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LE SUICIDE DANS LES MALADIES MENTALES

ancrée, que souvent, en dépit de toutes les précautions, ils arrivent à leurs fins.

Les idées de suicide sont très fréquentes dans la dépression mélancolique.

Dans la mélancolie simple, avec conscience, le sujet est aboulique ; s'il désire se donner la mort, la force d'exécution lui fait généralement défaut.

Dans la lypémanie anxieuse, le désir de l'anéantissement est ardent, surtout quand il existe des hallucinations terrifiantes. Dans la mélancolie sénile, les tendances au suicide ne sont pas rares. Mais, c'est surtout chez les persécutés auto-accusaleurs, chez les persécutés mélancoliques qu'elles deviennent obsédantes.

Dans le délire de persécution, les idées de suicide, quoique d'apparence paradoxale, existent néanmoins. Elles germent chez les persécutés passifs ; ces malades semblent résignés, mais leur psychologie est particulière. Tandis que les mélancoliques ordinaires se tuent pour se débarrasser d'une existence intolérable ou débarrasser les autres de leur présence, le persécuté, lui, se détruit par vengeance. « C'est, par exemple, un individu qui, se croyant pris pour un sodomite, se suicidera après avoir écrit au préfet de police de bien faire faire son autopsie et d'en publier le compte rendu, pour mettre à néant les calomnies qui courent sur son compte (1)».

Chez les alcooliques chroniques, chez les ivrognes, l'idée du suicide, une fois implantée, reste en permanence et redouble d'intensité de jour en jour. Elle est la conséquence de la déchéance de l'individu ; ayant encore une lueur de dignité personnelle, il cherche la mort par appréhension légitime du sort qui l'attend. Arrivé au bas de l'échelle sociale et considéré comme fou, il n'a plus le courage de lutter contre son penchant.

Les idées de suicide existent dans diverses autres formes

(1) Lcffrand du Saulle, Leçons cliniques sur le délire de persécution {Union médicale, 8 juillet 1883).

de psychoses; elles sont riires dans la manie, le délire nir/ii, la démence sénile, la paralysie générale, elc.

Le suicide dans les névroses. — « Chezles hystériques, ditLegrand du Saulle (1), la tendance au suicide est assez commune, mais elle se pi'ésenle, dans l'espèce, avec certains caractères spéciaux. Dans les formes les plus habituelles de l'aliénation, les idées de suicide sont en quelque sorte des déductions logiquesdeconvictions fausses (mélancolie, persécution, crainte du déshonneur, peur de la ruine) ; dans l'hystérie, elles apparaissent tout à coup, sans motif. Elles ne se rattachent à rien ; c'est une secousse, une sorte de vertige accidentel, une impulsion dans toute l'acception du mot. Du reste, le plus souvent, l'hystérique s'arrête en route, et le suicide est rarement consommé ; on retrouve habituellement dans les préparatifs qui précèdent la mise à exécution de l'acte, un continuel besoin, qui obsède l'hystérique, d'occuper de sa personne le monde qui l'entoure. »

11 y a quelquS exagération dans cette idée que les hystériques simulent toujours et jouent l'éternelle comédie de la mort. Poussés par la nature même de leur déséquilibration mentale, en dehors de toute autre considération, les hystériques se tuent plus fréquemment qu'on ne le dit. Pitres s'insurge contre ce jugement erroné qui veut que les hystériques simulent toujours le suicide. Après avoir apporté plusieurs observations à l'appui, il dit « qu'il ressort bien clairement que le suicide des hystériques est, en général, le résultat d'une détermination soudaine, irréfléchie, mais que rien n'autorise à le considérer comme une comédie grossière, jouée par des simulatrices pour se rendre intéressantes ou pour alarmer leur entourage, »

Les hystériques peuvent être sincères dans leurs résolutions,

(1) Legrand du Saulle, Les hystériques, état physique et élut mental,

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