TRAITEMENT SPÉCIAL DES MALADIES DE LA HANCHE
Art. Ier. — Entorse de la hanche.
Les entorses de la hanche exigent, de prime abord, que l'on imprime à la cuisse des mouvements propres à remédier au déplacement des parties molles qui ont été déchirées dans un mouvement violent et étendu. Nos exjoériences ont démontré que dans les mouvements violents d'abduction qui en sont la cause ordinaire, la capsule déchirée pouvait s'interposer entre les surfaces articulaires, et qu'elle ne s'en dégageait que dans un mouvement étendu de flexion. J'ai eu l'occasion de vérifier pratiquement l'utilité de cette méthode dans le cas suivant :
XVIe OrServation. — Un homme île trente ans entra dans le mois d'avril 184G au » 12 de la salle Saint-Philippe; il s'était fait huit jours auparavant une entorse delà hanche dans un mouvement forer d'aliduriion de la cuisse. La douleur et la fténe des mouvements devinrent extrêmes, et lorsque le malade entra à l'IIôtel-Dieu il ne pouvait faire quelques pas qu'avec une extrême douleur, et en s'appnyant sur les corps environnants. Le repos de la nuit
calma ses souffrances. Cependant, malgré cette amélioration, la marche était extrêmement difficile. Me rappelant le résultat des expérimentations cadavéliques, je lui pliai fortement la cuisse sur le bassin , je l'entendis ensuite, et je répétai deux ou trois fois ces mouvements alternatifs de flexion et (l'extension. Aussitôt après le malade put se lever et marcher avec une extrême facilite'; j'avais annoncé ce résultat à l'avance. Il fut si évident qu'd causa un véritable étonnement à ceux qui assistaient à l'expérience. Les jours suivants, les douleurs continuèrent cependant à se faire sentir en dedans de la cuisse, au niveau des muscles adducteur?, qui avaient été distendus et peut-être décimés.
Immédiatement après que l'on a réduit les parties molles déplacées, ou que Ton a vérifié l'absence de tout dérangement par la flexion complète, il faut maintenir la cuisse dans le repos. Celui-ci doit être prolongé pendant un temps variable qui peut être de plusieurs semaines, et même d\\n ou deux mois, si la violence des douleurs et l'existence d ecchymoses font présumer des déchirures de la capsule et des muscles.
Il est des cas graves où l'on ne devrait point négliger le grand appareil représenté page A18, tant les entorses de la hanche peuvent entraîner à leur suite de funestes conséquences.
Ces conséquences peuvent être des tumeurs fongueuses et des abcès si les stqels sont mal constitués; mais chez les malades sans prédispositions lâcheuses, on voit souvent persister de la raideur dans les mouvements, de la claudication et de l'inaptitude à une longue marche. Les mouvements artificiels et les douches peuvent faire disparaître ces symptômes incommodes, ainsi que le démontre l'abscrvation suivante.
XVIIe Oisskuvaj ios. — Arthrite chroni-que de lu hanche (jaitclte, développée à la suite d'un mouvement force de la cuisse ; raccourcissement; exercice de la marche très difficile et douloureux ; emploi des appareils de mouvements ; amélioration t>(s marquée.
Jean-Claude Cnampagnicux, âgé de vingt-trois ans, d'une bonne constitution, s'était fait, au mois de mai i844i ulle entorse de la hanche gauche. A la -uile de cet accident, dans lequel la cuisse avait été euir.iiuée dans un mouvement violent d'abduction et de renversement en arrière, il avait pu se relever et marcher pendant plusieurs heures. Tue inflammation, peu grave en apparence, ne larda pas à se développer dans l'articulation co.xo-témoi aie, rt nécessita six semaines de repos. Après ce temps, le malade se remit à marcher*; mais sa "uéii-on était loin d'être complète. Depuis cette époque, en effet, les douleurs de la hanche l'ont fréquemment obligé d'interrompre son travail.