‹ Traité de thérapeutique des maladies mentales et nerveusesChapitre 57 sur 86 · TRAITEMENT DE L'ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L'ÉPILEPSIE

rante-cinq ans, transportée dans le service dans un état de mal presque comateux. Le pronostic étant très sévère, on ne pouvait hésiter à intervenir promptement. Un lavement purgatif est administré, pendant qu'on prépare le sérum. La malade est dans un état de prostration absolue ; nous injectons un litre de sérum dans les tissus cellulaires de la cuisse. Peu après, on introduit la sonde œsophagienne dans l'estomac. On lave cet organe avec de l'eau de Vichy tiède. Un litre de lait est donné. Dans la soirée, on renouvelle le traitement. La malade reste deux jours dans le même état, quoiqu'elle paraisse un peu moins prostrée dès le lendemain de son entrée. Le troisième jour, l'état de mal avait cessé. — On peut assurer que cette épileptique a largement bénéficié du traitement ; tout porte à croire que, sans cette intervention, elle aurait s^iccombé.

IL Traitement des causes. — Les cas dans lesquels le traitement étiologique a une indication nette ne sont pas nombreux, car les causes occasionnelles échappent généralement au clinicien.

Pai^mi les causes connues se trouvent les Iraumatismes du système nerveux central ou périphérique et les lésions caractéristiques du cerveau, telles que les tumeurs.

Dans les épilepsies traumaiiques ^ sans lésions bien spéciales, même dans les cas fort nets d'épilepsie partielle, on ne doit pas tout de suite penser à trépaner; il faut se souvenir que la question de terrain est le point important, et que le traumatisme n'a été souvent qu'une cajise bien secondaire ; la révulsion cutanée peut parfois suffire.

Mais si la lésion paraît avoir atteint les méninges, le cerveau, par enfoncement du crâne, si les crises paraissent être provoquées par des esquilles, des épanchements sanguins, plus lard par une exostose, par des adhérences des méninges, par des épanchements enkystés, l'intervention chirurgicale est indiquée. Le point à trépaner est l'endroit où l'on découvre une

dépression, une cicatrice, et d'ordinaire aussi celui où le ma-yj lade accuse une douleur fixe. La localisation des convulsions indiquera, en outre, la zone motrice atteinte.

Dans les cas de tumeur cérébrale, la trépanation est rarement fructueuse. D'après les recherches de Haie White et de Allen Starr, 2 p. 100, seulement, des tumeurs cérébrales sont opérables. Les indications topographiques sur le siège et l'étendue de la tumeur peuvent, seules, guider le chirurgien, et l'on sait qu'en pratique, rien n'est plus difficile que de préciser le siège de la tumeur. Pcan, avec Ballet (1) et Gelineau (2), ont obtenu une guérison en enlevant une tumeur méningée, qui refoulait la substance corticale. Horsley (3) pi'opose d'enlever les syphilomes dont on connaît les sièges, • quand ceux-ci résistent à un traitement spécifique de six semaines.

L'intervention chirurgicale a été essayée, également, pour Vépilepsie partielle sans traumatisme et sans tumeur. Malgré ' les quelques cas de guérison publiés par Lépine (4), Bendati (5), J. Lucas-Championnière, la trépanation n'a généralement pas d'effet curatif durable. Les insuccès sont dus à ce que l'épilepsie jacksonnienne paraît être la conséquence d'altérations histologiques diffuses, imperceptibles à l'œil, et que L le bistouri ne peut disséquer. Le résultat est fréquemment une paralysie persistante.

Ces dernières années, l'innocuité presque assurée d'opérations semblables ayant facilité la tâche du chirurgien, on a essayé la trépanation, même dans Vépilepsie généralisée, sans qu'il y ait une indication précisée par le siège de la douleur ou i des convulsions. Certains prétendent avoir obtenu des guérisons. On nous permettra quelques doutes. Les interventions violentes, comme les maladies aiguës, modifient lemporaire-

(1) Ballet etGelineau, Gaz. des hôp., 1889, p. 189.

