‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 99 sur 151 · LUXATIONS 1)1 COUDE · texte numérisé non relu

LUXATIONS 1)1 COUDE

Art. III. — Luxations du coi de.

On sait !cs variétés nombreuses que peuvent préseuter les

luxations du coude. Toutes cependant, à quelques rares exceptions, offrent ee caractère commun que les os de l'avantbras sont en arrière de l'humérus. Que le déplacement ait lieu directement en arrière, que cette situation se combine avec un déplacement en dedans ou en debors, que les deux os de lavant-bras soient simultanément luxés, ou que l'un deux le soit à l'exclusion de l'autre, leur position sur un plan postérieur à celui qu'ils devraient occuper se retrouve toujours.

La saillie de l'humérus en avant dans toutes ces variétés de luxations entraîne la distension des parties molles qu'il vient comprimer; de là la constance de la déchirure delà capsule et du brachial antérieur dans les luxations en arrière, en dedans et en dehors, ainsi que le démontrent les expériences que j'ai rappelées en traitant des fractures du coude.

Ces caractères communs, au point de vue de l'anatomie pathologique, se retrouvent encore en ce qui regarde les causes. A part les mouvements de rotation de l'avant-bras fléchi en dedans, ce sont toujours les extensions forcées du coude, simples ou combinées avec l'adduction ou l'abduction, qui produisent les diverses variétés de luxation, et les fractures qui les accompagnent.

Ces rapprochements préparent à l'exposition d'une thérapeutique à peu près uniforme pour toutes les luxations du coude, et donnent la raison théorique de l'accord unanime des auteurs à conseiller de fléchir l'avant-bras lorsqu'il s'agit d'opérer une réduction.

Avant d'aborder la question thérapeutique, je crois devoir faire remarquer qu'il n'est pas de luxations plus souvent méconnues que celles du coude.

Ces méprises funestes seraient sûrement évitées, si l'on tenait compte de tous les signes indiqués dans les traités classiques et

qui fout reconnaître les saillies et les enfoncements auxquels donne naissance le déplacement des os; si Ion observait surtout la direction de Pavant-bras, son immobilité, le raccourcissement du membre et les rapports nouveaux des apophyses de l'humérus avec l'olécrâne, rapports sur lesquels M. JNIalgaigne a fait les remarques les plus judicieuses.

Indépendamment de ces signes aujourd'hui bien connus, il en est un sur lequel j'appellerai l'attention. Je veux parler de la place nouvelle où se rencontrent les axes de l'avanl-bras et du bras.

Dans l'étal sain, c'est au niveau du coude que se fait celte; intersection. Dans la luxation complète en arrière que j'ai surtout en vue, l'axe de l'humérus croise celui du cubitus à l'union des cinq sixièmes inférieurs et du sixième supérieur de cet os. Je suis convaincu que, si l'on se rendait bien compte de ce changement dans l'entre-rroisement des axes, lequel est facile à reconnaître au milieu du gonflement le plus considérable, on éviterait constamment les erreurs qui se reproduisent encore si fréquemment aujourd'hui. On peut facilement comprendre la description que je viens de faire, eu jetant un coup d'oeil sur la figure 66 que j'emprunte au Traité de pntholoijie externe de INI. Vidal (de Cassis).

LTétliérisation peut aussi faciliter remarquablement le diagnostic, et il importe de ne pas la négliger, pour faire en toute liberté les explorations et les mouvements qui permettent de juger à quelles lésions complexes on peut avoir affaire.

Fig. 66./

<j 1. luxation récente.

Les méthodes de réduction décrites par les auteurs sont simples ou composées. Les méthodes simples consistent à

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