‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 94 sur 151 · TRAITEMENT GÉNÉRAL DES MALADIES OU COUDK · texte numérisé non relu

TRAITEMENT GÉNÉRAL DES MALADIES OU COUDK

Les questions que soulève le traitement général des maladies du coude sont les mêmes que pour le genou, la hanche et le pied. Nous les examinerons dans le même ordre.

Art. Ier. — Moyens de ramener le coude a une ronne direction.

La direction la pins favorable à l'exercice des fonctions du coude est celle où lavant-bras fait avec l'humérus un angle un peu plus ouvert que l'angle droit, et ne s'incline ni en dedans ni en dehors.

Le coude s'éloigne de cette direction, lorsqu'il est trop étendu, trop fléchi, ou lorsque l'avant-bras est porté dans l'abduction.

Pour remédier à une flexion ou à une extension exagérées, on peut recourir aux manipulations, aux appareils à pression continue, aux sections des tendons, et enfin aux appareils de mouvement et à la rupture des adhérences. Je traiterai plus loin de ces deux dernières méthodes.

MOYENS !>!■- RAMENER LE COUDE A l M. BONNE DIRECTION. 527

A. Manipulations. — • H est inutile de décrire les manipulations par lesquelles on peul ramener le coude à un degré convenable de flexion.

Bornons-nous à faire remarquer que ce ne sont pas des efforts dans une seule direction qui ont le plus d efficacité, mais des tractions et des pressions propres à étendre et à fléchir alternativement lavant-bras.

B. Appareils. — Manget (1) décrit un instrument qui peul tout à la lois étendre et fléchir le coude. Il est composé dedeux gouttières articulées qu'on peut rapprocher et éloignera volonté au moyen du Fiç. 61.

mécanisme représenté dans la fig. 61.

Dans cette figure, les deux gouttières de Manget sont remplacées par deux bracelets placés, l'un autour du bras, et 1 autre autour du coude, ce qui simplifie l'appareil. Comme on le voit, la lige fixée au bracelet supérieur porte un pas de vis qui s'engage dans la tige inférieure; un écrou mobile, qu'on ne distingue pas dans la figure, est placé à la jonction de ces ileux tiges, et peut, suivant la manière dont on le fait ;igir, les rapprocher ou les éloigner.

Le système du pignon mordant sur une roue dentée, semblableà celui qui est représenté figure 8, page 321, serait bien préférable; on le placerait a l'union des gouttières brachiale et antibrachiale, ainsi que je l'ai vu dans un modèle exécuté par M. Blanc (de Lyon).

On trouvera plus loin la description de mon appareil de mouvement pour Je coude. Son mécanisme permet d'étendre onde fléchir cette articulation; et, à l'aide du cadran et de la vis de pression dont il est muni, on peut rendre permanentes les directions auxquelles on l'a amené par le seul effort des mains. Il me paraît préférable à tout autre appareil pour ramener lavant-bras à des rapperts convenables avec le bras,

(i) Trésor de chirurgie,

et il doit celte supériorité à ce qu'on peut imprimer à son aide ces secousses graduées et ces alternatives de flexion et d'extension rju 'il est si avantageux de faire succéder aux efforts longtemps continués.

C. Section des tendons. — La section des tendons peut être nécessaire pour faciliter la flexion du coude trop étendu, ou l'extension du coude trop fléchi. Dans le premier cas, c'est le triceps; dans le second, le biceps dont la section est indiquée.

Section du biceps. — En coupant le biceps, il faut éviter de blesser l'artère et la veine brachiales, ainsi que le nerf médian. On atteindra sûrement ce résultat, en faisant placer les pouces d'un aide sur les vaisseaux et les nerfs, et en coupant ensuite le biceps d'arrière en avant, à travers une piqûre faite au côté externe du bras.

Seciion du triceps. — En coupant le triceps immédiatement au-dessus de l'olécràne, on ne peut avoir d'autre crainte que celle de léser le nerf cubital; on évitera cet accident en faisant placer les doigts d'un aide sur ce nerf, c'est-à-dire, audessus de la coulisse placée entre l'olécràne et le cubitus. Le ténotome mousse, introduit alors à travers une piqûre laite au côté externe du bras, sera poussé seulement jusqu'au niveau du bord interne de l'olécràne. Son tranchant tourné contre le muscle divisera celui-ci d'arrière en avant, pendant qu'un aide s'efforcera de plier le coude.

L'abduction de lavant-bras échappe facilement à l'attention de l'observateur; aucun auteur n'en parle, et j'avais négligé d'en tenir compte dans mon premier ouvrage, cependant elle est presque constante dans les maladies graves du coude. Une pression prolongée sur la face antérieure et externe du cubitus la produit toujours, quand les ligaments sont ramollis. Elle échappe à l'observation, parce qu'on néglige de faire placer le coude de manière à bien reconnaître la direction des os <iui le composent; mais que la face antérieure du bras regarde directement en avant, et l'on sera frappé de voir comment le coude offre habituellement un angle saillant en dedans, rentrant en dehors, et à quel degré la main est éloignée extérieurement de la position normale qu'elle devrait avoir.

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