(2) Gelineau, Trailé des épilepsies, Paris, 1900.

(3) Horsley, Congrès de Berlin, 1890.

(4) Dans Péchadre, Thèse de Lyon, 1888, p. 66.

(5) Bendati, Congrès italien de chirurgie à Bologne, 1890,

•'^88 TUAITEMENT DE L'kPILEPSIE.

ment les attaques ; mais, elles n'entraînent ordinairement pas de guérison véritable,

Féré accepte que des douleurs de tête intolérables, même sans localisation, constituent une indication, surtout si les attaques sont fréquentes. L'écoulement du liquide céphalorachidien peut, dans certains cas, devenir favorable. Mais il est plus sage, malgré le peu de gravité des opérations aseptiques actuelles, d'observer de grandes réserves.

Nous ne parlerons que pour mémoire de certaines opérations tentées dans le but de guérir l'épilepsie, telles que l'ovariotomie, la castration, l'extirpation du clitoris. L'intervention chirurgicale n'est admissible qu'en cas d'alî'ections graves de ces organes.

Notre remarque concerne également la résection du sympathique, l'excision du ganglion de Gasser. Les résultats ont été si pitoyables qu'on ne doit plus mettre ces opérations au rang des méthodes de traitement.

L'épilepsie a parfois pour cause la lésion périphérique d'un organe ou d'un nerf. L'intervention chirurgicale peut alors aboutir. L'ablation des cicatrices douloureuses, l'extraction des corps étrangers, enfoncés dans les tissus, dans les oreilles, dans le nez, l'extirpation des polypes des fosses nasales, etc., peuvent guérir l'épilepsie survenue à la suite de ces excitations.

D'autres causes, non traumatiques, mais générales, retentissent sur les zones motrices et produisent des décharges épileptiques : nous voulons parler des rapports qui existent entre l'épilepsie et les maladies générales et de la nécessité d'examiner l'ensemble des appareils chez tout comitial, sans rien négliger.

Les affections des voies digeslives amènent parfois les attaques, tout en faisant la part de la prédisposition. Lépineet Gibert(l), Pommay (2) ont guéri des épilepsies d'origine gas-

fl) Lépine, Rev. de méd., 1877, p. 573.

(2) Pommay, De l'épilepsie gastrique [Rev. de méd., I>f81, p. 44&).

TDAITEMENT DES CAUSES. .109

trique, pnr un régime sévère. Delasiuuve avait justement observé qu'en combattant la constipation par des laxatifs, on éloignait sensiblement les attaques. Les vers intestinaux, dans ces mêmes conditions, provoquent aussi Tépilepsie; leur évacuation assure souvent la guérison.

Plusieurs médicaments ont été proposés pour remédier aux troubles circulatoires qui favorisent les convulsions et pour régulariser la circulation cérébrale; la digitale seule, ou associée au bromure de potnssiutn, au datura slramonium^ Vergol de seigle (Yeats) et Vergoline (Lépine), enfin, Vergolinine (Christian) ont été employés fréquemment. Chapman conseillait les applications de glace sur la région rachidienne et précordiale.

L'épilepsie peut apparaître chez les albuminuriques, les diabétiques et les goutteux. Le régime et le traitement de chaque affection peuvent diminuer la fréquence des attaques ou en amener la suppression. I

Quand on connaît à l'épilepsie une cause toxique, comme l'alcoolisme, le saturnisme ou la syphilis, le traitement doit, ^ naturellement, s'adresser à ces causes.

Dans l'alcoolisme et le saturnisme, la suppression de la cause s'impose avant tout, et si l'on n'arrive pas toujours à faire disparaître les dégénérescences produites par les agents toxiques, on peut néanmoins enrayer leur action épileptogène.

