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IV. Section des enfants idiots et épileptiques de Bicêtre

UNIVERSITY OF LcEDS.

C'est la section la plus importante. Jusqu'en 1879, la situation était déplorable. En 1882, sur les plans et projets de Bourneville, des modifications ont été adoptées et la réorganisation fut rapidement exécutée. Actuellement, le service comporte quatre divisions : le pensionnat, l'hospice, l'hôpital et la fondation Vallée.

3. Au pensionnat, il existe nne petite école, qui comprend une salle pour les exercices de toilette, le service de propreté et le traitement du gâtisme, une salle de jeux, la classe de gymnastique, la classe de leçons de choses, la classe pour les notions de lecture.

Une grande école, divisée en quatre classes.

Un musée scolaire, contenant des animaux naturalisés, des minéraux, etc.

Un gymnase couvert.

Des ateliers.

Un service balnéo-hydrothérapique ; et, enfin des dortoirs au nombre de seize.

b. L'hospice se compose d'un étage comprenant quatre dortoirs de vingt lits chacun , et une salle de réunion au centre ; c'est le bâtiment des gâteux.

c. L'hôpital, comme son nom l'indique, est Vinfirmerie, avec un pavillon d' isolement pour les maladies contagieuses, et un pavillon de cellules.

L'éducation médico-pédagogique appliquée à Bicêtre est celle de Séguin, modifiée par Bourneville, complétée ou perfectionnée sur différents points et plus médicalisée.

d. La fondation Vallée fait partie de la section des enfants arriérés de Bicêtre; elle est réservée aux filles. Son historique est instructif et nous démontre qu'un simple instituteur peut faire œuvre aussi utile qu'un riche bienfaiteur.

Vallée était instituteur à Bicêtre. En 1840, on le chargea de l'éducation d'un enfant arriéré, de famille riche. Pour la commodité, on loua une maison à Gentilly. En 1847, Vallée acheta, dans le voisinage de cette demeure, une propriété et

fonda une inslituLion privée. A sa mort, en 1885, il la légua au département de la Seine, à condition qu'elle fût affectée aux enfants pauvres.

La fondation Vallée est administrée par la direction et l'économat de Bicôtre. Elle fonctionne régulièrement depuis 1890.

Les enfants y reçoivent la même éducation médico-pédagogique qu'à Bicêtre, car la direction médicale en est la même.

En 1893, le Conseil général a décidé la création d'un asile de filles sur le domaine de la fondation. Il comprendra quatre cents filles idiotes et épileptiques. 235 000 francs ont été votés pour la construction.

Après ce rapide aperçu sur les asiles d'enfants arriérés du déparlement de la Seine, faut-il se demander, avec Bail, pourquoi tant de frais, pourquoi chercher à instruire des idiots qui ne sauront jamais grand'chose et seront toujours des êtres inutiles pour l'humanité?

Le devoir de la société est d'abriter, d'entretenir ces malheureux enfants si totalement déshérités. Nous pourrions argumenter en faveur de l'utilité de l'assistance des idiots, mais Bourneville a défendu la cause avec tant de chaleur et de compétence que nous préférons lui laisser la parole.

Les motifs qui justifient l'assistance, le traitement et l'éducation des enfants idiots et dégénérés, sont nombreux : « Ni la misère, ni la richesse ne mettent à l'abri d'un tel malheur. L'observation montre que depuis le plus riche jusqu'au plus pauvre, tout le monde est exposé à avoir des enfants de cette catégorie,

« A côté de ces enfants, idiots au dernier degré, il en est un grand nombre d'autres, imbéciles ou arriérés, qu'on ne peut garder dans les écoles de la ville, parce qu'ils sont incapables de suivre les exercices des autres enfants et que leurs tics, leur insuffisance mentale, les i^endent la risée de leurs camarades.; que souvent, même, parleur brutalité, leur besoin

de mouvement, leurs contorsions, leurs crises convulsives, on les punit, on les met dans un coin, dans la cour : ils prennent l'école en dégoût, deviennent irritables, et les maîtres sont obligés de les congédier définitivement. Beaucoup vagabondent ou se sauvent sans motifs de la maison paternelle, servent d'instruments à de plus habiles, qui les poussent à des actes répréhensibles.

