‹ Traité de thérapeutique des maladies mentales et nerveusesChapitre 79 sur 86 · CHAPITRE V L'ÉDUCATION DES ENFANTS NÉVROPATHES · texte numérisé non relu

CHAPITRE V L'ÉDUCATION DES ENFANTS NÉVROPATHES

En dépit de toutes les pi-écautions, il restera dans la société des êtres atteints de nervosisme, de dégénérescence héréditaire, que la folie guette si une hygiène sévère et une éducation appropriée à leur capacité psychique, ne leur sont aijpliquées dès l'enfance.

« L'éducation et l'instruction méthodiquement ordonnées, disent Magnan et Pécharman, communiquent aux dégénérés juvéniles, un degré de résistance cérébrale, que ne fait qu'accentuer la vigueur physique, résultant d'une diététique judicieuse (nourriture tonique, mais non excitante, exercices du corps, hydrothérapie), et du traitement des manifestations diathésiques, si fréquentes chez eux (herpétisme, arthritisme, etc.). Leur dressage psycho-moral constitue la partie importante de ce traitement. »

Un problème des plus délicats est à résoudre ici. L'éducation peut-elle combattre les tendances morbides héréditaires? Les opinions sont nombreuses, diverses, contradictoires.

Suivant les uns, l'éducation peut tout; elle réprime le tempérament, corrige les penchants.

Herbert Spencer estime qu'elle est impuissante à régénérer un cerveau; on naît fou, comme l'on naît poète.

Entre ces deux doctrines extrêmes, il y a place pour une doctrine plus logique et plus vraie. Certes, l'éducation ne saurait, à elle seule, déraciner les penchants pathologiques, mais il n'en faut pas conclure qu'elle soit incapable de modifier les tendances, de pi'évenir les accidents morbides. Si, dans les cas extrêmes, elle échoue ; si elle n'arrive pas toujours à détruire les tendances d'un dégénéré, elle crée le plus souvent des instincts nouveaux qui font conti'epoids à ceux de l'hérédité.

L'éducation des enfants héréditaires doit avoir pour but de raffermir l'énergie défaillante, d'augmenter la résistance du

University of Leeds.

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