La syphilis provoque des attaques épileptiformes. A la période secondaire, le traitement mixte peut en venir à bout définitivement; mais, à la période tertiaire, le pronostic est réservé. Charcot disait qu'il fallait attaquer le mal de vive force, et donner le mercure et l'iodure à hautes doses : 10 à 1"2 grammes de pommade mercurielle en fi-ictions, et de 4 à 8 grammes d'iodure de potassium par la voie stomacale. Ce traitement ne saurait convenir à tous les sujets, par suite du mauvais état des voies digestives, ou par cause d'intolérance. Pour obvier à ces inconvénients, on a conseillé l'administration du mercure par la voie hypodermique ; le sublimé,

390 TRAÎTRMENT DE l'kPILEPSIF. .

le calomel, etc., ont été essayés. II faut, en tous les cas, surveiller l'hygiène, l'état des dents, des gencives, afin de prévenir les éruptions cutanées, la stomatite et les autres complications.

Les effets de la médication spécifique se font sentir après quelque temps. Quand le traitement le plus énergique ne modifie pas l'épilepsie supposée syphilitique, il faut se souvenir que, dans bon nombre de cas, la syphilis ne fait que révéler une prédisposition latente, et que le traitement ordinaire de l'épilepsie peut avoir des chances de guérison.

L'épilepsie syphilitique héréditaire appelle le même traitement. Mais, ici, le rôle de l'hygiène est prépondérant. Le traitement spécifique peut certainement modifier l'affection; mais, vu le fonds dégénératif sur lequel l'épilepsie s'est développée, il faut soigner le terrain, c'est-à-dire la dégénérescence; des accidents menaçants ont pu être ainsi écartés.

III. Traitement pharmaceutique. — Les médicaments, employés depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, sont en nombre considérable; la plupart n'ont point justifié leur renommée. Les antispasmodiques ont été surtout recommandés. L'asafœiida^ la gomme ammoniaque, la rue, le musc, le dalura stramonium, Vaconit, la mélisse, la pivoine ne trouvent plus de partisans.

Nous ne citerons, ici, que les quelques médicaments encore usités.

La belladone, remise en honneur par Trousseau (1) et administrée par ce grand clinicien aux enfants ayant de l'incontinence d'urines, est encore fréquemment ordonnée, seule ou associée au bromure. Trousseau la prescrivait de la manière suivante :

<( Pendant un mois, le malade prend, chaque jour, une de ces pilules (1 centigramme d'extrait de belladone), le matin.

(1) Trousseau, Clinique de VHôlel-Dieu, 1862, t. Il, p. 41.

si les accès ont lieu surtout dans la journée, ou bien le soir, si les accidents surviennent particulièrement la nuit. Chaque mois, on donne une pilule de plus, et, quelle que soit la dose, on l'administre toujours au même moment. On arrive ainsi à faire prendi-e 5, 10, 15, 20 pilules, et même davantage, sans qu'il soit possible de dire d'avance quelles sont les doses auxquelles on doit s'arrêter. Ces doses n'ont en effet d'autre limite que la tolérance du malade et l'influence que le médicament exerce sur la maladie. La dilatation excessive des pupilles, la sécheresse trop incommode du gosier indiquent un effet toxique qui ne doit pas être dépassé. »

Trousseau a remplacé plus tard la belladone par son alcaloïde, l'atropine.

Les avis sont partagés sur l'utilité de la belladone. Trousseau, lui-même, reconnaît qu'elle n'agit pas souvent. Gubler l'ordonne dans les formes frustes, Hughlings Jackson dans l'épilepsie nocturne; Gowers reconnaît qu'elle n'est utile qu'avec le bromure. Pierret a remarqué que, dans beaucoup de cas d'épilepsie impulsive ou vertigineuse, la belladone provoque des attaques convulsives franches, régularise les décharges épileptiques, soulage ainsi le malade en améliorant l'état général,

Féré a prescrit la belladone à la dose de 2 centigrammes d'extrait; il augmentait d'une pilule par semaine. Dans l'épilepsie convulsive, cet auteur n'a obtenu que des améliorations temporaires ; il a observé des succès durables dans l'épilepsie vertigineuse à accès fréquents, à la suite d'un traitement par l'extrait de belladone, porté jusqu'à 34 centigrammes par jour. Féré a également essayé l'atropine et en a obtenu des améliorations légères.