« On les arrête, parfois on les condamne. Ces fugues, cesarrestations, ces condamnations sont une cause permanente de démarches, de pertes de temps, d'inquiétudes et de douleurs pour les familles. »

Bourneville multiplie les exemples. Il faut lire ces pages pour dissiper tous les doutes qu'on pourrait avoir sur la nécessité absolue des services spéciaux d'enfants idiots :

« 11 y a encore une autre considération qu'on peut faire valoir, ajoute-t-il, surtout aujourd'hui, dans notre État républicain, c'est l'obligation qui est inscrite dans la loi sur l'instruction primaire. Pourquoi ces enfants seraient-ils abandonnés? Pourquoi ne s'en occuperait-on pas? S'ils ne peuvent aller à l'école ordinaire, il faut voir ce qu'il convient de faire pour eux. L'obligation de l'instruction primaire nous fournit un argument nouveau au point de vue de l'assistance du traitement et de l'éducation de ces enfants (1). »

L'éducation. — L'éducation doit être confiée à un médecin compétent, secondé d'un instituteur non moins capable. L'exemple de Vallée est précieux.

L'âge du sujet a son importance; plus il est jeune, plus l'instruction a de prise sur son cerveau. Aussi, doit-on commencer l'éducation dès la première enfance. On peut l'entreprendre à partir de deux à trois ans jusqu'à quatorze et quinze ans. Passé cet âge, il serait fort difficile d'obtenir un résultat.

L'éducation doit être, autant que possible, individuelle.

(1) Bourneville, AssisUnce, traitement et éducation des enfants idiots et dégénérés, toc. cit., p. 144, 150, 179, 180 et suiv.

La première chose qu'il faul enseigner à l'idiot, c'est à manger. On lui montre à tenir sa cuillère, sa fourchette, son verre, à se servir de ses mains pour prendre les aliments. Et quand il ne sait pas mâcher, ce sont des aliments liquides qu'il faut lui donner, de la viande hachée, des pâtes alimentaires, etc.

Puis, vient l'enseignement de la marche. Séguin a imaginé la balançoire-tremplin pour forcer l'enfant à fléchir les jambes. On l'habitue à la marche en lui apprenant, d'abord, à se tenir debout, soutenu sous les aisselles par des barres parallèles; on le lance un peu en avant, en le mettant dans un chariot, à direction fixe d'abord, mobile ensuite. Quand il a appris à marcher, on lui enseigne à monter et à descendre, au moyen d'escabeaux.

On fait, aussi, l'éducation de la main; on montre à tenir les objets, à les serrer.

Aux enfants peu habiles, on apprend à s'habiller, à se déshabiller, à se boutonner, à lacer les souliers, etc.

L'enseignement des sens est également important, mais il est plus long et plus délicat.

Pour l'éducation de la parole, Bourneville et Boyer ont donné la marche à suivre.

Mais, en poursuivant tous ces efforts, il faut tenir compte d'un principe : n'enseigner à l'enfant que ce qu'il peut comprendre.

Après ces premiers essais qui s'adressent aux enfants tout jeunes, on procède à l'enseignement pédagogique proprement dit, applicable plutôt aux enfants éjjileptiques, hystériques, imbéciles, qu'aux idiots. A ces derniers, à force de patience et de perspicacité, on peut bien arriver à faire répéter quelques lettres ; mais, leur intelligence n'en pénètre pas le sens ; c'est donc peine perdue.

Aussi, dans les services spéciaux que nous avons énumérés plus haut, la lecture et l'écriture ne sont-elles enseignées qu'aux élèves qui ne sont pas atteints d'une si complète agénésie intellectuelle.

ASILES SPÉCIAUX. ISO'

L'hyg-iène, qui est le point essentiel dans un asile d'idiots, doit être rigoureusement respectée. Les enfants seront tenus très proprement. II faut souvent nettoyer les gencives, les dents de ceux qui bavent ou ont une mauvaise dentition.

La plupart des idiots sont gâteux. Il faut les placer, à heuresfixes, trois ou quatre fois par jour, sur la chaise percée, jusqu'à ce que les fonctions des intestins et de la vessie soient accomplies.

