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III. Traitement des troubles de la motilité. — « Il

ne faut pas laisser traîner les contractures », disait Charcot. Il ne faut pas laisser traîner davantage les divers ti-oubles de la motilité, les parésies ou les paralysies. Plus on intervient rapidement, plus les chances de guérison sont nombreuses.

a) Les malades de la Salpêtrière, dit Gilles de la Tourette, connaissent la valeur de cette intervention rapide. Si l'une d'elles, à la suite d'une crise ou d'un traumatisme quelconque, est prise de contracture, vite des voisines accourent et si l'avant-bras est contracturé, en flexion par exemple, elles s'empressent de malaxer les muscles de la région postérieure du segment atteint et la contracture ne tarde pas à céder.

En effet, c'est cette méthode qui réussit le mieux. Dans un cas de contracture, il faut agir aussi promptement que possible et, parla malaxation des muscles antagonistes, produire comme une seconde contracture, qui contre-balance la première. Malheureusement, ceci n'est guère facile qu'en théorie ; car, les malades viennent souvent fort tard réclamer des soins et plusieurs formes de contractures s'établissent lentement, presque insidieusement ; certaines sont très tenaces, la coxalgie, par exemple, où l'on ne peut agir par l'excitation des muscles antagonistes.

L'hypnotisme peut être employé, dans ces cas, mais il faut se souvenir des nombreuses réserves que cette thérapeutique comporte.

Un autre moyen consiste à provoquer une crise convulsive parla pression d'une zone spasmogène; seulement, la contracture disparue peut être remplacée par une autre, et c'est là un grand inconvénient, sur la production duquel il est bon d'être prévenu.

La siKjcjeslion à Vêlai de veille agit souvent mieux que

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n'importe quel LrailemenL. Les contraclures guérissent parfois, grâce à un médicament inerte, par la médecine d' ima(jinalion, la mie de pain, le bleu de méthylène, ou par la médecine miraculeuse, par h foi qui guéi-it (Charcot), comme nous le disions, tout à l'heure.

On pourra recourir à V éleclriciié faradique, au massage. L'ef fleur âge, pratiqué légèrement, réussit, surtout quand la contracture est de date récente.

On a proposé, pour combattre les contractures anciennes, de rompre, sous le chloroforme, les adhérences, s'il en existe, et de mettre le membre dans un appareil. Nous n'avons jamais eu recours à ce moyen, mais, d'après les expériences de Charcot, on peut conclure, déjà, que c'est un procédé défectueux, parce qu'on immobilise le membre physiquement et qu'on risque de ûxer psychiquemcnt la contracture.

h) Quant aux paralysies, la conduite à tenir est identique. L'intervention sera aussi rapide que possible. L'hypnotisme, la suggestion à l'état de veille, comme Tintercurrence d'une crise convulsive, peuvent les faire disparaître.

Pour les monoplégies brachiales, Charcot employait le dynamomètre. La suggestion est ici encore en cause ; le malade, plusieurs fois par jour, de ses mains paralysées, fait des efforts sur l'instrument, en notant lui-même les progrès.

Mais, c'est surtout à l'électricité faradique ou statique qu'il faut s'adresser. Elle agit par elle-même, et principalement par la suggestion.

Le massage est également indiqué.

L'exercice du membre paralysé a une influence psychique favorable; pendant le massage, on doit faire exécuter aux membres à plusieurs reprises des mouvements physiologiques.

Les contractures musculaires, les hémiplégies et monoplégies hystériques, qu'elles soient survenues à la suite d'un accès, ou qu'elles se soient produites lentement, sont généralement tenaces, si Ton n'intervient pas au début. Parfois, la chronicité s'établit étions les efforts de la médecine échouent.

Dciiis le service de Déjerine, à la SalpêLrière, l'un de nous a vu une femme de quarante-neuf ans, qui, depuis trois ans, souffrait de contractures des muscles adducteurs et fascialata des deux cuisses, au point que la marche n'était plus possible. L'isolement a produit chez cette malade des effets très appréciables et très rapides : au bout de peu de jours, elle accomplissait des mouvements jusqu'alors impossibles. Un mois après, elle était guérie.

IV. Traitement des troubles trophiques. — Les altérations par désordre de la nutrition périphérique ne sont pas rares au cours des contractures et des paralysies, principalement sous forme d'éruptions cutanées {pemphicfus, herpès, eczéma), œdème bleu, atrophie musculaire, etc.

Selon chaque cas, le traitement varie. L'électricité réussit dans les éruptions cutanées, dans l'œdème bleu. Le massage est plutôt indiqué dans l'atrophie musculaire. Il ne faut pas oublier que, sans le traitement général de l'hystéiùe, ces manifestations ne disparaissent ni complètement, ni définitivement.

V. Traitement des troubles gastriques. — Deux accidents hystériques tourmentent beaucoup le malade et son entourage : l'anorexie et l'hématémèse.

h'anorexie (1) est souvent si tenace et si profonde que la vie du malade peut courir du danger si l'on n'intervient pas. Deux cas peuvent se présenter : ou bien le malade mange un peu, mais n'accuse pas de faim; ou bien, prétextant l'anorexie, il ne prend aucun aliment; dans l'un comme dans l'autre cas, le traitement héroïque, proposé et défendu surtout par Charcot, est Visolenient.

Dans le premier cas, le médecin devra tâcher d'assister aux repas, les premiers jours au moins ; il surveillera ainsi lui-

(1) Lasègue, De Vanorexie hystérique {Arch. générales de médecine, avril 1873}. — Études médicales, 1884, L, II, p. 45.

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même l'alimenta lion. Isolé, dominé par l'auLorilé du médecin, le sujet se nourrit mieux. Si l'injonction du médecin et l'isolement ne suffisent pas, il faut recourir à la sonde œsophagienne.

Les autres moyens de traitement seront mis en œuvre si l'amélioration ne survient pas.

\ Vhématêmèse sera traitée, comme s'il s'agissait d'un ulcère ' simple de l'estomac, par le régime laclé. Au bout de quelques j jours de ce régime absolu, on permettra des aliments légers. D'autres troubles gastriques apparaissent chez les hystériques, la lympanite (jaslro-intestinale, par exemple, pour laquelle l'avis du praticien est souvent demandé. Mais il faut savoir que le traitement le mieux dirigé échouera presque toujours si riiystérie n'est pas soignée par Visolemenl et l'alitement. Qu'il s'agisse d'une légère attaque convulsive, ou d'une paralysie, la conduite du médecin dans la direction générale du traitement est sensiblement la même.

VI. Traitement des manifestations intellectuelles ou des troubles délirants. — Nous en avons parlé aux chapitres respectifs [Voir Agi talion, Mélancolie, Idées de suicide, Refus d'aliments).

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