‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 128 sur 242 · ORTIE · texte numérisé non relu

ORTIE

L’ortie, Urtica. Plante de la famille des urlicées.

Deux espèces seules sont employées en médecine, la grande etla petiie. Urtica major et minor.

La grande Ortie , Urtica dioïca , croît partout dans les lieux incultes, dans les décombres; sa taille, qui est de deux à trois pieds, la fait distinguer de la petite Ortie, Urtica urens.

La feuilles de la grande Ortie sont armées d’aiguillons, dont la piqûre cause de vives douleurs. Les jeunes pousses sont comestibles, et dans toute la France on nourrit les jeunes volailles avec des pâtées dans lesquelles on fait entrer des pousses d’Orlies.

La petite Orlie est beaucoup moins commune que la grande ; elle ne croît guère que dans les jardins et dans les lieux cultivés. Les aiguillons dont les feuilles sont armées, sont beaucoup plus longs que ceux de la grande Ortie, et ils contiennent un principe âcre beaucoup plus énergique. C’est de Y Urtica urens seule que l’on se sert dans la thérapeutique externe.

Urtication. On entend par Urtication l’effet irritant produit sur la peau par le contact des Orties. Pour la pratiquer, on fait une petite botte avec les tiges les plus longues de la petite Ortie, et on se frappe légèrement , et à plusieurs reprises, la partie de la peau que l’on veut irriter. Presque immédiatement la peau se recouvre de larges papules plates, blanches, irrégulières, qui font éprouver une cuisson brûlante et insupportable. Celte éruption , si rapidement développée , disparaît avec la même rapidité, et il faut renouveler l’opération pour rappeler l’exanthème : cependant on observe que la peau, qui avait été violemment stimulée par le premier contact des Orties, cesse de l’être bientôt avec la même facilité, et il arrive même quelquefois que la troisième ou la quatrième application du remède ne produira plus aucun effet notable. C’est ainsi que les femmes de la campagne peuvent impunément cueillir avec leurs mains des Orties sans en éprouver la moindre sensation douloureuse.

L 'urtication a été conseillée pour rappeler les exanthèmes, et en général toutes les fluxions extérieures qui se développaient difficilement ou qui tendaient â disparaître, comme aussi dans tous les autres cas où il importait de faire rapidement de la peau le siège d’une fluxion dérivative énergique.

Ainsi, Cel se et Arélée conseillent l’urtication dans le coma , la paralysie (De re medicâ , lib. 3, cap. 27. — Curât, acut. lib. 1, cap. 2). D’autres médecins l’ont pratiquée sur les cuisses pour rappeler le flux menstruel (But. de Férussac , tom. IX, pag. 77). Naguère, presque tous les praticiens de la campagne l’ont mise en usage dans le choléra pendant la période algide; mais cette méthode n’a pas été suivie de plus de succès que les autres.

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