INFLAMMATION AIGLE DL LA HANCHE
dehors de l'articulation; il y a distension de la capsule fibreuse et de la synoviale à leur partie externe et supérieure, tension du ligament rond, et tendance à la luxation spontanée surTos des iles.
Au contraire, que le membre inférieur, médiocrement étendu et dirigé parallèlement à Taxe du tronc prolongé, soit dans la situation où il se trouve lorsqu'on se tient debout sur les deux pieds, il n'y aura plus dans l'articulation de la hanche aucune distension des ligaments, aucune tendance aux luxations consécutives, et la cuisse remplira en partie ses fonctions si elle vient à s'ankyloser. On doit donc faire tous ses efforts pour substituer cette position à toutes celles où la cuisse tourne ou s'incline en dedans ou en dehors.
Pour opérer cette substitution, il faut recourir aux méthodes de traitement qui sont exposées page 413, et placer ensuite le malade dans mon grand appareil. On peut obtenir ainsi sûrement, et avec une grande promptitude, la cessation des douleurs les plus intenses et les plus rebelles aux autres modes de traitement. La diminution graduelle des phénomènes inflammatoires ne larde pas à suivre la suspension des douleurs. En 1845, j'ai cité (1) quatre observations détaillées que je crois inutile de reproduire ici. On voit que les résultats avantageux du grand appareil ontété observés soitlorsque,avantleredressement et l'immobilité, le membre était dans la position qui produit l'allongement, soit lorsqu'il était plus court que celui du côté opposé.
Depuis la publication de ces faits, j'ai eu plusieurs fois l'occasion de vérifier à quel point l'emploi du grand appareil fait cesser rapidement les douleurs qui accompagnent les inflammations aiguës de la hanche. Mais ce ne sont plus seulement mes observations qui démontrent l'utilité de celte méthode : elle a été adoptée par un grand nombre de mes collègues, et les résultats obtenus ont été aussi satisfaisants que ceux dont j'ai fait l'histoire. J'ai même lieu de penser que la disparition des douleurs a été plus prompte chez les malades qui ont été traités pendant ces dernières années , parce
(i) Trailé des maladies des articulations, t. II, p. 256.
qu'ils ont pu profiler des perfectionnements successifs qui ont été introduits dans cet appareil.
Parmi les médecins qui en ont fait usage, je citerai MM. Barrier, Bouchacourt, chirurgiens en chef des hôpitaux de Lyon ; M. Lacour, médecin de l'Antiquaille; M. Greppo , médecin à Vaise ; M. Beudet, médecin à Lvon.
Tous ont vu que, dans des eoxalgies qui depuis un, deux ou trois mois, produisaient des douleurs telles que les malades n'avaient aucun repos et n'étaient soulagés par aucun narcotique, il a suffi de placer les malades dans le grand appareil pour qu'en moins de vingt-quatre heures toutes les souffrances aient été calmées. A partir du moment où l'on a eu réalisé à son aide l'immobilité de la hanche dans une bonne position , le sommeil est revenu , et l'inflammation aiguë s'est graduellement dissipée, du moins lorsqu'elle était dans un état de simplicité.
Ces résultats n'ont-ils souffert aucune exception? C'est ce que je n'oserais assurer. Ainsi , l'une des malades traitées à l'hôpital par M. Barrier, dans la salle Saint-Paul, ne fut point soulagée, et une sœur hospitalière n'éprouva qu'un simple amendement; mais chez la première on employa un appareil bien inférieur à ceux dont on se sert en ville, et qui sont construits exprès pour le malade auquel ils doivent servir; et la sœur hospitalière avait un abcès profond qui finit par se faire jour au dehors et par la faire périr. Ce n'est pas dans ces cas compliqués que nous prétendons réussir, mais bien dans les arthrites sans suppuration. Ici, le soulagement immédiat est assuré et peut être annoncé à l'avance.
Art. V. — Inflammation chronique de la hanche.
Bien n'est plus ordinaire que d'observer chez des malades qui ont dépassé trente à trente-cinq ans, des douleurs dans l'articulation de la hanche , que l'on désigne ordinairement sous le nom de rhumatisme chronique, et qui entraînent les plus pénibles incommodités. Le membre s'allonge ou se raccourcit ; il perd les mouvements de rotation et ne conserve qu'à un faible degré ceux de flexion et surtout ceux de latéra-