LES ALIMENTS
soumettons certains hystériques et neurasthéniques au régime lacté exclusif, pendant deux et trois semaines, et les malades s'en trouvent bien.
On peut donner le lait tiède, chaud ou froid. Nous l'ordonnons tiède aux malades faibles, âgés; il doit être bouilli. Quelques-uns ne peuvent supporter le lait bouilli; nous recommandons, en ce cas, de le chauffer jusqu'à 80° ou 90°. A cette température, il ne contient plus de microbes nuisibles et conserve encore le goût du lait cru.
On doit donner le lait à des intervalles réguliers. Bien qu'il ne séjourne pas longtemps dans l'estomac, il ne faut pas en absorber plus de 200 à 300 grammes à la fois.
On peut également ordonner les laits médicamenteux, les laits fermentes, le Képhir, le Koumys, etc.
Nous ne pouvons omettre de parler des fromages, si riches en azote, par conséquent si substantiels.
Il faut exclure de l'alimentation des aliénés et des névrosés traités au lit, les fromages faits qui augmentent considérablement les ptomaïnes ; on peut leur donner des fromages frais.
Les œufs sont des aliments complets. Us sont plus ou moins rapidement digérés, suivant toutefois le mode de cuisson. Les œufs peu cuits sont plus propres que les autres à une facile digestion. Ils doivent entrer dans le régime des névrosés, préparés à la coque, ou sous forme d'omelette.
Les yî'anf/e* sont des aliments très nutritifs ; mais une alimentation exclusivement animale excite le système nerveux. « L'observation a démontré, dit le professeur Tarchanow, que la nourriture animale, surtout après une inanition, produit une forte excitation, une espèce d'ivresse (1) ». , Toutes les viandes ne sont pas, au même degré, digestibles ; le degré de cohésion des fibres joue un rôle prépondérant, La
(1) Tarchanow, Sur les poisons dans Vorganisme de Vhomme el des animaux (trad. russe).
viande des jeunes animaux est moins dense, moins fibreuse. On peut ordonner du veau, du mouton, de l'agneau, du poulet, en portant aussi ses soins sur la préparation. Si la cuisson n'augmente pas la valeur digestive des aliments, elley ajoute une réelle valeur par appétence.
La viande de bœuf, d'après Kovalewsky, sera prescrite aux aliénés et aux névropathes, avec beaucoup de discernement. Très utile dans tel cas, elle ne convient pas dans tel autre. On l'ordonne aux anémiés, aux mélancoliques stupides, aux déments, mais avec modération.
La viande crue convient aux stupides, dans l'alimentatio» artificielle. On la met, râpée, dans du lait.
Les poudres de viande ont, aussi, quelques avantages. La peptonisation en est facile, grâce à leur état moléculaire^ L'assimilation de l'azote de la poudre de viande ne diffère pas sensiblement de celle des autres viandes. On peut en faire usage dans les cas de refus d'aliments, en suspension dans du lait, avec des œufs; mais, on doit écarter les poudres de viande qui ne seraient que médiocrement préparées.
La chair des poissons est assez facile à digérer, à l'exclusion des poissons gras,
La viande de porc, très grasse, doit être rarement permise. Inutile d'ajouter qu'il vaut mieux supprimer du régime des malades toute viande de gibier et la charcuterie.
Les substances végétales jouent un très grand rôle dans l'alimentation. L'amidon et les principes féculents, transformés par la salive et le suc pa,ncréatique en glucose, sont bien absorbés par l'organisme.
Le pain et les autres préparations à base de céréales viennent en première ligne. Les pains ordinaii'es ne sont pas seulement nutritifs par la quantité d'azote qu'ils contiennent, mais aussi par les principes salins.
Les légumes féculents, surnommés viandes du pauvre, contiennent de la légumine, des amidons et des dextrines, des