SYMPTOMES PSYCHIQUES
II. Symptômes psychiques. — Ils tiennent la première place sur la scène morbide. Maladie de l'ensemble du systèmenerveux, maladie générale, le retentissement de la neurasthénie sur l'état mental était en quelque sorte fatale. Cette conséquence est parfois si marquée qu'elle domine le tableau clinique et donne au malade l'aspect d'un mélancolique conscient.
Brissaud fait de la neurasthénie une maladie mentale, mais non une vésanie. « Et il serait encore plus juste, ajoute-t-il, de dire maladie morale, car la conséquence de tant d'insécurité singulière fait que ce malade n'ose plus compter ni sur lui-même, ni sur personne, ni sur rien. »
Proust et Ballet constatent que « quelle que soit la forme clinique qu'elle revête, elle s'accompagne toujours d'un élat mental parliculier^ qui est même un élément symptomatique de premier ordre. »
Ainsi, pour la plupart des observateurs, la neurasthénie est une affection mentale. C'est, pour nous, une forme de maladie morale qui a des rapports, d'une part, avec les névroses, et, d'autre part, avec les psychoses. Le sujet, d'api'ès la résistance de son cerveau, aura une neurasthénie simple, ou bien, s'il existe une prédisposition vésanique, la maladie sera caractérisée par de la dépression mélancolique et des obsessions, des phobies, etc.
Nous ne discuterons pas davantage, ici, la nature psychique ou névropathique de la neurasthénie; esquissons, néanmoins, les signes qui caractérisent cet état morbide que nous appellerons volontiers, avec Krafft-Ebing, une psycho-névrose.
\J amoindrissemenl conscient de toute la personnalité est le fond de l'état psychique. Les facultés sont impuissantes à remplir leurs fonctions; c'est l'image du véritable trouble fonctionnel,
h' aboulie en est le trait saillant et de ce trouble découle la diminution de V attention . La pensée reste indécise et flottante à travers les préoccupations morbides, sans pouvoir se fixer. Les neurasthéniques lisent plusieurs pages d'un livre,