COLOMBO
Le Colombo est le nom pharmaceutique donné à la racine du cocculus palmatus , plante de la ’amillc des ménispermes, qui a pris le nom de Colombo parce qu’elle est cultivée plus parlicuièrement près de Colombo, capitale de l’île de Ceylan.
Employée, dit-on, depuis longtemps par les Indiens dans le traitement des maladies de l’estomac et des intestins , la racine de Colombo n’a été connue en Europe que vers 1770. C’est aux travaux de Percival ( Essays medical and experimental ) et de Cariheuser ( Dissertatio de raclice Colomba , 1775) que l’on doit la popularisation de ce médicament. On peut voir dans Murray [Apparat. méd. , tom. vi , p. 154 etsuiv.) quels sont les auteurs qui se sont particulièrement occupés de l’application thérapeutique du Colombo.
Au moment où cette substance fut introduite dans la matière médicale, elle prit une importance peut-être exagérée ; mais depuis elle est tombée , du moins en France , dans une défaveur telle que dans Paris certains pharmaciens n’en vendent pas une seule fols dans le cours d’une année.
Nous avons assez souvent administré ce médicament. Nous dirons dans quelles circonstances il nous a réussi. Dans les maladies aiguës de l’estomac accompagnées d’une légère phlegmasie de la membrane muqueuse, d’amertume delà bouche, d’un sentiment de chaleur et de douleur à la région épigastrique, de nausées et d’un peu de diarrhée , et en même temps de phénomènes généraux spasmodiques , nous donnons avec avantage , trois ou quatre fois par jour, une tasse d’infusion de 12 grains de racine de Colombo pour six onces d’eau. Celte infusion est continuée pendant quelques jours , jusqu’à ce que les fonctions de l’estomac soient bien rétablies.’
La même médication réussit encore très-bien dans les diarrhées aiguës apyrétiques , qui s’accompagnent d’anorexie , d’amertume delà bouche.
Quand il y a dyspepsie, vomissements habi-
MÉDICAMENTS TONIQUES
tuels, diarrhée chronique alternant avec de la constipation , gastralgie , enfin tous les signes qui indiquent un état habituel de trouble du côté des organes digestifs , l’usage longtemps continué de l’infusion ou de la poudre de Colombo , ou de vin dans lequel on a fait macérer cette substance . remet les fonctions digestives dans leur état normal.
Pringle , Cartheuser, Bertrand de la Grésie , employaient le Colombo , même dans la période aigue de la dyssenlerie ; mais Percival fait observer que ce remède convient mieux sur le déclin de la maladie.
On l’a également conseillé dans le traitement des scrophules.
Mode d'administration, préparations et doses.
La racine de Colombo se donne en poudre à la dose de six grains à un scrupule, o ou 4 fois parjour :
En infusion ou en décoction, à la dose d’un demi-gros à un gros pour une demi-livre d’eau ;
En teinture vineuse préparée en faisant macérer pendant huitou dix jours deux onces de racines de Colombo, dans une bouLeille de vin de Madère ; cette teinture se donne à la dose de une ou deux onces par jour.
QUASSIA AMARA. QUASSIA SIMARUBA.
Quassia. Genre de la tribu des simaroubées et de la famille des rutacées. Deux espèces sont em-' pioyées en médecine , le Quassia amara et le Quassia simaruba.
Quassia amara. Arbrisseau originaire de la Guyane, employé en médecine seulement depuis 1756. Quoique toutes les parties de la plante jouissent de propriétés semblables, le bois seul est employé.
Le Quassia est d’une extrême amertume. II ne contient ni tannin ni acide gallique, ce qui le range parmi les amers purs. A très -haute dose , il cause des vertiges et des vomissements , ce qui tient à lin principe resté jusqu’ici inconnu , mais qui existe évidemment comme le démontrent les expériences de Buchner [Journ. anal., t.i, p. 535).
Le Quassia amara ne se donne qu’en infusion aqueuse , ou bien encore en teinture vineuse.
Il a été conseillé dans les dyspepsies, lorsque celle maladie survient à la suite de convalescences pénibles , et que rien ne peut faire supposer l’existence d’une inflammation de la membrane
muqueuse de l’estomac. Il convient aussi dans les diarrhées chroniques parfaitement apyrétiques , et dans lesquelles la supersécrétion intestinale n’est pas entretenue par la présence d’ulcérations intestinales.
Il a été vanté également dans le traitement des scrophules.
La dose du Quassia amara en infusion est d’un demi-gros à un gros pour six ou huit onces d’eau bouillante. La teinture vineuse se donne à la dose de trois ou quatre onces par jour.
Quassia simaruba. C’est un arbre très-élevé. On n’emploie en médecine que l’écorce de ses racines.
Celte écorce , dont l’amertume rappelle si bien célle du Quassia amara , contient pourtant une très-forte proportion d’acide gallique et de tannin.
Elle a joui d’une célébrité beaucoup plusgrande que le Quassia amara. Employée, dit-on, de temps immémorial en Amérique dans le traitement de la dyssenterie , elle fut importée en Europe au commencement du dix-huitième siècle, et singulièrement préconisée dans les flux de sang dyssenlériques. Barrère, Jussieu, Degner, Pnngle , Tissot , Zimmermann , lui ont reconnu des propriétés anti-dyssenlériques, et anli-scrophuleuses évidentes [Ane. Journ. de méd., tom. ivir, pag. 513. )
Négligé de nos jours dans le traitement de la dyssenterie, le Simarouba n’est plus guère employé que dans les mêmes circonstances que le Quassia amara.
Toutefois il est bon de remarquer que la poudre de Simarouba jouit de propriétés émétiques évidentes , comme l’ont démontré les expériences de Desbois de Rochefort et de Bichal qui la rangent parmi les émétiques. -
La poudre de Simarouba se donne comme antidyssentérique à la dose de six grains cinq ou six fois par jour. L’infusion et la décoction se font avec deux gros d’écorce pour deux livres d’eau.
ANGUSTÜRE.
L ’Angusture , Angustura , est une écorce provenant du galipèa o/ficinalis , plante de. la famille des rutacées.
Celte écorce ressemble beaucoup à celle du quinquina jaune. Elle est amère et sans odeur sensible.
Suivant Mérat et De Lens , les naturels du pays où l’on récolte l’Angusture la regardent comme