Le massage, les frictions, conviennent à ceux qui ne peuvent bouger et sont condamnés à l'immobilité absolue.

On voit, par là, la nécessité de ces maisons spéciales, où l'enseignement, l'éducation peuvent être tentés et où, enfin, à défaut d'autre chose, une hygiène convenable peut être donnée à ces déchus de l'humanité.

Article V. — Asiles pour les déments.

La démence est la déchéance des cellules nobles du cerveau; c'est la fin de la vie mentale. Elle peut être progressive par suite de la sénilité, sans autre cause apparente que la régression produite par la vieillesse ; à moins qu'elle ne soit la conséquence de lésions cérébrales ou d'une psychose.

Le placement s'impose souvent.

Des maisons de retraite existent déjà pour les vieillards sans troubles psychiques bien caractérisés.

C'est surtout pour les aliénés déments qu'il faut créer des asiles spéciaux.

11 est vrai que l'internement n'a pas de valeur curative dans ces cas; c'est une simple mesure d'assistance, ayant pour but d'éviter l'encombrement dans les asiles ordinaires.

Si le dément n'est pas turbulent, capable de se nuire ou de nuire aux autres, les familles peuvent le garder. A ces malades, surtout, convient l'assistance dans les familles. Le dément, admis à l'asile pour des troubles passagers, doit être en-

voyé dans une famille salariée. L'exemple de Dun-sur-Auron est fait pour encourager l'administration à augmenter le nombre de ces sortes de colonies.

Cependant, si les troubles mentaux sont accusés et persistants, c'est dans des maisons particulières que les soins seront donnés.

Ces maisons, élevées à la campagne autant que possible, seront placées sous la surveillance d'un médecin et des aides.

Le séjour au grand air est de toute nécessité au vieillard dément; nous insistons sur ce point. L'asile sera entouré de jardins, de verdure, bien ensoleillé. Les bâtiments seront composés d'un rez-de-chaussée de plain-pied avec le jardin; il n'y aura pas d'étages. Des galeries couvertes permettront la promenade en plein air par tous les temps.

Une salle sera réservée aux malades trop turbulents, aux impotents, aux paralysés ; les gâteux seront soignés d'après les indications que nous donnerons da*ns un chapitre spécial.

C'est presque au lendemain de la promulgation de la loi de 1838 que la question des sociéLés de patronage pour les aliénés guéris fut soulevée. Ayant constaté la lacune de la loi sur les aliénés, des philanthropes, des médecins se sont donné la tâche de la combler, par des secours privés, par l'organisation d'œuvres d'assistance. Tant que le malade est à l'asile, l'assistance publique, c'est-à-dire la société le soigne, le protège. Puis, quand il est guéri, cette même société le remet, de nouveau, aux prises avec les mêmes difficultés qui ont souvent contribué à la perte de son équilibre mental. La société semblait s'intéresser au sort de l'aliéné malade ; elle reste indifférente aux souffrances de l'aliéné guéri.

Cazauvielh, interne à la Salpêtrière, a élevé, le premier, la voix contre cette injustice.

« En attendant que nous abordions toutes ces importantes questions, dit-il, je dois avouer, ici, qu'une pensée pénible, qui n'est cependant pas sans espérance, me préoccupe sérieusement; c'est que, dans quelques localités, et à Paris, surtout, le sort des criminels occupe vivement la sollicitude des philanthropes qui, après avoir travaillé à l'amélioration du sort de ces pauvres malheureux, au développement de leur intelligence et à la conservation de leur santé, continuent leur protection à ceux qui sortent des prisons, soit après un acquittement, soit au terme de leur peine ; mais, les aliénés qui sortent des établissements où ils ont été traités pendant un an et plus, sont délaissés dans les campagnes, sans asile, et sans occupation. Pourquoi ne trouveraient-ils pas les ressources que la philanthropie offre aux criminels? »

Après s'être élevé si éloquemment contre les oublis de la société, Cazauvielh parle des sociétés de patronage : « Que les hommes qui aiment à faire le bien, s'empressent donc de former des sociétés protectrices des malheureux aliénés, que la misère et le mépris, dont ils sont fréquemment accablés, provoquent à de funestes rechutes (1). »

Un an après cet appel, en 1841, Falret, médecin de la Salpêtrière, et l'abbé Christophe, aumônier du même établissement, entreprenaient l'œuvre du patronage des aliénés sortis guéris de la Salpêtrière.