Les sels de zinc ont eu leur vogue. V oxyde de zmc, recommandé par Th. Herpin (de Genève) fut donné jusqu'à 3 grammes par jour; on commençaitpar 2 centigrammes. La formule de Herpin, oxyde de zinc avec sucre en poudre, a été modifiée parMéglin, qui prescrit ainsi des pilules : oxyde de zinc, extrait

392 TRAITEMENT DK l/liPILEPSlE.

de jusquiame et de valériane, parties égales. Bail l'ordonnait avec la belladone. L'oxyde de zinc, dans quelques cas, paraît agir seul ou associé au bromure, ainsi que le conseillent Magnan, Féré, etc. Certains malades, qui n'éprouvent pas de soulagement par le bromure, se trouvent bien de l'oxyde de zinc. D'autres ne peuvent tolérer les doses élevées. Pour les enfants, on doit commencer par des petites doses, 5 centigrammes, même moins. La dose moyenne est de 20 à 30 centigrammes par jour. Les autres sels de zinc, le laclate, l'acétate, le sulfate, le valérianate de zinc sont peu usités.

Le borate de soude ou borax, recommandé par Gowers, a donné à cet observateur de bons résultats. Il le prescrit en solution aqueuse, et augmente la dose pour s'arrêter à 5 et 6 grammes par jour. Jusqu'à présent les succès de cette méclication n'ont pas été considérables. Féré (1), qui l'a essayée sur 122 sujets, a trouvé, dans les deux dixièmes des cas, une amélioration temporaire et douteuse et une amélioration plus importante dans un dixième à peine. Les inconvénients sont nombreux : vomissements, diarrhée et autres troubles gastro-intestinaux, des poussées d'eczéma, du psoriasis. En dépit des quelques succès de Bijoud (2) (deux guérisons (?) sur 45 épileptiques), et de Mairet (3), d'après nos propres observations en ville ou à l'asile, nous ne croyons pas que le borax puisse modifier les crises.

Vopium avait été proscrit du traitement de l'épilepsie. Flecbsig (4), pourtant. Ta remis à la mode et en a obtenu ' des résultats. Son traitement consiste à donner de l'opium pendant six semaines à des doses croissantes ; il commence par de petites doses, et augmente jusqu'à 1 gramme et plus; puis, il le supprime brusquement et prescrit le bromure. Au début, Flechsig se contentait de donner le bromure pendant

(1) Féré, Du ])orax dans le traitement de l'épilepsie {Revue de médecine, 1895, p. TSO).

(2) Bijoud, 77iè.se de Paris, 1890.

(3) Mairet, Progrès médical, 10 octobre 1S91.

(4) Flechsig, l\euro. central., 1893, p. 229.

TRAITEMENT PUAnMACEUTIOUE. SO.'i

deux mois; il modifia son traitement en prolongeant la durée de cette médication.

Warda (1), qui rapporte les expériences de la clinique psychiatrique du professeur Binswanger à Icna, dit que cet observateur a toujours l'ait prendre le bromure durant des années. On en donne de 6 à 9 grammes pendant trois à six mois et l'on diminue, graduellement, de six mois en six mois, de sorte qu'après deux à trois ans le malade n'en prend plus que 1 à 2 grammes par jour. Warda a observé que la réussite du traitement dépend de la dose d'opium tolérée par le malade. Il donne, en résumé, l'observation de quarante-quatre comitiaux qui ont été soumis à l'influence de ce traitement. D'après lui, 27 p. 100 en ressentent une grande amélioration, 27,5 p. 100 une légère amélioration, 42,5 p. 100 n'éprouvent aucune modification et 25 p. 100 ont vu leur état s'aggraver (un cas de mort).

