ANKYLOSE DRS ARTICULATIONS DU PIED
Art. VI. — Ankylose des articulations du pied.
On peut avoir à rompre l'ankylose de l'articulation tibiotarsienne clans les pieds équins, maintenus par des adhérences solides entre le tibia et l'astragale. Ces ruptures sont surtout indiquées à la suite dune longue immobilité ou d'inflammations aiguës et île tumeurs blanehes guéries pendant <jue le pied était fixé dans une extension permanente.
L'ankylose peut s'étendre à toutes les articulations de l'astragale, par conséquent à celles qui l'unissent avec le tibia, le calcanéum et le scaphoïde. On observe ces adhérences multipliées dans les pieds bols varus équins des adultes. On sait en effet que, lorsque ces déformations sont très anciennes, les surfaces articulaires qui pressent les unes contre les autres s'absorbent, deviennent inégales, offrent des saillies et des enfoncements reçus les uns dans les autres, et peuvent être unis par des tissus fibreux.
Même observation pour les pieds valgus datant d'un prend nombre d'années, surtout lorsque leur formation a été accompagnée dune inflammation adhésivedes articulations du taise. Dans tous ces cas, il ne suffit pas, pour remédier à la difformité, de faire des sections sous-cutanées et d'employer des appareils convenables; la rupture de l'ankylose est indispensable pour que l'on puisse rétablir les rapports naturels des surfaces articulaires.
Les procèdes à suivre dans ces ruptures sont, comme ailleurs, des mouvements imprimés avec force à toutes les jointures ankylosées, pendant que le malade est plongé dans le sommeil produit par l'éther. Ces mouvements doivent être faits alternativement en divers sens; mais on doit débuter par l'exagération île la difformité qu'on veut détruire. On transporte ainsi au pied la méthode de M. Dieffenbach (1) pour le genou , et de même que cel auteur exagère la flexion de la jambe avant de l'étendre sur la cuisse, de même on augmente l'extension du pied avant de le fléchir. On exagère également l'adduction de lavant-pied dans le varus, et on le porte ensuite énergi-
(i) Voyez Cli Phillips, Dr l,i tcnolotnle sous-cutanée, Paris, 1841, p. i '-.
quement eri dehors. Les craquements que I ou entend dans les jointures, et la possibilité d'obtenir un redressement partiel, prouvent que le but que l'on se propose a été atteint.
Si les tendons sont rétractés, on fait précéder la rupture des sections sous-cutanées convenables.
[/inflammation aiguë qui est la suite nécessaire de ces violences nécessite pendant une semaine ou deux le repos du pied dans une gouttière ou dans un bandage amidonné. Lorsque les douleurs, suite de l'opération, sont dissipées, on s'occupe de compléter le redressement et de rendre au pied sa mobilité, à l'aide des appareils de redressement, du massage et des mouvements imprimés, soit avec les mains, soit à l'aide de mécanismes particuliers.
J'ai cité page 315 et page 32 1 les deux cas les plus remarquables dans lesquels cette combinaison de moyens a été mise en usage.
t'H.tPITKE SEPTIEME.