En 1842, David Richard (2), directeur de l'asile de Stéphansfeld, lut sur ce sujet, au Congrès scientifique de France, tenu à Strasbourg, un mémoire d'oîi nous extrayons ce passage : « L'aliéné indigent, qui a recouvré sa raison, sort joyeux

(1) Cazauvielh, Du suicide, de l'aliénalion mentale, et des crimes contre les personnes, comparés dans leurs rapports réciproques, Paris,

(2) David Richard, Du ré(jime moral des aliénés, et de la nécessité d'un patronage pour les aliénés indigents guéris. Mémoire du Congrès scientifique de France, Strasbourg, 1813.

H2 TIIKRAPEUTIQUK GKNÉRALE.

de l'asile où il a été constamment traité avec les égards dus à sa souffrance. Rendu à la liberté, maître de ses actions, le ■cœur ouvert à l'espérance, il retourne avec empressement à ses anciennes relations. Chacun, pense-t-il, vase réjouir avec lui, l'aider à reprendre ses travaux, soutenir sa vie, Qu"il se trompe cruellement ! On ne veut pas croire à sa guérison, on le poursuit de l'épithète injurieuse de fou ; on interprète défavorablement toutes ses actions, toutes ses paroles; on lui refuse toute confiance ; la peur lui ferme toutes les maisons où il pourrait trouver du travail ; il reste isolé, bafoué, sans ressources; désespéré, sa tête s'égare, il cherche un remède à ses maux dans le suicide ; ou bien, il est renvoyé dans l'asile où il n'aurait jamais dû enti^er... Vous êtes ici. Messieurs, des représentants de la science et de la civilisation. Vous avoir signalé cette plaie cachée, c'est vous avoir persuadé qu'il faut la panser, c'est vous avoir prouvé l'urgence d'établir, dans chaque département, des sociétés de patronage qui se chargent de suivre, de protéger, d'encourager, de secourir les aliénés indigents que repousse un faux préjugé. »

Sur la demande de Richard, la 6* section consacra, par son vote, le principe de la formation d'une Société de patronage pour les aliénés indigents guéi'is.

L'exemple de Falret fut suivi, en 1843, par Baillarger et Mitivié qui créèrent, de leur côté, une nouvelle association. Pendant quelque temps, les deux sociétés marchèrent isolément, poursuivant le même but; puis, elles fusionnèrent pour se fortifier. « Cette combinaison, écrivait Dalasiauve, en 1854, s'opéra sans secousses et sous l'empire d'un seul sentiment : le désir de donner plus de développement aux bienfaits. L'association, sous sa nouvelle forme, étendit avec plus d'elRcacité aux aliénés hommes l'assistance auparavant plus particulièrement affectée aux femmes et prit, à juste titre, le nom d' « Œuvre de la Salpctrière et de Bicôtre ». Cette fusion paraît s'être faite en 1848.

A l'origine, le patronage consistait en secours. En 1843, un

asile fut affecté à la société, vue Plumet; il l'ut transféré, plus tard, à Grenelle, rue du Théâtre n° 52, sous le nom à'ouvroir Sainte- Marie. En 1876, l'œuvi-e du patronage s'étendit à tous les aliénés indigents sortis convalescents des asiles de traitement du département de la Seine.

L'œuvre du patronage s'exerce sous trois for-mes principales :

L'asile-ouvroir ;

Les réunions du dimanche ;

Le patronage à domicile.

a. — L'A^i'/e, dit J. Falret, est consacré uniquement à des convalescentes d'aliénation mentale. Elles y entrent volontairement et sont toujours libres d'en sortir quand elles le désirent. Ce n'est donc pas un asile fermé. De plus, c'est un refuge essentiellement temporaire. On ne doit pas y garder les patronnées au delà de trois ou quatre mois, c'est-à-dire le temps nécessaire pour leur trouver une position ou du travail qui leur permette de se suffire.