Bratz (2), de Berlin, publielerésultatde quarante-cinq observations. Dans un cas, il y a disparition de toute attaque depuis plusieurs mois ; dans neuf cas, on nota la disparition des accès, durant quelques mois; puis, le retour à l'état antérieur après des séries d'attaques; dans cinq cas, il y eut diminution des accès; dans deux cas, les crises de grand mal furent remplacées par des crises de petit mal ; dans vingt-trois, il ne se produisit aucun changement; dans trois cas, la mort survint par état de mal. Les expériences de Bratz ne sont pas encourageantes. Mais il n'a pas appliqué le traitement mixte dans les cas récents, et la méthode de Flechsig agit surtout sur les épileptiques ayant des crises depuis peu de temps, sans qu'il y ait de complications psychiques. Au moment de la cessation de l'opium, on peut observer des phénomènes d'abstinence, qui disparaissent avec une petite dose de cet

(1) Warda, Expériences sur le tmilement de l'épilepsie pnr Vopinm et le bromure [Monal. fur Psych. und Neurol., vol. II, 1897. p. 237.)

(2) Bratz, Sur le Irailemenl mixte de Flechsirj par l'opium et le bromure dans l'('pilepsie (Allçf. Zeilschr. f'iir Psych., l. LIV, 1897).

394 TRAITEMENT DE l'ÉPILEPSIE.

hypnotique. Les contre-indications sont l'asthénie neuromusculaire, le ralentissement des échang-es organiques et surtout Vétat de înal.

Ce traitement n'a pas trouvé d'écho en France ; les expériences publiées ne sont d'ailleurs pas nombreuses. L'un de nous a essayé cette méthode à l'asile de Villejuif, sur des épileptiques femmes. Mais, pensant que l'opium contient trop de principes toxiques, et qu'avant tout, il faut ne pas augmenter la toxicité dans l'organisme, nous avons eu recours à la narcéine^ moins toxique que l'opium et la morphine. Les expériences ont été faites comparativement avec l'opium et la narcéine ; les résultats produits par la narcéine paraissaient satisfaisants. La cherté de ce médicament et des causes indépendantes de notre volonté ont coupé court à cette étude. Nous signalons cet essai pour en suggérer l'idée à ceux qui seraient en mesure de l'expérimenter méthodiquement.

Tout dernièrement, après avoir expérimenté cette méthode sur des épileptiques, J. Séglas et Heitz (1) en vinrent à cette conclusion que l'application de la méthode de Flechsig nécessite des soins et une surveillance tels qu'il est indispensable de placer d'abord l'épileptique dans un service spécial. Les inconvénients sont loin d'être compensés par les avantages, somme toute assez minimes, et qui ne paraissent pas supérieurs à ceux de la cure bromurée simple.

Les autres médicaments essayés dans l'épilepsie n'ont que des résultats très passagers. Le nitrate d'argent était prescrit au début du siècle. Le sulfate de cuivre a été employé, par Féréol, dans la névralgie faciale épileptiforme. L'ergotine, nous l'avons dit, a été ordonnée dans les épilepsies congestives.

La coque du levant et la pici'otoxine, introduites dans la thérapeutique par Planât (2), ont été également essayées dans

(1) Séglas et Heitz, Arch. de neurologie, août 1900. ^2) Planât, Recherches physiologiques et thérapeutiques sur la picrotoxine {Journ.de thérap., 1875).

l'épilepsie par Crichlon-Browne (1), AmagaL (2), Couyba (3), Hambursin (4). Couyba a obtenu une amélioration très sensible chez un enfant épileptique.

Le curare, employé par Thiercelin, a donné, paraît-il, quelques résultats. Tel n'est pas l'avis de Bourneville etBricon (5), qui n'ont constaté aucune amélioration.

Les sels de pilocarpine, préconisés par Challand et Rabow^ n'ont donné aucun résultat à Féré (6) et à Bourneville.

La jusquiame (Récamier), Vhyosciamine (Reinhart, Gnauk), la solanine (Geneuil), la duhoisine (Civadelli et Giannelli), n'ont pu davantage attirer l'attention.

Le sulfonal (7) a été égalemènt essayé.

Uantipyrine (8) a réussi dans les attaques liées aux altéralions des méninges (Lemoine) (9). Mac Call Andersen (10) a cité une guérison. Féré n'a jamais obtenu de modification dans les accès convulsifs avec cette substance.

