IV. Traitement physique. — 11 ne doit pas être négligé
L'hrjdrothérapie trouve une indication formelle dans le traitement de la choi^ée. Il y a longtemps que Waler, Rosenthal, Eulenburg, ont démontré la diminution de la contractilité des muscles, dont les nerfs sont soumis à l'action de la glace. Et, dans la chorée, c'est le but qu'il faut chercher à atteindre.
Les douches froides, les bains tièdes seront conseillés d'après le sujet, son degré de résistance, etc. La douche froide, en jet brisé, sera dirigée sur la colonne vertébrale.
L'enveloppement dans le drap mouillé est préconisé par Joffroy. En guise de douche froide, ce même auteur conseille de laisser le malade enveloppé dans le drap mouillé durant 2 à 3 minutes, deux fois par jour.
h' électricité, comme agent thérapeutique dans la chorée, n'a pas donné de résultats satisfaisants.
Le massage et la gymnastique ont leur valeur dans la convalescence.
Au dcbul, c'est le calme intellectuel et physique qu'il faut
MALADIE DE DASEDOW. 353
aux petits clioréiques, dont l'esprit, troublé par l'agitation musculaire^ ne peut se fixer et dont l'attention est presque nulle. Le repos absolu sera de rigueur pendant la période aiguë; plus tard, on permettra une gymnastique méthodique.
Article II. — Maladie de Basedoio.
A. Considérations générales. — Le goitre exophtalmique est classé par quelques auteurs parmi les névroses. Pourquoi? On n'en sait trop rien. Cette affection, dont la nature est si discutée, est encore moins une névrose que la chorée. L'anatomo-pathologie n'a donné que des résultats variables, incertains. Le cœur est quelquefois lésé par la dégénérescence ; le corps thyroïde offre toutes les variétés du goitre, les viscères n'ont rien de particulier. Les altérations du système nerveux ne sont pas plus déterminées. Le grand sympathique a montré, dans les autopsies, des lésions variées. Dans la moelle^ on a trouvé un accroissement du tissu névroglique et des dégénérescences vasculaires ; enfin, on a cité quelques cas d'hémorragie méningée et bulbaire.
De ces données confuses de l'anatomo-pathologie il était difficile de tirer des conclusions sur la nature et la pathogénie de l'affection.
Le grand sympathique fut incriminé, à la suite des expériences de Claude Bernard etde Vulpian. Benedickt, Rosenthal, Friedreich, etc., ont cru trouver l'interprétation des phénomènes du goitre exophtalmique dans des altérations des nerfs vaso-moteurs.
Des observateurs éminents ont pensé à une névrose, parce que l'hérédité est, ici encore, en jeu, et que les troubles psychiques ont leur part dans la symptomatologie.
D'autres voient dans le bulbe, dans son altération, l'explication des phénomènes.
La nouvelle théorie, celle qui paraît donner une interpré- Paul Garmer et Cololian. 23
talion plus satisfaisante, Vinfeclion thijro'idienne, est due à Môbius (1); ses principaux pi'omoteurs furent, en France, Renaut (de Lyon) et JolTroy.
D'après cette conception, le corps thyroïde, toujours altéré dans sa structure anatomique, dans son fonctionnement, détermine une intoxication analogue à celle produite par l'alté- I ration des reins. « La maladie de BasedoAV, a-t-on dit, est au \ corps thyroïde ce que l'albuminurie est aux reins. » ^ Cette théorie, qui n'a pas encore été étayée de preuves expérimentales, est conforme aux faits cliniques. Les troubles moteurs, sensitifs, sécrétoires, vaso-moteurs, psychiques existent dans l'urémie ; mais cette dernière n'est pas admise comme névrose.
Les perturbations psychiques qu'on observe dans la maladie de Basedow n'ont pas de cachet particulier. Elles con- I sistent dans une légère exaltation mentale, de l'agitation, de I l'inquiétude, de l'angoisse. Le caractère change, l'humeur est inégale et irritable. L'enchaînement des idées est souvent rompu, et les idées se pressent, sans lien, incohérentes. L'insomnie est fréquente, les cauchemars sont tenaces et effrayants. Cet état vague, imprécis, prend la forme de la manie du dégénéré ou de la mélancolie avec préoccupations hypocondriaques, etc. Parfois, on observe des accidents de forme vaguement hystérique et neurasthénique.
Il y a bien une relation entre l'aliénation mentale, les névroses et le goitre exophtalmique; mais il n'existe pas une psycho-névrose proprement dite constituée par la maladie de Basedow, de même qu'il n'existe pas de folie urémique, de folie brightique, de folie puerpérale, décrites à tort, par certains auteurs, comme des entités morbides.
L'intoxication basedowienne ne fait délii'er qu'un sujet prédisposé mentalement, et, d'autre part, pour provoquer la maladie de Basedow, il faut l'influence de l'hérédité. Donc,
(1) Môbius. Schmidfs Jahrb., 1886,Bcl.CGX, p. 231. — Centralbl. fur Nervenheilk., 1887,