TONIQUES PURS
FER
Le Fer, fer ru m, mars des alchimistes, est le ' métal le plus répandu dans la nature. Tout le monde connaît ses nombreux usages dans les arts industriels; nous n’avons à le considérer que sous le point de vue thérapeutique.
Il nous paraît impossible de pouvoir jamais se passer de Fer dans le traitement des maladies des femmes. Ce métal rend de tels services, et surtout des services si exclusifs, qu’on doit le placer à côté du quinquina.
Action physiologique du fer sur l’homme sain. Les préparations martiales données à l’intérieur exercent sur l'homme et sur la femme en étal de santé des effets peu considérables, et qui pourtant méritent d’être notés.
Sous leur influence, il ne se produit immédiatement aucun effet sensible ; mais , après huit ou quinze jours, il se manifeste un sentiment de plénitude, de pléthore , qui jette dans un malaise indéfinissable. La tête est lourde et douloureuse, l’intelligence moins nette, en un mot surviennent les signes de la pléthore sanguine. Il n’y a pas de fièvre, pas d’excitation proprement dite , pas de modifications dans les sécrétions.
Scs effets sur l’estomac sont peu appréciables. Il n’augmente pas l’appétit, il le diminue même le p’us soin eut, et cause des pesanteurs d’estomac, des éructations nidorcuses, de la diarrhée, et plus fréquemment de la constipation.
Les garderobes prennent invariablement une couleur noire analogue à celle de l’encre ; et ce phénomène en a souvent imposé aux médecins pour des déjections mélreniques. Cette teinte noire, suivant Barruel, est due à la combinaison de l’acide gallique ou tannique qui se trouvent mêlés à nos aliments. Bonnet l’attribuait à la combinaison du soufre avec le Fer, et, dans ce cas, il croyait à la formation d’un sulfure de Fer.
Les urines contiennent également du Fer, comme le démontrent les réactifs chimiques.
L’influence du Fer sur la menstratiou est tout autre quecelle qui lui est ordinairement attribuée. Suivant tous les thérapeutistes, les martiaux activent les règles; mais des relevés statistiques faits avec soin nousonl prouvé que les règlesétaient retardées et rendues moins abondantes par ces préparations. Nous verrons plus bas quelles raisons ont fait adoplergénéraleinent l’opinion contraire.
Topiquement, les ferrugineux exercent sur les tissus une action astringente : ils modèrent la suppuration des ulcères, bâtent la cicatrisation des plaies, tempèrent les hémorrhagies. Les préparations solubles sont évidemment plus énergiques, tes insolubles ont néanmoins les même* propriétés slypliques que les autres , mais à un moindre degré.
Action thérapeutique des préparations fetrugineuses. Pour bien comprendre le mode
FER
action des martiaux dans des maladies auxlelles ces médicaments conviennent, il est in- Êpensahle cTcnlrer dans quelques considérations r les troubles divers que les modifications dans crase du sang exercent sur l’économie.
A la suite d'une abondante saignée, sans doute rce que les organes ne reçoivent plus l’influx >rmal nécessaire à l'accomplissement des foncns dont ils sont chargés, il survient dans conomie des troubles nombreux. Ces troubles, ibord très-notables, disparaissent peu à peu à esure que le sang se renouvelle. Mais si les sai- ’ées sont répétées de telle manière que le sang puisse se renouveler, si l’alimentation n’est s assez succulente pour fournir aux matériaux cette réparation, ou bien encore si une malainconnue dans son essence et si commune ez les femmes, décolore le sang plus profonnent encore que chez ceux qui ont éprouvé s pertes de sang abondantes , il se manifeste, , ez les femmes, ce qui est connu sous le nom de loro.'e, chez les hommes ce qui a reçu le nom ujémie.
La chlorose est presque toujours spontanée, inémie est à peu près constamment le réllat de perles de sang.
11 est difficile de dire pourquoi la chlorose . l’apanage tellement exclusif des femmes, e l’on a peine à trouver un jeune garçon iorotique. Cela s'expliquerait , du moins en rlie, par la différence du sang dans les deux tes. En effet l’analyse de Fœdish a démon- (Journal des conn. méd. chir. , t. iv, p. 216) e le sang d’un jeune homme à l'état de santé îtenail, sur cent parties , dans deux expédiées différentes :
uor.
Sérosité.
Fibrine.
Fer.
Eau.
Le sang d’une femme à l’étal de santé coulait dans deux expériences différentes :
D’où il suit que , dans l’état physiologique, le uor et le Fer sont moins abondants chez la nme que chez l'homme.
Or ce sont précisément ces deux éléments qui inquent chez la femme chlorotique , comme prouvent les deux expériences suivantes laites
2e PARTIE.
par Fœdish sur deux femmes atteintes de chlorose.
Cruor. Sérosité. Fibrine. Fer. Eau.
Celte curieuse analyse de sang rend raison d’abord de la pâleur et de la liquéfaction du sang des chlorotiques , et en outre de la plupart des symptômes singuliers qu’elles éprouvent. On conçoit en effel comment le sang dépouillé en partie de ses principes excitants , le cruor et le Fer, de son principe réparateur, la fibrine, ne suffise plus à l’entretien matériel des organes, et qu’il on résulte des troubles fonctionnels nombreux.
Les muscles de la vie de relation se décolorent, s’atrophient et se relâchent; de là la difficulté, la lenteur des mouvements ; les muscles de la vie organique participent aux mêmes (roubles; de là, la dilatation du cœur, la difficulté de la circulation , la paresse de Peslornac , la constipation , les flatulences. Enfin, le sang n’arrivant ni aux centres nerveux, ni aux glandes, ni aux membranes avec ses qualités naturelles, les centres nerveux, les glandes, les membranes ne peuvent plus fonctionner comme dans l’état normal.
Si donc on rendait au sang les éléments principaux qui lui manquent , on le rendrait de nouveau apte à influencer régulièrement l’économie. Or le Fer remplit ce luit.
On s’est demandé par quel moyen le Fer rendait ainsi la coloration au sang. Les uns, et c’était le plus grand nombre, attribuaient à ce médicament une action uniquement tonique en vertu de laquelle les fonctions digestives et nerveuses étaient influencées de manière à rendre plus parfaites l’innervation et la nutrition, et ainsi se trouvait rapidement facilitée la reconstitution organique.
Les autres, et ceux-ci , peu nombreuxjadis, le sont aujourd’hui davantage, veulent que le Fer absorbé passe directement dans le sang, lui rende immédiatement les principes qui lui manquent, et fasse d’emblée de ce fluide un élément réparateur.
, L’existence du Fer dans le sang était admise et avait été déjà démontrée longtemps avant nous, et c’était de ce métal que l’on faisait dépendre la couleur du cruor (Jns. Radia , Galeacius, Meughitius, Riiadcs , Wjdmer , cités