Les succédanés de l'antipyrine, l'a/i/zye/^/'me (11), Vacélanilide (12), ont été de même expérimentées sans plus de succès.

Le camphre peut être prescrit comme anaphrodisiaque plutôt que comme antispasmodique.

h'élher n'a pas réussi. La valériane, recommandée par Tissot, ne peut modifier les attaques.

(1) Crichton-Browne, Essais physiologiques sur la picrotoxine [Brit. Journal, 1875.)

(2) Amagat, Journ. de ihérap.; 1816, p. 543.

(3) Couyba, Épilepsie. Traitement et guérison par la picrotoxine (Journ. de méd. el de chir. prnt., 1880, p. 214').

(i'i Hambursin, Bull, de VAcad. Boyale de Belgique, 1880, p. 94.

(5) Bourneville et Bricon, Arch. de neurol., 1885, t. VIII.

(6) Féré, C. B. de la Soc. de biol, 1892, p. 409.

(7) L. Énon, Du sulfonal, son action dans Vépilepsie (Thèse de Paris, 1890'.

(8) Fraty, L'anlipyrine et les convulsions épileptiques (Thèse de Lyon, 1888).

(9) Lemoine, Gaz. méd. de Paris, décembre 1888.

(10) Mac Call Andcrson, Cas of Epilepsy cured by Antipyrine (The Amer. Journ. of med. Se, 1&91, p.

(11) Ilamilton, New York med. Journ., 28 mai 1888.

(12) Faure, C. B. de la Soc. de biol., 1887, p. 401.

THAITIÎMKNT DE lY:PILEPSIE.

La (lif/ilale, préconisée par Gorrig'an, ScoLt, Sharkey, est un Ionique du ciuur, et surtout un diurétique. L'épilepsie paraissant être la manifestation d'un agent toxique, si l'on diminue la quantité des pi-incipes toxiques renfermés dans les org-anes, on peut supprimer ou du moins raréfier les attaques. Nous employons la digitale seule, ou avec le bromure. Après un traitement bromure qu'aucun résultat ne tend à montrer efficace, nous ordonnons, pendant trois ou quatre jours, de la teinture de digitale, et nous revenons au bromure. Nous avons obtenu ainsi des résultats très satisfaisants.

IV. Traitement par les bromures. — La médication presque spécifique de l'épilepsie, est, actuellement, la médication bromurée, la seule, ou à peu près, qui ait donné des succès soutenus. Locock (t) y recourut, pour la première fois, en 1850, pour l'hystéro-épilepsie ; puis, RadclifF, Williams ( 2), Mac Donnell (3) observèrent les effets du bromure sur l'épilepsie. En France, Bazin et Besnier (4), A. Voisin (3), Falret, Legrand du Saulle (6), Lasègue (7) l'expérimentèrent et publièrent le résultat de leurs travaux.

L'action du brome et du bromure avait attiré l'attention des physiologistes qui arrivèrent à cette conclusion, à savoir que les bromures agissent sur la moelle épinière et que l'excitabilité réllexe de l'axe cérébro-spinal diminue sous leur action. Tous les bromures ont été employés dans l'épilepsie, en commençant par le bromure de potassium, jusqu'aux bromure d'or (Bourneville, Cartret, Goubert), bromure d'arsenic (8),

(1) Locock, The Lancel, t. I, 1857, p. 528.

(2) Williams, On ihe action of Dr. of Polassinm, 1861.

(3) Mac Donnell, Traitement de certaines formes d'épilepsie par le bromure de potassium {Bull, de thérap., LXXll, p. 864).

Bazin et Besnier. Gaz. des hôp., 1865.

(5) A. Voisin, Bull, de thérap., LXXI, 1866. — Mém. de VAcad. de méd., XXXI, 1875. — Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveuses, Paris, 1883.

(6) Legrand du Saulle, Gaz. des hôp., 186S.

(7) Lasègue, Arch. cfén. de méd., 1865.

(8) Clemens, Allg. med. Central, 1876.

Page 1