‹ Traité de thérapeutique des maladies mentales et nerveusesChapitre 35 sur 86 · FOLIE INTERMITTENTE · texte numérisé non relu

FOLIE INTERMITTENTE

Durant l'accès de manie aiguë, les patients ont l'aspect de maniaques ordinaires atteints d'extrême agitation, d'incohérence des actes et de la parole. Ils sont emportés, violents, bi'isent les objets et déchirent leurs vêtements.

L'accès d'excitation ou de manie est en lui-même régulier, sans paroxysmes et, le plus souvent, de courte durée.

b) L'accès mélàncolique peut revêtir la forme d'une simple dépression ou la forme de la mélancolie stupide. L'attitude du malade est celle d'un déprimé, abattu, découi'agé. Il existe aussi une forme délirante. Comme les accès maniaques, les accès de dépression ont généralement une physionomie identique, surtout quand ils sont isolés.

Intervalles lucides. — H y a, après chaque accès, des périodes de calme pendant lesquelles l'intelligence paraît intacte. Le sujet reprend ses occupations, comme si rien d'anormal ne s'était passé en lui.

Les accès se modifient, parfois, avec le temps, changent de caractère, diminuent ou augmentent d'intensité. Au début, chez quelques intermittents, ils éclatent régulièrement de la même façon et perdent ensuite cette régularité.

Les crises se rapprochent, les intervalles lucides sont moins longs et moins marqués ; les accès arrivent à se succéder presque sans trêve aucune. Avec le progrès de la maladie, l'intelligence se modifie et la période lucide, de très courte durée, est assombrie par l'affaiblissement intellectuel, présage de la démence finale.

B. Traitement de i.a folie intermittente. — La folie intermittente est une des affections mentales les plus rebelles au traitement.

L'intervention du médecin doit néanmoins être très active.

Trois éventualités se présentent qui exigent trois lignes de conduites différentes.

1. Le malade est dans la période lucide. — Le rôle de l'aliéniste est alors assez effacé ; car, à part les quelques règles

générales d'hygiène physique et morale on ne connaît point un traitement préventif des accès.

Le sulfate de quinine, l'antipériodique par excellence, n'a pas donné les résultats qu'on en attendait. Pourtant, dans quelques cas, administré à la dose de 30 centigrammes à 2 grammes, pendant les intervalles lucides delà folie intermittente à accès courts et rapprochés, le sulfate de quinine a pu retarder l'accès ou en atténuer l'intensité.

Quand la saignée était en faveur, on l'ecommandait les émissions sanguines générales ; Baillarger aurait, par la saignée, transformé en mélancolie intermittente une folie à double forme. Il aurait ainsi supprimé l'accès maniaque; mais la mélancolie persista ; « la maladie, dit Marcé, se réduisit à des accès intermittents de mélancolie profonde, survenant à des intervalles à peu près réguliers et resta, malgré tout, incurable».

Burkhard administrait des injections sous-cutanées de strychnine aux malades chez qui le tracé du pouls annonçait le retour probable des accès; dans deux cas, il obtint de bons résultats.

L'arsenic ne réussit pas mieux que la quinine.

Le haschich a été employé par Brière de Boismont, Vopiuni par Krafft-Ebing et le bromure de potassium par Kraepelin.

Bien d'autres médicaments ont été préconisés pour prévenir le retour des accès, sans qu'on ait pu constater leur action curative.

Devant leur inefficacité, le médecin ne doit pourtant pas désarmer. L'hygiène, la vie calme, la sobriété, l'exercice en plein air, l'hydi'othérapie seront conseillés. Si l'on ne peut enrayer le mal, au moins doit-on essayer de donner au malade la force de résistance qui pourrait lui faire défaut.

IL Le malade est en accès maniaque. — La séquestration s'impose, alors, dans la majorité des cas, surtout s'il y a du délire, des impulsions et de l'agitation. Les autres soins sont ceux que nous avons indiqués précédemment.

UNiVERSlTY OF LEEOS.

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