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TRAITEMENT PAR LES BROMURES

deux à trois jours au repos ; suivant les auteurs qui les prescrivent, ces fortes doses sont tolérées.

La méthode française, préconisée par Charcot, est la plus usitée. Chaque jour de la première semaine, le malade prend,' disons 5 grammes de bromure; la semaine suivante, on aug'mente de i gramme, et ainsi de suite, jusqu'à 7 ou 8 grammes. Au bout du mois, d'après les accès et les effets du bromure, on peut maintenir la dose, l'augmenter ou la diminuer graduellement, jusqu'à 4 grammes, s'il n'y a pas eu d'accès; on recommence en montant toutes les semaines jusqu'à 7 grammes, et ainsi de suite. On le voit, le malade est constamment surveillé, et la quantité de bromure est modifiée d'après le nombre des attaques.

Méthodiquement administré, le bromure, s'il ne guérit pas l'épilepsie, la modifie très sensiblement. Ces modifications ont été détaillées par J. Falret(l), suivant l'ordre d'après lequel elles ■se manifestent : « 1° Les attaques de nuit disparaissent plus vite que les attaques de jour; 2° les malades, ayant des attaques d'agitation maniaque, voient ces accès cesser avant les attaques épileptiques ; 3" les grandes attaques épileptiques diminuent d'abord de fréquence et d'intensité, avant de disparaître complètement; 4° la plupart des malades, très notablement améliorés, conservent encore trois à quatre attaques par an ; 5° les grandes attaques convulsives cessent avant les absences et les vertiges; 6° enfin, les absences et les vertiges sont, de tous les symptômes de l'épilepsie, ceux qui résistent le plus longuement à l'action du bromure. »

On peut mentionner aussi, parmi les modifications psychiques favorables, la diminution de l'irritabilité. Le bromure désarme ''■ l'épileptique, disait Legrand du Saulle. '

Quand faut-il supprimer le bromure ? A notre avis, on peut le supprimer beaucoup trop tôt, mais rarement trop tard. Legrand

(l) Jules Falret, Épilepsie {Dict. de méd. et de chir. praliq.^ t. XIII, p. 640) et Études cliniques sur les maladies mentales et nerveuses Paris, 1889. '

TnAITEMENT \m l'ÉPILEPSIE.

du SaulleadmeLtait que, lorsque les paroxysmes sont suspendus depuis deux ans, on peut essayer de diminuer le bromure pour arriver à le supprimer lentement. Si on le suspend avant ce terme, les accès se succèdent, plus nombreux, le malade (( paie son arriéré et peut mourir dans l'état de mal » (Legrand du SauUe). « En présence de rechutes survenues après six ou huit ans, et même plus, disait Auguste Voisin, je considère que la durée du traitement doit être au moins de dix ans et j'inclinerais à penser que le bromure de potassium doit rester, pour ainsi dire, un aliment pour Tépileptique qu'il a guéri ou dont il a suspendu la maladie. »

Il y a peut-être exagération à condamner les malades à prendre toute leur vie du bromure. Si, au bout de plusieurs années de guérison apparente, certains coniitiaux ont de nouveaux accès, nous ne croyons pas que la faute en soit à la suppression du bromure, mais bien à la réintoxication provoquée par les mêmes causes qui ont une première fois amené les attaques.

La conduite à tenir est certainement délicate. Féré insiste sur la nécessité de la bromuration continue des épileptiques. Nous sommes de cet avis quand il s'agit d'épileptiques en imminence de crise. Mais, à un comitial, dont les accès ont disparu depuis deux et trois ans, devons-nous continuer l'administration quotidienne du bromure ? Tant que le malade ne réclame pas la suppression, nous lui montrons l'avantage de continuer, surtout quand la tolérance est bonne. Au malade récalcitrant, nous proposons de diminuer la dose, de suspendre un jourparsemained'abord, puisdeux, puis den'en prendre que trois jours sur sept. Mais nous n'osons pas supprimer brusquement le médicament.

Il n'y a aucune contre-indication sérieuse à la médication bromurée, à part l'intolérance individuelle. Weir Mitchell a constaté la susceptibilité des individus atteints d'une lésion cérébrale. Chez quelques épileptiques, le bromure produit des troubles cardiaques, ainsi que nous l'avons nous-mêmes

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