TRAITEMENT PAR LES BROMURES
bromure de nickel (Bournevillc) (1), bromure de zinc (Charcot, Magnan, liochefontaine) (2).
Les bromures de sodium, d'ammonium et de camphre sont encore prescrits. Mais, un seul agit efficacement, c'est le bromure de potassium. Pourtant le bromure de sironlium, aux mêmes doses que le bromure de potassium, nous a donné de bons résultats, et nous le plaçons, comme efficacité, après le bromure de potassium. Féré (3), qui l'a expérimenté plusieurs mois de suite, a constaté que, dans plusieurs cas, le bromure de strontium paraît capable de maintenir les effets produits antérieurement par l'administration du bromure de potassium. Le point principal sur lequel cet auteur insiste, c'est que le bromure de strontium est mieux supporté par Testomac. Nos propres observations concluent dans le même sens.
Certains neurologistes, non les moins réputés, associent le bromure de potassium au bromure de sodium et d'ammonium, dans le but d'augmenter par ce mélange l'efficacité de l'action bromurée. Les polybromures ont eu leur moment de vogue. Il paraît aujourd'hui prouvé que c'est surtout le bromure de potassium qui agit dans ces combinaisons. Toutefois, quand on veut diminuer l'agitation d'un malade, qui ne peut supporter des doses élevées de bromure de potassium, on peut associer à ce médicament le bromure de sti'ontium et le bromure de sodium, quitte à reprendre, aussitôt que possible, l'usage du bromure de potassium seul.
On a peut-être exagéré en exigeant du bromure de potassium une pureté chimique idéale ; il est bon, toutefois, de s'assurer qu'il ne contient pas de sels étrangers : chlorure de potassium, sulfate et carbonate de potasse. Le bromure étant donné à fortes doses et longtemps, la présence de ces sels serait fatalement nuisible.
(1) Bourneville, Progrès médical, 1889, p. 196.
(2) Bochefonlainc, Société de biologie, 1877.
(3) Féré, J5iiU. médical, 1891.
398 ÏUAITEMENT DE l'ÉPILEPSIE.
La seule voie pratique d'adminislralion est la voie stomacale.
Il ne faut pas laisser le malade prendre sa potion sans détermination de l'heure. A jeun, le bromure donne quelquefois des crampes d'estomac. Il faut le prescrire d'après la dose et les crises nocturnes ou diurnes, au moment des repas. Par exemple, s'il s'agit d'un épileptique dont les crises sont nocturnes et légères, il est bon de lui faire prendre sa potion en deux fois, le quart au déjeuner de midi .et le reste au dîner.
Depuis les expériences de A. Voisin, le critérium des divers eifets physiologiques était la suppression de la nausée réflexe, que produit, à l'élat normal, l'irritation mécanique du pharynx. Outre que certains sujets ont déjà, avant l'absorption du bromure, l'anesthésie du pharynx, la dose qui supprime la nausée réllexe peut être dépassée depuis longtemps, sans que le malade soit saturé. On ne peut donc se guider sur ce signe incertain. La dose maxima, depuis le. mémoire de A. Voisin (1), était de 12 grammes par jour. On l'a dépassée encore et Féré a donné jusqu à 30 grammes par jour, avec un certain bénéfice au point de vue de l'atténuation des convulsions et une augmentation de poids, ce qui prouve que la nutrition n'est pas profondément altérée.
Ce qu'il ne faut jamais oublier, c'est que la saturation continue du sujet suspend, seule, Tépilepsie, et que cette dose varie de 50 centigrammes, dose convenant à des enfants de moins d'un an, jusqu'à 30 grammes, chiffre d'ailleurs tout à fait exceptionnel.
Le mode de prescription a de l'importance. Il ne s'agit pas de prescrire 3 ou 4 grammes de bromure et de délaisser les malades, comme on a trop de tendance à le faire. La méthode des doses massives est fort usitée en Angleterre. On donne au sujet 15 à 25 grammes de bromure d'un coup, et on le laisse
(1) Voisin, De l'emploi <hi bromure de potassium dans les maladies nerveuses, 1875.