est entraînée en bas par des lacs qui la saisissent et qui vont s attacher à la branche transversale. »

Dans des cas difficiles, M. Mayor a fixé un treuil à celle-ci afin (pie le lacs qui saisit le membre le plus court pût être tiré en bas avec une puissance plus énergique et plus régulièrement graduée.

Plusieurs faits, cités par M. Mayor, démontrent qu'à l'aide des moyens qu'il propose on peut diminuer et même faire

(1) Excentricités chirurgicales.

(2) Mayor, Excentricités cliirurgicales, |845, p. 209,

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(iisparaître des raccourcissements de plusieurs centimètres (jui avaient paru dépendre île luxations spontanées.

On pourrait employer, pour retenir le bassin ou pour exercer des tractions sur le membre inférieur, tons les moyens d'extension et île contre-extension usités dans les fractures du çol du fémur; mais on ne devrait jamais négliger d'appliquer ces derniers du côté opposé au raccourcissement. Ce n'est qu'en plaçant de ce côté, à f exemple de M. Muyor, les lacs qui retiennent le bassin , (pie l'on peut faire exécuter à celui ci le mouvement de bascule, indispensable pour un redressement complet.

Cependant la t liera peu tique des raccourcissements préconisée par M. Mayor e^t insuffisante, comme l'observation dont elle est la conséquence. Ainsi que je l'ai démontré ailleurs (1), avec de longs développements , le raccourcissement ne dépend pas seulement de l'élévation <\n bassin, il est du spécialement à la projection en arrière de l'os des iles du côté malade, combinée avec la flexion, l'adduction et la rotation en dedans du fémur correspondant.

La figure 28, qui représente l'attitude d'un liomme affecté de luxation traumatique du fémur sur l'os <\es iles , peut aider à faire comprendre la description que je viens de faire ; et, quoiqu'elle ne représente pas exactement la maladie que j'ai en vue, je crois devoir remprunter à M. Vidal (de Cassis).

Dès lors , pour rétablir l'égalité de longueur des membres, il faut non seulement abaisser, mais porter en avant le côté malade du bassin , et faire cesser en même temps la flexion, l'adduction et la rotation de la cuisse.

(t) Trait* des maladie* <l?< articulations, t. Il, p. 3o5 H suivante*.

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Ces indications (Complexes sont remplies partiellement et sans que Ton s'en rende compte, lorsqu'on exerce des tractions directes sur le membre raccourci. Ces tractions ouvrent, en effet, l'angle que forment en dedans le fémur et l'axe transverse du bassin, et elles tendent à faire cesser la flexion du fémur. Ces opérations seraient toutefois bien plus régulièrement opérées, si, Frappé des rapports vicieux et multiples de la cuisse avec l'os des iles, on s'appliquait à rétablir une rectitude parfaite , et si l'on ajoutait aux tractions les mouvements qui font cesser la flexion de la cuisse, son adduction et sa rotation en dedans.

C'est d'après ces principes que nous avons agi, TM. Martin et moi, en faisant construire des appareils propres à satisfaire

à l'ensemble des indications : les uns. articulés, se moulent sur la difformité et peuvent être ramenés graduellement à la rectitude; les autres , droits et inflexibles, servent de moule dans lesquels on fait entrer la hanche déviée.

1° Appareils articulés. — Celui de M. Martin, pbsté-r rieur du reste aux développements que j'ai donnés sur les positions dans les coxalgics (I ), et sur les indications qui en résultent, est formé de tiges d'acier qui suivent les contours de la déformation, et peuvent être ramenées graduellement à la rectitude.

Comme on le voit fig. 29, il se compose : 1° d'une

(0 Gai ééd. ,1,- Paris, i«4'

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Peinture qui entoure le bassin ; 2°d'un brodequin et démontants

latéraux , articulés au niveau du pied et du genou ; 3° de deux mécanismes au niveau de la hanche, consistant on pignons mordant sur des roues dentées, et produisant l'un la flexion et l'extension, l'autre l'inclinaison en dedans et en dehors; h" au niveau de la cuisse, de vis de rappel et de colliers tournants, avec lesquels on peut exercer des tractions et produire la rotation en dehors.

Mes appareils articulés ne sont pas portatifs comme celui de M. Martin, et leur exécution est plus facile; ils se composent : 1° d'une gouttière solide qui embrasse le tronc et le membre inférieur du côté sain; 2° d'une gouttière articulée avec la première, et qui entoure le membre malade. Celle-ci est pourvue de tous les accessoires qui permettent de l'écarter graduellement en dehors, et de tirer sur la jambe raccourcie. La contre-extension y est faite par un sous-cuisse qui passe seulement du côté sain, suivant la méthode de M. Mayor. On en trouve un dessin, (pie je crois inutile de reproduire, dans mon Mémoire sur les appareils de mouvement.

2° appareils droits et inflexibles. — Ce sont ceux dans lesquels on fait entrer le tronc et les membres inférieurs. Je les ai fait construire primitivement pour les fracturés du col du fémur; mais ils trouvent des applications aussi utiles dans les maladies organiques que dans les lésions traumatiques de la hanche. Ils consistent en une gouttière solide qui embrasse tout à la fois les deux tiers postérieurs des membres abdominaux, et les deux tiers postérieurs du bassin et de l'abdomen. Leur forme est celle d'un pantalon allongé, dont le tiers antérieur aurait été enlevé, et qui présenterait en avant une ouverture qu'on peut agrandir ou resserrer à volonté. Leur charpente est de fil de fer très solide en arrière, plus mince sur les côtés ; elle est recouverte d'une couche épaisse de crin, maintenue par un fort coutil; sur les côtés de cette gouttière, au niveau des crêtes iliaques, et au niveau des genoux, sont des barres de fer transversales et solides, terminées par des boucles d'où partent quatre cordes qui vont se rendre à une moufle fixée au eiel du lit, et à laide de laquelle Je malade

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peut -c soulever aisément. La figure 3 0 représente la eliarpente de l'appareil. La figure 3 1 le l'ait voir lorsqu'il est matelasse , et la figure 3 2 lorsque le malade se sou lèse à son aide.

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