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ALCALINS, EAUX MINÉRALES ALCALINES

Déjà, dans notre première partie, en traitant des irritants locaux , nous avons indiqué la plupart des propriétés des Alcalins donnés à l’intérieur.Ce serait ici le cas d'y revenir un instant et de nous appesantir plus particulièrement sur les préparations de chaux , d’ammoniaque, de potasse, de soude, et sur les Eaux minérales alcalines, surtout sur celles de Vichy ; mais nous ferons mieux comprendre tout à l’heure ce que l’on doit attendre des Alcalins en général, lorsque nous nous occuperons delà médication altérante, nous réservant d’étudier d’une manière toute spéciale les eaux de Vichy, dans le chapitre de notre ouvrage (pie nous consacrerons exclusivement à l’histoire des eaux minérales.

MÉDICATION ALTÉRANTE

Parmi les agents de la matière médicale, il en ;t qui n’exercent sur l’économie qu’une action ügace; la modification ne semble avoir touché ne le système nerveux; peu d’instants, peu heures , peu de jours suffisent pour effacer Mite trace du passage du médicament; et, dans tte catégorie, nous rangeons les irritants dixièmes et les escharroliques, qui, tout en causant ne perturbation locale aussi énergique que ossible, n’atteignent pourtant pas la profondeur, l'intimité de l’économie, et n’étendent leur pliôre d’action qu’à une distance peu considéable.

11 en est d’autres qui donnent aux éléments oraniques quelque chose qui demeure, qui survit l’impression primitive du médicament ; c’est intôt un élément constitutif ou une aptitude fonc- • onnelle plus complète , et ceux-là prennent le i om de toniques : tantôt , au contraire , ils déaturent le sang et les humeurs diverses ; ils les ■trident moins propres, à la nutrition interstitielle et à fournir des éléments aux phlegmasies lignes ou chroniques, et ceux-là prennent le nom Y altérants.

Dans le chapitre suivant, nous aurons à nous iccuper des médicaments et de la médication touques; maintenant nous allons traiter de laMélicalion altérante.

Dans les maladies qui modifient à peine l’écolornie, dans celles qui n’occupent qu’un organe ieu essentiel, on comprend sans peine qu’une mé- Jicnlion superficielle, s’il nous est permis de nous exprimer ainsi, suffise pour la curation; mais quand l’économie est profondément émue, quand un organe d’une extrême importance est envahi, ou que la multiplicité des accidents locaux équivaut eu définitive à une vaste lésion unique , ou bien encore quand un mal chronique , dans ses allures cl dans ses foi mes, d’une nature rebelle et

tenace, a pris racine dans l’économie, force est bien d’opposer une défense plus énergique 5 une attaque plus puissante, et c’est alors qu’il faut mettre en œuvre des moyens qui modifient puissamment.

En tête des agents de la Médication altérante, il faut placer la saignée. Ce moyen thérapeutique puissant que nous étudierons d’une manière toute spéciale en traitant de la médication antiphlogistique., a pour résultat non-seulement de spolier le- système vasculaire et par conséquent tous les tissus auxquels il porte la vie, mais encore de changer la composition intime du sang comme nous le démontrerons plus lard. Mais si, dans l’état aigu, ce moyen trouve souvent son opportunité, on ne peut se dissimuler que , dans l’état chronique, il ne peut être ordinairement admis , parce que la santé générale se trouverait trop fortement compromise par des saignées répétées et longtemps continuées. 11 faut alors recourir à des agents qui modifient le sang sans détruire tout à fait les éléments réparateurs qu’il contient. Ces agents, ce sont les médicaments altérants.

Leur indication se présente dans les maladies aiguës et dans les affections chroniques.

1° Dans les maladies cliques. Nous l’avons déjà dit, si dans le début d’une maladie aiguë le médecin entrevoit la nécessité de modifier presque instantanément la crase du sang, afin d’agir dans un sens analogue à la saignée, les altérants trouveront leur place. Mais ces altérants sont de deux sortes; les uns liquéfient, atténuent le sang immédiatement et sans excitation préalable, ce sont le mercure et les alcalins: les autres, avant de produire leur effet altérant excitent une irritation générale plus ou moins vive, et toujours d’autant plus vive que l’on cherche à obtenir plus promptement l’effet que l'on désire; cc sont

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l’arsenic, l’iode, l’or. Ces derniers doivent donc toujours être proscrits dans les affections aiguës.

Quant au mercure et aux alcalins, à côté desquels nous rangerons le nitrate de potasse, ils agissent comme altérants , sans phénomènes intermédiaires, à peu près comine la saignée.

Ainsi, le mercure à hautes doses, dans la péritonite puerpérale, dans le rhumatisme synovial ; à petites doses concurremment avec la saignée, dans les inflammations aiguës franches des parenchymes et des membranes. Ainsi, les sels alcalins de soude, elle nitrate de potasse à doses très-élevées, dans les mêmes circonstances : et MM. Texier elGendrin on récemment prouvé que l’on obtenait de rapides succès en donnant par jour jusqu’à une once de sous-carbonate de soude ou de nitrate de potasse aux malades atteints de la plus rebelle et de la plus inflammatoire des affections aiguës, le rhumatisme articulaire fébrile.

