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DÉMENCE

Brown-Séquard enseigne une méthode contre les escarres d'origine spinale; il s'agit d'applications locales, alternativement chaudes et froides. On met sur la lésion un sac de glace durant huit à dix minutes; puis, on le remplace par un cataplasme chaud, qu'on laisse en place une heure. Ce mode de traitement peut convenir pour l'escarre de la paralysie générale.

Cette lésion trophique est produite par le frottement et la compression. Pour diminuer le frottement, on a proposé de placer un foulard de soie au milieu du lit; nous avons essayé ce moyen qui n'a pas souvent réussi.

La poudre de charbon et de quinquina nous a donné de nreilleurs résultats.

Article II. — Démence.

A. Considérations générales. — La démence est la déchéance complète des facultés mentales, avec ou sans délire, s'accompagnant, à la longue, d'un affaiblissement physique.

En clinique, le dément offre des aspects fort différents et chaque forme a des causes complexes. Pour la facilité de Tétude, nous distinguerons une démence primitive et une démence secondaire.

Dans la démence primitive se classent la démence sénile et la démence précoce des jeunes gens.

La démence secondaire comprend, dans un premier groupe, les démences vésaniques, consécutives au délire chronique à évolution systématique, à la folie intermittente et à la manie chronique, et les démences névropathiques , consécutives aux névroses convulsivantes : hystérie, épilepsie.

Dans un deuxième groupe se rencontrent les démences organiques, occasionnées par les lésions généralisées de la paralysie générale, de la pachyméningite, de l'alcoolisme chronique, ou bien, par des lésions en foi/er, comme dans le

THAITEMENT nKS FOLIES OROANIQrES.

ramollissement ou l'hémorragie cérébrale ; c'est la démence apoplectique.

Si, au point de vue clinique, toutes ces divisions ont leur importance, au point de vue thérapeutique, beaucoup de frontières s'effacent et plusieurs formes de démence se confondent. Ainsi, il y a peu de différence entre le dément sénile, le dément alcoolique et même le dément vésanique.

L'homme qui tombe en démence perd progressivement les plus nobles attributs de sa personnalité. L'élément psychique s'altère, les conceptions se ralentissent; l'imagination, la pensée perdent leur vivacité ; le raisonnement, la mémoire s'affaiblissent et l'assimilation psychique se réduit de plus en plus.

A cet ensemble d'affaiblissement démentiel, s'ajoutent souvent des troubles psychiques, des excitations intellectuelles, du délire même; il y a alors, tout à la fois, déficil mental et déviation intellectuelle.

Dans la sphère de l'émotivité, les modifications sont nombreuses ; le caractère s'aigrit, devient irritable, défiant, égoïste. La gaieté fait place à la tristesse, aux pleurs, sans cause apparente. Cette tristesse prend, parfois, la forme dépressive mélancolique; ou bien, le dément se montre apathique, insouciant. Dans cette déchéance des facultés, les sentiments éthiques sombrent plus ou moins. Aiguillonné par une excitation génésique confuse, le dément commet des actes immoraux, sur les enfants principalement, actes qui amènent aisément son arrestation, car il ne prend aucune précaution pour se soustraire aux conséquences de sa conduite.

Puis, l'altération des cellules nobles s'accentue, la ruine du cerveau s'accomplit, irrémédiable. On observe bien encore des préoccupations délirantes, mais toutes sont marquées du sceau de la sénilité.

L'exci/alion maniaque sénile existe, non comme entité morbide, mais comme forme assez distincte. C'est une complication grave qui mène rapidement à la consomption mentale et physique.

nÉMENCR.

La mélancolie sénile est souvent constituée par des préoccupations hypocondriaques caractéristiques; les hallucinations y sont assez communes.

Le délire de persécution est la complication la plus fréquente de la démence : les idées de vol dominent les préoccupations du malade ; la mémoire lui faisant défaut, il croit volontiers qu'on l'a spolié, que son entourag-e, ses enfants veulent se débarrasser de lui pour le dépouiller.

Des idées de suicide germent dans ce cerveau déchu ; elles découlent de la dépression mélancolique, ou résultent du désir d'échapper à d'imaginaires persécuteurs.

Démence vésanique. — Certaines aliénations chroniques (délire chronique, folie intermittente, manie et mélancolie chroniques) se terminent par la démence; les mêmes phénomènes, le même affaiblissement psychique, les mêmes modifications morales y apparaissent, avec un caractère pourtant moins enfantin que dans la démence organique.

Démence alcoolique. — Dans la démence alcoolique, les signes cliniques se rapprochent de ceux qu'on observe dans la paralysie générale à forme lente, ou de ceux de la démence sénile. L'observation démontre qu'il y a des alcooliques chroniques sur la frontière de la paralysie générale, ou qui s'y acheminent. Si les lésions ne sont pas irrémédiables, le processus peut être enrayé par le traitement ; si la paralysie générale est établie, les efforts du médecin seront dirigés vers la rémission possible.

La démence alcoolique simple, celle où aboutissent la majorité des buveurs d'habitude, des alcooliques chroniques, est surtout caractérisée par des hallucinations vespérales, des cauchemars nocturnes. Les sentiments éthiques sont très profondément atteints, bien avant les autres.

Démences organiques apoplectiques. — A côté de ces démences, on en reconnaît d'autres qu'on appelle hémiplé-

giques, el qui sont consécutives au ramollissement cérébral, à l'hémorragie ou aux tumeurs cérébrales.

Dans le ramoUissemenl cérébral, par thrombose ou par embolie, par oblitération lente ou brusque, il y a des troubles fonctionnels durables (hémiplégie, aphasie, etc.), et parfois des troubles psychiques. Chez les sujets jeunes, les attaques successives de ramollissement sont relativement rares. Le ramollissement est dû à l'embolie dans la grande majorité des cas. Chez l'adulte et chez le vieillard, l'attaque n'est pas isolée ; par suite des attaques successives, l'afTaiblissement psychique augmente et se termine par la démence.

Cette démence n'a aucun caractère particulier. On y retrouve les modifications que nous avons esquissées : diminution de la mémoire, du jugement et de l'association des idées. Certains malades sont vindicatifs, autoritaires, sournois, défiants, soupçonneux; les autres, apathiques, puérilement dociles et passifs. Les idées de persécution, de suicide peuvent apparaître et se traduire avec une certaine fixité. Le dément devient alors dangei^eux et il faut prendre les mesures reconnues nécessaires (internement).

Dans Vhémorragie cérébrale, les troubles psychiques sont tardifs. Si la mort ne survient pas, la période de réparation progressive succède, tendant à l'amélioration plus ou moins marquée. Les troubles de la parole, très sensibles au début, s'atténuent. Les fonctions psychiques ne sont pas atteintes aussi profondément que chez les déments par ramollissement ; l'affaiblissement de la mémoire et les altérations mentales sont bien moindresquechezlessujetsatteintsde ramollissement cérébral.

Le pronostic est moins grave quand le cerveau, frappé d'hémorragie cérébrale, n'est pas lésé par l'alcoolisme, le saturnisme ou la vieillesse, toutes causes affaiblissantes qui provoquent à elles seules la démence.

Les tumeiu's cérébrales (gliome, cérébrome, neurogliome ganglionnaire, sarcome, fibrome, carcinome, tumeurs parasitaires, tumeurs vasculaires, tumeurs kystiques, syphilomes

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