PARUS
L’Huile de Morue doit être pure , être préparée par coction suivant le mode indiqué au commencement de cet article , el ne pas contenir d’autres huiles de poisson ou de cétacés.
TONIQUES ASTRINGENTS
tannin.
Le Tannin est un principe immédiat des végétaux contenu dans toutes les matières organiques tannantes et dans presque toutes celles qui sont astringentes. Il abonde dans l’écorce des grands végétaux; dans celles du chêne et du quinquina en particulier; dans la noix de galle, dans le cachou , le sang-dragon , la gomme kino, la ralanhia, la lormenlille, les queues et les pépins de raisin, etc., elc.
Ce principe essentiellement astringent donne aux substances que nous venons d’énumérer toutes leurs propriétés aslriclives, el nous verrons en effet que tous les médicaments dans lesquels l’analyse chimique a démontré beaucoup de Tannin se rangent l’un ù côté de l’autre dans le cadre thérapeutique et ne différent entre eux guère plus que les écorces diverses de quinquina ne diffèrent entre elles.
Le Tannin est donc aux astringents non acides ce qu’est la quinine aux cinchonas , la morphine aux papavéracées. Il est fâcheux que son histoire médicale soit si peu avancée, tandis que l’on possède tant de travaux sur les substances qui en contiennent une très-grande proportion. Cela tient à ce que d’une part le Tannin vient à peine d’être découvert, et d’autre part ù ce que la ratanhia , la noix de galle, etc., etc., le peuvent remplacer parfaitement.
Nous allons donc indiquer très-sommairement ce que nous savons de l'emploi thérapeutique du
Tannin pur, nous réservant d’insister davantage sur les médicaments qui en contiennent une grande quantité et qui ont été employés dans mille circonstances par tous les médecins.
ue son aur
nislration , lotit fait employer dans tous les < où I on conseillait les astringents.
A l’intérieur , dans les diarrhées chronique à la dose de 1 à 4 grains , chez les enfants • j, 30 grains , chez les adultes. Dans les hémo’nl JR-3 graves , la dose de 2 grains , toutes les de
T0JV1Q UES ASTRINGENTS.
heures , jusqu’à concurrence de 72 à 80 grains. Dans les blennorrhagies chroniques, dans les catarrhes pulmonaires et utérins , à la dose de 20 ou 25 grains par jour, pendant un et même deux mois.
A l'extérieur. En gargarisme , à la dose de 1 gros pour 1/2 livre d’eau , dans les phlegmasies chroniques de la membrane muqueuse, buccale et pharyngienne.
En poudre, en guise de tabac , dans les épistaxis rebelles et les coryzas aigus ou chroniques. En injection , dans le traitement des blennorrhagies vaginales et urétrales , à la dose de 2 à 10 grains, par once de véhicule. En lavement, dans la proclorrhée , dans la diarrhée chronique, dans la dyssenterie chronique , à la dose de 20 à 30 grains pour une livre d’eaü. En collyre , dans l’ophlhalmie catarrhale , à la dose de 2 grains à 4 grains par once d’eau.
En épithème sur la peau, quand on veut resserrer les tissus, résoudre les ncevi materni, etc.
RATANHIA.
Ratanliia. Nom péruvien , de la racine du kranieria triandra , de la famille de polygalées.
C’est à Ruiz, savant botaniste espagnol , que l’on doit la connaissance de la Ratanliia. Il en découvrit les propriétés astringentes dès 1784; mais il ne publia le résultat de ses expériences qu’en 179G , et son travail , inséré dans les mémoires de l’Académie royale de Madrid, fut traduit en français par Bourdois de la Motte, en 1808, peu après que Pagez avait publié dans le Journal général de médecine (tome xxx, 1807) son mémoire sur les propriétés médicales de celle substance.
Depuis celte époque et surtout depuis la fin des guerres de Napoléon (1815). la racine de Ralanhia est devenue un remède vulgaire , et il est peu de médecins qui ne l’aient souvent employée. Quant à nous , nous avons fait sur ce médicament d’assez nombreuses recherches , dont nous consignerons ici les résultats. Ce n’est pas que ces résultats soient spéciaux à la Ratanliia , car ils sont propres au tannin et à toutes les substances qui contiennent beaucoup de ce principe immédiat ; mais comme nous avons particulièrement étudié l’action de cette racine, nous la considérons comme type dans l’ordre des astringents à base de tannin.
L’analyse chimique de la racine de Ratanliia a fourni à Pescier de Genève 1° un acide particulier qu’il appelle acide kramêrique , et auquel il attribue, à tort suivant nous , les propriétés
astringentes de la racine ; on y trouve , en outre, du tannin , presque la moitié de son poids, une petite quantité d’acide gallique , etc., etc.
La Ratanliia ne se prescrit guère qu’en extrait, qui retient tous les principes astringents , et qui par conséquent jouit de propriétés beaucoup plus actives que la racine elle-même.
Pris à doses même modérées, 10. 15, 20 grains, l’extrait de Ratanliia produit dans la région de l’estomac un sentiment de pesanteur très-pénible, et souvent des pincements douloureux ; les digestions sont plus difficiles , la constipation se montre toujours presque immédiatement.
Mais , peu d’heures après l’emploi du remède, le malade éprouve des malaises généraux, peu prononcés quand la Ratanliia a été donnée à un homme en santé, très-prononcés au contraire quand on l’a administrée pour arrêter une hémorrhagie et que le but thérapeutique a été rempli. Ces malaises se traduisent surtout par des bâillements, par de grands efforts de respiration , et par une espèce de serrement de poitrine fort pénible. Ces effets sont propres au tannin , au sangdragon , à la gomme kino, au cachou, en un mot à toutes les sjihstances qui contiennent une grande quantité de tannin.
L’extrait de Ratanliia a surtout été conseillé dans le traitement des hémorrhagies graves , et c’est avec raison; il est en effet un des plus puissants hémostatiques que nous possédions. Ce n’est pas à dire pour cela qu’il faille le préférer aux autres hémostatiques qui ne sont pas de l’ordre des astringents. Dans le chapitre général qui traitera de la médication tonique et astringente, nous essayerons d’indiquer les graves inconvénients des toniques astringents , et nous ferons comprendre à nos lecteurs qu'ils ne doivent en général être employés qu’avec mesure et lorsque les autres moyens sont impuissants. Ils agissent avec rapidité , sans doute par la modification rapide qu’ils exercent sur la crase du sang ; mais cette rapidité même et cette modification du sang ne sont pas toujours à désirer.
La Ratanliia s’emploie d’ailleurs dans les mêmes circonstances que le tannin : diarrhées chroniques , catarrhes chroniques pulmonaires, utérins, vaginaux, urélraux, etc., etc.; lopiquement , dans les ulcères aloniques, sur les parties relâchées, telles que l’anneau inguinal dans la hernie, i dans les nœvi mater ni , dans les œdèmes chroniques.
L’extrait de Ratanliia se donne pur à la dose de 10 à G0 grains par jour, en pilules, en dissolution