MALADIE DE BASEDOW
une première hérédité intervient pour le goitre et en second lieu une prédisposition dég-énérative favorise le délire. C'est cette prédisposition qui trouble les fonctions psychiques et peut déterminer, avec le progrès de l'intoxication thyroïdienne, des manifestations hystériques et neurasthéniques.
B. Traitement. — On a essayé, pour combattre les troubles circulatoires et nerveux de cette affection, tous les médicaments offrant des chances de succès.
Les médicaments cardiaques semblaient désignés entre tous. La digitale, combinée avec la saignée et l'hydrothérapie constituaient le traitement de Trousseau. Il prescrivait ce médicament à de très fortes doses : « Ne vous arrêtez, disaitil, qu'au moment où vous avez produit, chez votre malade, un commencement d'empoisonnement, lorsqu'il se plaint de vertiges, de céphalalgie, de maux de cœur. » Mais la digitale est un médicament actif, qu'il faut savoir donner avec beaucoup /! de discernement. Môbius affirme avoir constaté une aggra- L vation de la maladie dans plusieurs cas.
Quand on ne découvre aucune lésion cardiaque indiquant la prescription de la digitale, il est préférable de s'en abstenir. Au cas de lésions mitrales, d'une asystolie menaçante, elle -|/| rend au contraire de réels services.
Le strophantus hispidus semble avoir une action sédative sur les palpitations. Fergusson a observé cette efficacité sur neuf cas de tachycardie. Pour obtenir cet effet, il faut des doses élevées (8 à 10 gouttes de teinture de strophantus, ou de 15 à 30 gouttes sous forme de teinture au vingtième).
La caféine, employée par Kahler (de O^"^, 80 à 1 «\ 50 de benzoate de caféine) peut calmer les palpitations ou les diminuer, La véralrine, usitée beaucoup en Amérique depuis Norwood, est pour quelques auteurs (Aran, G, Sée) un médicament très sûr; cette substance agit sur les muscles lisses et imprime un ralentissement à leur contraction. En effet, la teinture de veralrum viride, à la dose de 10 gouttes par jour,
portée progressivemcnL jusqu'à 20 gouttes et administrée en trois ou quatre fois, ralentit le cœur, diminue la pression intravasculaire. Malheureusement, ce médicament ne réussit pas toujours, malgré un traitement de plusieurs mois.
h' aconit, employé par les médecins anglais, à cause de son action de vaso constriction, est rarement prescrit en France, en dépit de la recommandation de Seguin.
La belladone (Gowers, Smith), dans quelques cas, amènerait une amélioration ; mais elle produit de l'accélération des mouvements du cœur. Autant que possible, il est préférable d'éviter cet effet.
La duhoisine peut avoir une influence salutaire sur quelques symptômes locaux, sans toutefois modifier la marche de la maladie.
La strychnine, Vergot de seigle, Vopium, le chloral, Vélher, le chloroforme, sont d'efficacité douteuse dans la maladie do Basedow.
De tous ces remèdes, le plus en vogue, le moins toxique, c'est le bromure de potassium, vrai sédatif du système nerveux, qui, à la dose de 2 à 4 grammes, calme l'irritabilité, l'agitation diui^ne et nocturne, procure un sommeil paisible, diminue les palpitations et les bouffées congestives. Russell, Reynolds l'associent au fer, Jaccoud à l'acide arsénieux.
L'inefficacité des médicaments a encouragé les essais de la chirurgie. On a tenté l'ablation de la glande thyroïde, la thyroïdectomie. Cette opération a été faite de diverses façons; on a même pratiqué la thyroïdectomie totale, mais on a vu se produire des accidents se rapprochant de ceux du myxœdème. Pour les éviter, on conseille de ne jamais faire l'ablation totale. Même alors, les résultats n'ont pas toujours été satisfaisants. On a observé des cas de mort, des accidents de tétanie et plusieurs insuccès. La guérison radicale n'a pu être obtenue. La plupart des symptômes s'améliorent, s'atténuent, mais persistent quand même.
Vexothyropexie est très dangereuse.