TIÎAITEMENT PAR LES BROMURES
'emarqué sur certains malades. Les femmes ayant eu des crises îclampliques, prendront également du bromure; le médicament doit être continué même pendant les maladies intercur- 'entes.
Le principal inconvénient du bromure est le bromisme^ qui îe manifeste généralement, sous forme d'intoxication chrolique. Lebromisme, nous l'avons dit déjà (voir Brome et Bronures), est caractérisé par de la dépression physique, avec imaigrisseraent, dénutrition, acné, etc.
L'hygiène, les soins minutieux, la balnéatiou tendront à irévenir le bromisme.
Il y a peu de temps. Ch. Richet et Ed. Toulouse (1) donlaient le moyen de prescrire le bromure à petites doses, en obtenant des effets même supérieurs à ceux produits par 'administration des hautes doses. Ces auteurs ont pensé qu'en Drivant l'organisme de chlorures (chlorure de sodium), on levait le rendre plus sensible à l'action des bromures. Comme, selon toute vraisemblance, les actions médicamenteuses sont lues à l'imbibition des cellules par tel ou tel poison, ces actions loiventêtre d'autant plus intenses que l'appétition des cellules 30ur ce poison est plus grande ; et, par conséquent, elles loiventêtre augmentées pour les sels alcalins thérapeutiques, 3ar l'absence de sels alcalins alimentaires.
Des doses de 2 grammes de bromure par jour ont fait, en Tioins d'une semaine, disparaître les accès épileptiques, grâce i cette hijpochloruralion; Richet et Toulouse proposent d'ap- Deler ce mode de procéder : méthode mélalrophique.
Depuis cette communication, nous avons expérimenté cette ■néthode sur quelques malades; les résultats immédiats sont, ;n effet, assez satisfaisants ; mais, dans une maladie comme 'épilepsie, les expériences de quelques mois ne suffisent pas pour affirmer la valeur d'une méthode. Nous continuons nos recherches.
^1) Ch. Richet et Ed. Toulouse, Communication à VAcudémie des iciences, 1900.
Paul GARMun et Coi.olian. 26
TRAITEMENT DE L KPILEPSIE.
L'élimination du bromure doit élre surveillée. Il faut donner du lail en quantité suffisante. On sait que Cheyne (1) prétendait guérir l'épilepsie avec le lait seul. Nous n'allons pas jusqu'à cet optimisme, mais depuis longtemps nous conseillons le lail comme étant le meilleur diurétique, l'éliminateur par excellence des toxines et du bromure. Il nous a été très utile dans l'épilepsie.
L'antisepsie intestinale est à recommander ; des antiseptiques (benzonaphtol, salicylate de bismuth, etc.) seront employés ; les grands lavements ont aussi de grands avantages.
Pour la propreté de la peau, les bains sont d'une nécessité absolue. Féré conseille des bains antiseptiques, hains de sublimé^ suivis d'un bain savonneux, avec friction à la brosse, qui permette, dans une certaine mesure, de dégager les orifices obstrués des glandes. II propose également le permanganate de potasse^ 50 grammes pour un bain. Ces mesures sont utiles quand une éruption cutanée entrave le traitement. Les bains émollients et légèrement antiseptiques (acide borique) conviennent mieux.
L'antisepsie de la bouche ne doit pas être négligée, non seulement dans le but de préserver les dents contre l'action directe du bromure, mais aussi pour prévenir les infections locales et détruire les microorganismes de la bouche qui pourraient pénétrer dans les organes respiratoires.
V. Traitement physique. — Parmi les agents physiques,. l'hydrothérapie tient une grande place. Son rôle, longtemps controversé, renié même, est accepté aujourd'hui par tous. L'eau froide n'agit pas sur l'épilepsie directement, mais en fortifiant l'organisme entier, elle modifie la susceptibilité réflexe des centres nerveux. Par cette même action tonique, elle facilite la tolérance du bromure (Botley).
Tous les médecins sont d'accord pour la prescrire dans l'épi-
(1) Cheyne, The english maladi/ or a trealise of nervous diseases of ail kinds, 1733.
lepsie syphilitique. Nous la conseillons quand aucune contreindication ne s'y oppose.
Fleury avait une façon h part de procéder pour appliquer l'hydrothérapie aux épiléptiques; mais c'est, en somme, la susceptibilité du sujet qui guidera pour l'administration de la douche.
Uéleclricité à courants continus, employée par Most, Remak, Benedikt, Althaus, la galvanisation centrale^ recommandée par Rockwell (1), ou les courants obliques et longitudinaux à travers la tête, essayés par Erb (2) n'ont, en réalité, aucune action sur les paroxysmes. L'électricité, comme le prétend Rockwell, aide plutôt les malades à tolérer les hautes doses de bromure et diminue la tendance au bromisme et à l'acné bromique. Memeyer (3) a obtenu, pourtant, des améliorations par la galvanisation des circonvolutions cérébrales.
Le régime alimentaire n'a aucune influence sur les paroxysmes. Cependant, Heberden et Gheyne ont cité des cas de guérison par l'exclusion de la viande et par l'alimentation végétale et le régime lacté ; Merson (4), d'après la théorie de H. Jackson, proposa également le végétarisme. Cette théorie voulait que l'épilepsie dépendît d'un trouble de la nutrition cérébrale, et surtout delà couche corticale où le phosphore est -remplacé, du fait de l'alimentation carnée, par l'azote. Donc, les viandes devaient augmenter les crises, et les végétaux les diminuer.
On ne peut cependant supprimer totalement la viande de l'alimentation de l'épileptique. Nous conseillons la sobriété et nous prohibons les viandes faisandées, la charcuterie, les fromages faits, qui augmentent les toxines.
Les boissons seront surveillées ; toute boisson fermentée, même la bière, sera bannie du régime de l'épileptique.
(1) Rockwell, Med. and Surj. Eleclricily, New- York, 1888.
(2) Erb, Traité d'Éieclrolkérapie, 1884, p. 541.
(3) Mcmeyer, Treal. of Epilepsij hy means of Ihe constant currenl {The Joiirn. of eleclrolherapeiilics, 1892, p. 80).
(i) Merson, De Vinjluence du réçjime dans l'épilepsie [The West Riding Lunal. Asyl. Med. reports, J875).