h. — Le second mode de patronage consiste dans les réunions du dimanche. Les patronnées, dispersées, nombreuses, ne peuvent être visitées ; on les invite à venir tous les dimanches, pour prendre un repas à l'asile-ouvroir. On s'informe de leur situation, de leur état, de leurs besoins ; on leur donne des secours, des conseils, des encouragements...

c. — Le troisième mode, c'est le secours à domicile. « C'est là, écrit J. Falret, le mode principal de notre patronage, celui pour lequel il a été fondé, et qui s'applique au plus grand nombre des convalescents, aux hommes comme aux femmes. Le but des fondateurs de notre œuvre a toujours été de suivre nos patronnées dans la famille et dans la société, à leur sortie des asiles, de leur faciliter le passage d'une vie de dépendance à une existence d'entière liberté, de leur venir en aide dans les premiers temps de leur sortie, pour les réconcilier avec leurs familles, trop souvent disposées à les abandonner, et pour leur trouver du travail et une position sociale qui leur permettent de subvenir à tous leurs besoins. »

L'œuvre est subventionnée par le ministre de l'Intérieur et par la charité privée. En 1889, les recettes s'élevaient à près de 40 000 francs, qui ont été intégralement dépensés; près de cent femmes ont été reçues à l'asile-ouvroir, et plus de huit cents personnes ont été secourues à domicile.

En dehors du déparlement de la Seine, en province, il existe d'autres sociétés de patronage. Quelques-unes n'ont pu réussir; d'autres fonctionnent et prospèrent.

Bourneville, dans un rapport au Conseil supérieur de l'Assistance publique, Giraud, dans son remarquable rapport au Congrès de médecine mentale de la Rochelle (1893) ont donné des détails sur les sociétés de patronage des asiles de province .

L'Allemagne, la Belgique, l'Italie ont des sociétés analogues. Guislain, qui en avait compris l'utilité, légua une somme de 50 000 francs pour les aliénés de Gand. Mais l'effort de Guislain n'a pas réussi à attirer sur la question toute l'attention qu'elle méritait.

En Allemagne, l'organisation est meilleure et les sociétés de patronage pour les aliénés sont nombreuses.

Les sociétés de patronage n'ont pas seulement pour objet de procurer du ti^avail aux aliénés sortants : elles ont d'autres résultats non moins utiles. Elles éclairent le peuple sur les causes sociales de la folie, l'alcoolisme, le surmenage, etc.; sur la nature et le traitement des maladies mentales. Elles facilitent l'entrée rapide des aliénés dans les asiles et les rapports des familles avec les malades. Les secours qu'on porte aux malades sortants ne sont pas seulement pécuniaires, ils sont aussi moraux. Nous donnons, à ce sujet, les conclusions de Giraud (1).

« 1° Tout asile devrait être, sinon pourvu spécialement d'une société de ce genre, au moins afBlié à une œuvre de patronage, pour que l'assistance, si elle est encore nécessaire, ne s'arrêtât pas au seuil de l'asile.

(1) Congrès de médecine mentale de La Rochelle (1893;.

« 2° L'organisalion d'une société de patronage pour les aliénés sortant de l'asile est toujours possible.

« 3° L'organisation de sociétés de patronage doit varier suivant qu'on se trouve dans une grande ville, ou en dehors d'une grande agglomération de population.

« Dans le premier cas, on doit se préoccuper avant tout de procurer un refuge temporaire aux convalescents nécessiteux sortant de l'asile, afin de les mettre à l'abri de la misère, en attendant qu'ils aient trouvé une occupation.

« Dans le second cas, on doit surtout répondre aux nécessités de l'assistance pour les secours à domicile. 11 faut donc, tout d'abord, constituer une caisse de secours distincte de celle de l'asile, avec un capital de réserve, et s'attacher des correspondants affiliés à la société, sur tous les points où l'assistance doit s'exercer.

« Le produit du travail des aliénés est appelé à jouer un rôle pour l'alimentation de la caisse de secours.

« Le patronage des aliénés étant lié à l'assistance donnée à l'asile, le personnel médical et administratif des asiles doit former partie intégrante des agents actifs de l'œuvre, et le siège de la société doit être, sinon à Tasile, au moins à proximité de l'asile, »

Nous ne pouvons qu'adhérer à ces conclusions et réclamer leur réalisation intégrale.

Paul Garmer et Cololian.

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