Ces trois agents de la Médication altérante ne doivent pas être employés indifféremment , et leur portée est loin d’être la même. L’un, le mercure, altère profondément la constitution, .et ses traces persistent quelquefois pendant plusieurs mois : les deux autres agissent immédiatement avec presque autant d’énergie, mais peu de jours après leur emploi, l’organisme ne s’en souvient, plus, parce qu’ils sont facilement assimilés ou éliminés. Ils nejeltenl pasnon plus dans un affaiblissement aussi complet. De là l’indication de choisir ces deux derniers de préférence si l’on a lieu de supposer que la constitution du malade va fléchir dès que l’inflammation sera tombée, et la nécessité de préférer l’autre chez des malades vigoureux,dont les réactions sont soutenues ou dont les phlegmasies doivent avoir de la continuité.

Dans les affections typhoïdes, et nous n’entendons pas par là ladothinenterie, mais bien toutes les maladies s’accompagnant d’accidents typhiques, nous craindrions surtout les altérants à longue portée, le mercure par exemple ; et la raison en est bien simple. Au début de ces affections, chez certains individus, il se présente quelquefois des phénomènes de réaction trop énergique qui obligent le médecin à intervenir avec des moyens déprimants. Les altérants et la saignée remplissent assez bien celte indication ; mais la saignée et le mercure surtout sont des agents de longue portée : et si, peu de jours après, survient la période de stupeur et de débilitation, nous aurons perdu les moyens de ramener l’économie au type d'énergie convenable pour triompher de la maladie. Nous n’avons pas ces moyens , parce qu’on

ne peut, en un jour, reconstituer le sang; parce qu’on ne peut, en un jour, débarrasser l’économie du mercure qui imprègne les tissus , et qui a si profondément débilité. Au lieu donc des mercuriaux et de la saignée, nous emploierons le nitrate de potasse ou les lessives alcalines, dont les effets intimes pourront être neutralisés par des moyens toniques d’une application facile. Tout cela dans l’hypothèse, où, au début des maladies typhoïdes, il conviendrait de débiliter ou de déprimer, indication, qui, suivant, nous, ne se présente presque jamais. C’est dire que, dans notre opinion, la Médication altérante est nuisible dans ces sortes de maladies.

2° Dans les maladies chroniques. Quand un mal a jeté de profondes racines, que les accidents s’accroissent avec lenteur ou restent stationnaires, que les organes essentiels à la vie sont compromis , ou qu’une affection, locale jusqu’ici, menace de se généraliser, on ne saurait trop insister sur les moyens propres à combattre eu la cause de ces affections , ou les effets qu’elles ont produit. Tantôt, en effet, le Médicament altérant s’attaque à la cause qu’il neutralise, et les lésions produites par celle cause se guérissent ensuite par les seuls efforts de la nature : tantôt la cause qui1 s’use par les progrès de l’âge ou d’une tout autre manière impossible à connaître a laissé des traces de son passage dont la guérison spontanée est sinon impossible , du moins fort longue et fort difficile; et l’agent altérant guérit ces. effets sans avoir la pluparl du temps prise sur la cause. Ainsi le mercure , l’or , l’iode semblent pouvoir neutraliser la cause syphilitique, et au contraire l’iode et l’or n’avoir de prise que sur les accidents consécutifs de la scrophule. En d'autres termes, et alors nous serons plus exacts, ces médicaments détruisent à la fois et la cause syphilitique quand elle est évidemment présente, et les accidents symptomatiques qui l’accompagnent; et au contraire, dans l’âge où la scrophule fait encore des progrès , où par conséquent elle existe encore comme cause réelle dans l’économie, ces moyens semblent beaucoup moins efficaces qu’à l’époque où il ne reste plus à combattre que les altérations organiques plus ou moins graves qui ont été la suite des attaques successives du vice scrophuleux.

En y regardant de près, on verrait peut-être, entre ces^ maladies et la manière d’agir des médicaments, plus d’analogie qu’il ne semblait y en avoir au premier abord ; car dans la syphilis primitive et récente, nous n’avons pas plus de prise

MÉDICATION

•le virus syphilitique avec nos agents altérants, e sur la scrophule commençante. Il y a peule cette seule différence que la première période la scrophule peut durer plusieurs années, et que le de la vérole s’accomplit dans l’espace d’un deux mois.

Dans le mode d’action des altérants sur les vices sur les virus, il y a quelque chose de tout à fait écifique , car il n’y a aucun intermédiaire é vint entre l’effet et la cause. La manière d’être du ■dieament par rapport à l’économie dans l’état santé ne fait rien préjuger de son action curae antisyphilitique ou anliscrophuleuse ; mais il n est pas de même quand on les considèr e inlendamment de leur mode d’action spécifique,

• rapport aux affections chroniques communes, on saisit jusqu’à un certain point le mécanisme l’action de l’iode dans le goitre, par exemple;

; eaux de Vichy dans les engorgements du foie: de donné à un individu bien portant , et porté îdant longtemps à de très-hautes doses, délerneune sorte d’atrophie générale, de marasme; explique alors comment, dans un tissu épigé- .ique, ou dans une tumeur accidentelle, le me médicament pourra opérer des effets anales et partant la résolution.

On sait que le foie reçoit une masse immense sang qu’il est chargé d’élaborer; quand il est ilade on lui envoie du sang rendu évidemment alin, moins coagulable, plus ténu par les sels soude ; on comprend que la circulation s’y se mieux et que la facilité de l’exécution de la

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