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MOYENS DE RENDRE A LA HANCHE UNE BONNE DIRECTION

jointure, et la difformité en éprouvera un amendement plus ou moins notable. C'est ainsi que plusieurs fois M. Pravaz a fait cesser des allongements au moyen (lu bain d'air comprimé, et (|iie M. Kërolle, médecin «les eaux de Bôùrbon- Lancy, a vu des résultats analogues à la suite de l'administration de ces eaux. Je place dans la même catégorie l'observation suivante citée par Sue, et dont voici l'analyse :

Il s'agit d'un enfant de douze ans, dont la cuisse devint plus longue que l'autre de 2 pouces. Moreau , chirurgien en chef dé l'Hôtel-Dieu de Paris, décida qu'il y avait luxation en dedans et en bas. Cependant, pendant un voyage à Bourhonne, les deux extrémités reprirent la même longueur. Au retour, la cuisse, dit l'auteur de l'observation , se luxa de nouveau, et l'extrémité plus longue que l'autre de h pouces, resta quelque temps dans cet état; on reprit l'usage des bains, et l'os déplacé rentra dans sa cavité! Enfin, luxation nouvelle de la cuisse, pour la troisième (ois, avecles mêmes accidents que la seconde. Sous l'influence des eaux de Bourbonne, etc., l'os rentra en place pour n'en plus ressortir ; la guérison fut complète.

Evidemment, si les faits relatés dans cette observation sont bien observés, il est impossible d'admettre l'explication qu'en a donnée P. Sue ; il n'y a pas eu trois lois sortie et trois fois rentrée de la tête du fémur dans la cavité cotyloïde. Une course en voiture et l'emploi de quelques douches ne peuvent réduire une luxation; I existence de celle-ci n'a été admise que par l'impossibilité où l'on se trouvait d'expliquer sans elle un allongement de u pouces. Du moment où l'on sait que cet allongement peut unira la position du malade, toutes ces difficulté^ cessent, et l'on est porté à croire que l'on a confondu avec une luxation sur !e trou obturateur un allongement apparent de l'ordre de ceux que nous avons décrits ailleurs (1).

Ou connaît beaucoup d exemples analogues aux précédents à la suite de cautérisations profondes produites par le moxa ou par le feu.

(i) Traité ile-i maladies des articulations, (. H, p. 28J.

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Art. II. — Moyens d'immobiliser la hanche quand le malade est ai1 lit.

Pour assurer l'immobilité de la hanche clans une bonne position, on peut proposer l'emploi de tous les appareils classiques pour les fractures du col du fémur; mais aucun d'eux ne réunit l'ensemble des conditions qui peuvent les rendre vraiment utiles. Ceux qui consistent dans l'emploi d'attelles placées sur les côtés du membre inférieur., avec des moyens d'extension et de contre-extension, comme les appareils de Desault et de Boyer, sont évidemment inapplicables. Us n'ont qu'une action insuffisante sur le bassin; ils permettent à celui ci de se mouvoir sur la cuisse; ils rendent difficiles les soins de propreté, et surtout ils exercent une compression intolérable dans les inflammations aiguës, qui , de toutes les maladies de la hanche, exigent le plus impérieusement l'immobilité.

Les lits mécaniques sur lesquels les malades sont ('tendus et peuvent être soulevés à volonté préviennent, il est vrai, les mouvements de l'articulation de la hanche lorsqu'on donne le vase; mais, à part cet avantage, ils n'assurent pas mieux l'immobilité que les lits ordinaires.

Le double plan incliné de M. Mayor est également insuffisant, puisqu'il n'a aucune prise sur le bassin , et que celui-ci peut se mouvoir sur la cuisse. La flexion qu'il présente est aussi trop considérable pour que le membre, s'il s'ankylose, reste dans une bonne direction.

Grand appareil de fauteur. — J'ai donné la description de cet appareil page 618, et je l'ai fait représenter non matelassé, matelassé et appliqué sur le malade, qui se soulève au moyen d'une moufle placée au ciel de lit.

Ainsi disposé, il réunit toutes les conditions qu'exige l'immobilisation de la hanche. Il se moule sur les parties qu'il embrasse; il a prise sur le tronc et les deux membres inférieurs, c'est-à-dire sur les organes entre lesquels il doit maintenir des rapports fixes; il repose sur une base étendue qui l'empêche de tourner en aucun sens; il assure l'immobilité sans exercer de compression douloureuse; enfin on peut, à son aide, mettre la hanche à découvert; et observer les parties

MOYENS DIMMOBIL1SER La HANCHE. Û31

qu'il entoure sans produire aucun ébranlement. Si à tous ces avantages on ajoute celui de | ermettre au malade de se soulever lui-même , et d'aller à la selle, sans qu'aucun ébranlement soit communiqué à l'articulation malade, on sera disposé à reconnaître sa supériorité.

Cependant ce grand appareil ne peut être construit que par des artistes spéciaux. Quoi qu'il soit connu depuis plus de douze ans, M. Blanc (de Lyon) est encore le seul mécanicien capable de ce travail , et le temps où la fabrication en sera répandue est encore éloigné. Au milieu de ces difficultés, il importe de rechercber des moyens, sinon aussi commodes dans l'application, au moins plus faciles à se procurer.

Le bandage amidonné de M. Seutin réunit une partie de ces avantages. Pour le construire . il suffit d'ajouter à tout le système de bandes et de cartons, qui est nécessaire dans les maladies du genou , des prolongements qui, en avant, en arrière, et sur le côté, entourent le bassin : grâce à ces cartons, aux coussins que l'on place entre eux et la peau, et aux bandes amidonnées, on peut former du bassin et du membre inférieur un corps assez solide pour qu'il ne se passe entre eux: que des mouvements très bornés. Ce système réussit surtout cbez les enfants, et l'on peut voir, dans l'ouvrage très digne d'être consulté que M. Pigeolet (de Bruxelles) a publié sur les maladies de la hanche, les résultats remarquables qu'en a obtenus M. Seutin.

Je me suis préoccupé du désir d'obtenir l'immobilité de la hanche sans recourir à mon grand appareil, et tout, en assurant une bonne direction et un redressement graduel, ces avantages ne se trouvant pas dans le bandage amidonné, qui se borne a fixer les parties dans la direction où il les trouve. J'ai fait construire dans ce but deux demi-gouttières internes réunies entre elles par des arcs de fil de fer qui les tiennent au degré d'écartemcnt où se trouvent les cuisses d'un homme couché sur Je dos , et dont les pieds sont distants de 3 0 centimètres à peu près.

Lorsque ces gouttières ont été aSMijetties aux deux membres inférieurs à l'aide de courroies (fig. 3 6), le malade est forcé de se tenir couché sur le dos , les cuisses écartées, la flexion et

h?>2 TRAITEMENT GÉNÉRAL.

les diverses variétés d'inclinaison latérale de celles-ci tendent à diminuer. Faute d'une prise sur le bassin, on n'obtient pas, il est vrai, une immobilité complète; mais on prévient de mauvaises positions, et, en combinant les demi-gouttières internes avec un bandage amidonné, on peut réaliser à peu près et d'une manière commode les avantages de mon grand appareil.

Art. III. — Moyens de faciliter la station et la marche

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